PODCAST La Chine ralentit pour mieux nous concurrencer

HISTOIRES ECONOMIQUES. Le vingtième Congrès du Parti communiste chinois s'est ouvert ce dimanche. Que faut-il en attendre pour l'économie mondiale ? Écoutez chaque mardi 6h48 la chronique "Histoires Economiques" de Philippe Mabille dans le 5/7 de France Inter.
Philippe Mabille
(Crédits : Reuters/Tyrone Siu)


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Ce Congrès, qui va reconduire au pouvoir le président Xi Jinping, est en effet crucial pour l'avenir du monde. Non seulement parce que l'on parle de la deuxième puissance économique mondiale, mais parce que la Chine est au cœur de changements brutaux et profonds dans la mondialisation.

L'économie n'est pourtant pas au centre de cette 20ème édition dominée par la montée des préoccupations sécuritaires. Les enjeux sont Taiwan, la lutte contre la corruption au sein du parti et le contrôle de plus en plus total exercé par l'Etat sur les citoyens, illustré par la très stricte stratégie Zéro Covid.

Celle-ci a entraîné un très fort ralentissement de l'économie, dont l'activité a été divisée par deux depuis 2019. Selon le FMI, la croissance chinoise sera de 3,2% cette année et rebondira à 4,4% en 2023. Cela pourrait même s'aggraver : le FMI prévoit une chute des investissements dans l'immobilier, secteur lourdement endetté, qui avait été une des locomotives de la dynamique chinoise passée.

Qu'est ce qui porte cette croissance chinoise ?

Pendant longtemps, elle a été fondée sur les exportations. Mais avec le vieillissement démographique, l'objectif de la Chine a été de devenir une économie mature basée sur la consommation intérieure. Il est en large partie atteint, puisque selon la Banque mondiale la part des exportations qui représentait 65% du PIB en 2005 est tombée à 35% en 2019, avant la pandémie.

La Chine n'est donc plus l'usine du monde ?

La nouvelle stratégie n'est plus de produire massivement des biens à bas coûts, mais une guerre pour la domination technologique. La tension sur Taiwan, principal producteur de micro-processeurs, s'inscrit dans ce cadre.
La feuille de route est claire : faire de la Chine le nouveau leader des industries du futur, tout en rendant le pays autonome en termes d'approvisionnements stratégiques. Cela veut dire une Chine qui va nous concurrencer directement sur nos points forts : le premier avion chinois arrive, et, on le verra au Mondial de l'automobile, les voitures électriques chinoises s'apprêtent à nous envahir. Des voitures pour lesquelles l'avantage comparatif sera le prix des batteries et des composants électroniques.

En réalité, nous dépendons encore beaucoup de la Chine

C'est criant dans des secteurs clés comme l'informatique, les télécoms, l'électronique, les équipements ménagers, la métallurgie et l'automobile. La montée du risque géopolitique chinois commence donc à inquiéter très sérieusement les milieux d'affaires. Beaucoup d'entreprises ont commencé à réduire leur exposition au marché chinois. Mais en cas d'invasion de Taiwan, le scénario déjà connu en Russie, de fermeture du pays, pourrait bien se reproduire. D'où l'urgence de favoriser des relocalisations en Europe et en France.

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Philippe Mabille

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