Laïcité : Philippe Le Guillou, le proviseur et la République
Nelson Getten
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Lycée Maurive Ravel, Paris 20e.
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Lycée Maurive Ravel, Paris 20e.
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Son avocat parle de lui comme d'« un véritable rempart contre les remises en question des valeurs de la République ». Philippe Le Guillou, ancien proviseur du lycée Maurice-Ravel dans le 20e arrondissement de Paris, ne veut effectivement rien céder. Après avoir déposé une plainte pour diffamation contre une ancienne élève de son établissement, il s'est constitué partie civile dans trois procédures différentes.
Tout commence le 28 février 2024. À l'entrée du lycée, le directeur demande à un groupe de trois jeunes filles de retirer leur voile pour pénétrer dans l'établissement, conformément à la loi de 2004. À la suite de ce que le proviseur a considéré comme un refus de la part de l'une d'elles, celle-ci affirme avoir été violentée. Elle déposera une plainte, classée sans suite depuis. La rumeur, elle, s'est répandue au sein du lycée et en ligne, Philippe Le Guillou devenant la cible de nombreuses menaces de mort.
Le 2 octobre comparaissait à Paris un internaute de 27 ans accusé d'avoir proféré la menace suivante à l'encontre du proviseur : « Il faut le brûler vif, ce chien. » À l'audience, l'homme a regretté ses propos et a semblé ignorer que la menace de mort à la suite du mensonge d'un élève rappelait étrangement l'affaire Samuel Paty. Un an de prison avec sursis et un stage au Mémorial de la Shoah ont été requis ; le jugement, mis en délibéré, est attendu le 18 novembre.
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« Mon client a hésité à venir au tribunal pour des raisons de sécurité, il se sent toujours menacé », explique Francis Lec, l'avocat de Philippe Le Guillou. « Je n'ai jamais connu quelque chose d'aussi traumatisant, et pourtant j'ai géré beaucoup de choses difficiles », a déclaré ce dernier devant la 17e chambre. « Pendant un temps, je ne prenais plus le métro, je ne me baladais plus dans le quartier, je regardais partout comme si j'étais en danger », détaille celui qui a bénéficié de la protection de quatre gardes du corps pendant plusieurs semaines. Aujourd'hui, l'ancien proviseur est officiellement à la retraite, après avoir dû partir de manière anticipée pour des raisons de sécurité. « Cela a gâché ma dernière année », a-t-il déclaré à l'audience.
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