Un diplomate pour redorer l’image de Sciences-Po
Nelson Getten
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Le nouveau directeur de l'université Sciences Po, Luis Vassy, pose lors d'une séance photo à Paris le 16 septembre 2024.
LTD/JOEL SAGET/AFP
Nelson Getten
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Le nouveau directeur de l'université Sciences Po, Luis Vassy, pose lors d'une séance photo à Paris le 16 septembre 2024.
LTD/JOEL SAGET/AFP
Dans son projet, un document de 10 pages transmis à la commission chargée de désigner le nouveau directeur de Sciences-Po, Luis Vassy, désigné vendredi pour diriger l'institution, ne citait ni son prédécesseur Mathias Vicherat ni celui d'avant, Frédéric Mion. Une façon de montrer que la période trouble pour l'établissement, incarnée par ses deux anciens présidents, était à oublier. Le premier cité avait démissionné en mars dernier pour des faits présumés de violences conjugales. Le second avait quitté la rue Saint-Guillaume en pleine affaire Olivier Duhamel, en février 2021.
Au courant dès 2018 des accusations d'inceste visant le politologue, président de la Fondation nationale des sciences politiques, qui chapeaute Sciences-Po, Mion avait feint de les avoir découvertes au moment de l'affaire. « Un environnement de travail sain implique une politique de tolérance zéro à l'égard des violences sexistes et sexuelles », écrit Luis Vassy sur le sujet. Sciences-Po doit, dans ce domaine, s'aligner sur les meilleures pratiques existantes.
À lire également
Mais la mission la plus périlleuse et la plus urgente pour l'ancien diplomate sera de redorer l'image de l'institution, sérieusement abîmée au printemps par le conflit Israël-Hamas. L'occupation des locaux par des étudiants propalestiniens, les accusations d'antisémitisme et de wokisme avaient transformé cet épisode en polémique nationale, Gabriel Attal et Jean-Luc Mélenchon ayant choisi d'en faire le lieu d'un combat politique. « Les polémiques successives ont troublé l'image solide de Sciences-Po, peut-on lire en première page de la profession de foi du nouveau patron. Le rapport avec la société s'est inversé. L'établissement qui devait déchirer pour la société les enjeux auxquels elle fait face [...] donne l'impression de devenir lui-même le réceptacle des crises qui traversent nos démocraties. »
Nelson Getten