Il est midi ce 11 janvier, et Charles Consigny a face à lui un ministre serein. Dans quelques heures, la composition du gouvernement de Gabriel Attal sera dévoilée. Mais Bruno Le Maire n'est pas fébrile. Il a compris qu'il serait reconduit au poste qu'il occupe depuis près de sept ans maintenant. Dans son bureau au sixième étage de Bercy, en ce jeudi suspendu, il échange, détendu, avec l'avocat et chroniqueur de BFMTV, qui rêve de mener un jour une carrière politique. Ce dernier connaît déjà un peu le ministre des Finances. Il le trouve solide. Il a voulu avoir avec lui une discussion un peu plus approfondie.
Ensemble, ils reviennent sur la campagne présidentielle de Valérie Pécresse, qui s'est si mal terminée pour elle. Charles Consigny était alors son porte-parole. « Moi, quand j'ai fait 2,5 % à la primaire [organisée par LR pour désigner leur candidat à l'Élysée en 2017], je n'ai accusé personne; j'ai considéré que j'étais l'unique responsable, rappelle Bruno Le Maire à son visiteur. Pour elle, ce sont les autres qui sont responsables. » Et cet automne, quelle responsabilité reconnaîtra-t-il ? Désormais revenu à la vie civile, l'ex-ministre des Finances est sur le banc des accusés. Fin novembre ou début décembre, il sera auditionné par la commission des finances de l'Assemblée nationale, qui s'est dotée mardi des attributs d'une commission d'enquête, et sommé de s'expliquer sur l'impressionnant dérapage du déficit public en 2024.