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Entreprises & FinanceBanques / Finance

Les États-Unis accusent la Chine de manipuler le yuan, Pékin nie farouchement

AFP

Publié le 06 août 2019 à 10:12 - Mis à jour le 06 août 2019 à 10:13

La décision prise par Pékin lundi de laisser baisser notablement sa devise a provoqué une tempête sur les marchés financiers du monde entier.

La décision prise par Pékin lundi de laisser baisser notablement sa devise a provoqué une tempête sur les marchés financiers du monde entier.

© Petar Kujundzic / Reuters

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Alors que le yuan a franchi hier le seuil symbolique des 7 yuans pour 1 dollar, Washington, après un moment de tergiversations, s'est décidé à officiellement demander au FMI de mettre un terme à cette concurrence déloyale alors que, au G20, la Chine avait pris l'engagement de "s'abstenir de toute dévaluation compétitive".

(Article publié le mardi 6 août 2019, mis à jour à 12h11 avec protestations de Pékin, en pied)

Les États-Unis ont officiellement accusé lundi la Chine d'affaiblir sa monnaie alors que le yuan a franchi le seuil symbolique des 7 yuans pour 1 dollar, un geste assuré d'attiser un peu plus les tensions entre les deux géants économiques et la nervosité des marchés.

Le secrétaire américain au Trésor, Steven Mnuchin, "sous les ordres du président Donald Trump, a conclu que la Chine avait manipulé sa devise", indique le département du Trésor dans un communiqué.

  • | Lire le communiqué du Département américain du Trésor du 5 août : "Treasury Designates China as a Currency Manipulator"
"Résultant de cette détermination [que la Chine manipule sa devise], le secrétaire Mnuchin va discuter avec le Fonds monétaire international pour éliminer l'avantage compétitif créé par les récentes décisions chinoises", poursuit le communiqué.

La décision prise par Pékin lundi de laisser baisser notablement sa devise a provoqué une tempête sur les marchés financiers du monde entier. Elle signale en effet une nouvelle escalade dans la guerre commerciale déclenchée à coup de tarifs douaniers punitifs par Donald Trump il y a un peu plus d'un an, pour forcer Pékin à négocier un accord commercial réduisant le déficit et les pratiques jugées déloyales par Washington.

Après les chutes sur les places asiatiques et européennes, les trois grands indices de Wall Street ont enregistré leur pire journée de l'année: le Dow Jones Industrial Average a perdu 2,90%, le Nasdaq, à forte coloration technologique, a cédé 3,47%  et l'indice élargi S&P 500 a lâché 2,98%.

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Illustration de la newsletter Industrie et service

La monnaie chinoise a franchi le seuil symbolique des 7 yuans pour un dollar lundi, un seuil qui n'avait pas été enfoncé depuis 11 ans.

Autre conséquence des tensions sino-américaines, l'agence officielle Chine nouvelle a aussi annoncé dans la nuit de dimanche à lundi que les entreprises chinoises avaient cessé d'acheter des produits agricoles en provenance des États-Unis.

Une annonce qui a un peu plus fait sombrer les indices.

Ces décisions chinoises font suite à la menace de Donald Trump d'imposer des droits de douane supplémentaires à la quasi-totalité des importations chinoises à compter du 1er septembre malgré la reprise de négociations commerciales de haut niveau entre Washington et Pékin, qui étaient au point mort depuis le printemps.

Farouches dénégations chinoises

Mardi dans la matinée, la Banque centrale chinoise s'est défendue face aux accusations américaines de manipulation de sa monnaie après une chute du yuan face au dollar, en pleine guerre commerciale.

À lire également

  • Plombée par les tensions sino-américaines, Wall Street signe sa pire journée de l’année
  • Dévaluer le yuan, une stratégie à risques multiples pour Pékin
  • Escalade commerciale : Trump annonce de nouvelles taxes sur les importations chinoises
  • Le yuan faible, "meilleure arme protectionniste" de la Chine face à Trump (article du 20.07.2018)

Pékin "s'oppose fermement" à ces propos du secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin, a réagi la Banque centrale, qui contrôle au quotidien le taux de change de la monnaie chinoise.

"La partie américaine n'a pas tenu compte des faits et a qualifié de manière déraisonnable la Chine de manipulateur de monnaie", a-t-elle ajouté dans un communiqué.

AFP

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