Turquie : la gouverneure de la banque centrale démissionne, remplacée par un ancien d'Amazon
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(Photo d'illustration).
BRENDAN MCDERMID
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dans la presse, par une ex-employée de l'établissement d'avoir accordé des avantages à sa famille au sein de l'institution. Des accusations qu'elle a niées.
Pour rappel, la gouverneure âgée de 44 ans, première femme à ce poste et réputée pour son expertise aux Etats-Unis, avait pris ses fonctions début juin après la réélection du président Erdogan.
Elle a expliqué dans son communiqué avoir demandé au président Erdogan d'être « libérée de (ses) fonctions, qu'elle a remplies avec honneur depuis le premier jour ».« Je ne pense pas que la démission de la gouverneure de la Banque centrale aura un impact négatif », a nuancé Fatih Ozatay, professeur à l'Université d'économie et de technologie TOBB d'Ankara. « En outre, c'est un développement qui va alléger la pression sur la Banque centrale ».
Dans la foulée de sa démission, le président turc Recep Tayyip Erdogan l'a remplacée par le vice-gouverneur, l'ancien économiste d'Amazon Fatih Karahan, né en 1982. Ce dernier a commencé sa carrière d'économiste à la Réserve fédérale de New York en 2012. Il avait ensuite rejoint Amazon en 2022, et la Banque centrale turque en juillet dernier.
Que faut-il déduire de ce profil ? Cette nomination semble confirmer l'orientation pro-marché de Recep Tayyip Erdogan, après des années de crise économique, et alors que les prix à la consommation restent très élevés. Preuve en est, le ministre des Finances Mehmet Simsek a qualifié la décision de Hafize Gaye Erkan de « totalement personnelle ».
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Amorcée après la réélection du dirigeant de la Turquie, et fondateur de l'AKP, cette nouvelle stratégie économique avait été saluée. Elle s'était en effet concrétisée par plusieurs hausses successives des taux d'intérêt, permettant de stabiliser la lire en déroute, et surtout de maîtriser davantage la flambée du coût de la vie. En 2022, l'inflation a atteint 85%. En 2023, elle avait été évaluée à 65%, tout de même.
L'ex-gouverneure a toutefois été percutée de plein fouet par un scandale médiatique. Elle est notamment accusée d'avoir permis à son père de prendre en toute illégalité des décisions au sein de la Banque centrale. Un bureau, une voiture de fonction et des gardes de corps auraient été accordés à son père Erol Erkan, aux ordres duquel « personne n'ose s'opposer », ont rapporté les journaux turcs, suscitant de virulentes critiques sur les réseaux sociaux.
Ses prises de position l'auraient aussi desservie. Selon des observateurs, elle se serait attiré les foudres du président lorsqu'elle a raconté en décembre à un quotidien turc qu'elle était contrainte de retourner vivre chez ses parents, avec ses enfants et son mari, à cause de l'inflation et de la flambée de l'immobilier en Turquie.
Les attaques visant la banquière, très appréciée des milieux économiques, inquiètent les investisseurs et soulèvent la question sur le long terme de la loyauté du chef de l'Etat à l'égard de ses collaborateurs.
Hafize Gaye Erkan vivait depuis deux décennies aux Etats-Unis où elle a étudié avant de prendre ses fonctions à Ankara au sein d'une équipe d'économistes respectés, formés notamment à Wall Street, chargés de sortir la Turquie de la crise. Leurs réformes ont permis de faire revenir les investisseurs étrangers et sauvé le pays d'une potentielle crise bancaire.
Sa démission intervient une semaine après la fin d'une série de hausses historiques des taux d'intérêt, qui ont vu le taux de base passer de 8,5% à 45%.
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« Ce niveau sera maintenu aussi longtemps que nécessaire », avait précisé la Banque centrale, soulignant cependant que de nouvelles hausses pourraient intervenir « en cas de risques importants (...) sur les perspectives d'inflation ».
(Avec AFP)
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