BCE : Le gouverneur de la Banque d’Italie est favorable à une pause dans la hausse des taux

Le gouverneur de la Banque d'Italie, Ignazio Visco, a indiqué jeudi s'attendre à une prochaine pause dans la série de hausses des taux d'intérêt pratiquées par la Banque centrale européenne (BCE). La BCE a récemment relevé ses taux pour la huitième fois depuis 2022, dans l’objectif de limiter l’inflation à 2%. Selon le gouverneur, une prochaine hausse devrait intervenir « certainement » avant la fin de l'année.
Le gouverneur de la Banque d'Italie, Ignazio Visco, a indiqué jeudi s'attendre à une prochaine pause dans la série de hausses des taux.
Le gouverneur de la Banque d'Italie, Ignazio Visco, a indiqué jeudi s'attendre à une prochaine pause dans la série de hausses des taux. (Crédits : REMO CASILLI)

« Une fois que nous avons atteint le bon niveau » des taux, « nous devons le maintenir pendant un certain temps et je ne pense pas que nous soyons très éloignés » d'un pic des taux directeurs, a déclaré le gouverneur de la Banque d'Italie, Ignazio Visco à la télévision Sky Tg24.

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« Il est juste de maintenir une politique restrictive comme celle que nous avons actuellement », mais pour en voir les effets, « il faut de la patience », a-t-il ajouté.

Ignazio Visco, dont le mandat à la tête de la Banque d'Italie s'achève fin octobre, est considéré comme une « colombe » au sein de la BCE, par opposition aux « faucons », partisans du resserrement.

« Je ne comprends pas et je continue à ne pas être d'accord avec les commentaires qui ont été faits récemment et qui indiqueraient que le risque d'un resserrement plus important - plutôt que moins important - est préférable », a-t-il dit.

La BCE mise sur la hausse de ses taux directeurs pour tenter de ramener l'inflation au niveau de 2% d'ici 2025. Il est acquis qu'une nouvelle hausse sera décidée lors de la prochaine réunion du 27 juillet, qui s'ajoutera aux 3,75 points de pourcentage de hausse accumulés depuis un an.

Lagarde garde le cap

« Sauf changement important dans nos perspectives, nous poursuivrons le relèvement des taux en juillet », a déclaré la présidente de la BCE Christine Lagarde à l'occasion d'un forum de la BCE à Sintra, au Portugal, fin juin. Le flou demeure cependant sur ce qui va se passer après la pause estivale. La responsable de l'institution européenne a mis en garde fin juin contre un revirement « trop rapide de la politique monétaire », face à un « processus d'inflation plus persistant », dans la zone euro.

Dans la logique du resserrement de sa politique monétaire, la BCE a procédé au mois de juin à une nouvelle hausse des taux. Elle conduit ainsi à augmentation d'un quart de point, portant le taux de référence sur les dépôts à 3,5%.

Au mois de juin, l'inflation est retombée à 5,5% sur un an, soit 5,1 points de moins qu'en octobre 2022, mois record au cours duquel la hausse des prix en zone euro avait atteint 10,6%. Toutefois, l'objectif de 2% poursuivi par la Banque centrale semble encore loin. Dans ses projections publiées en juin, la BCE prévoit une inflation à 5,4% cette année, puis à 2,2% (et 2,3% hors énergie en 2025).

Isabel Schnabel, économiste allemande et membre du directoire de l'institution, avait déjà averti que le cycle de hausses n'est pas terminé. Il ne s'arrêtera pas tant qu'il manquera des « preuves convaincantes » que l'inflation - hors prix d'énergie et des matières premières - est en bonne voie pour revenir à l'objectif à moyen terme de 2%.

Crainte d'un contrecoup

La cheffe du gouvernement italien Giorgia Meloni avait critiqué fin juin la « recette simpliste » de la BCE consistant à augmenter les taux d'intérêt pour lutter contre l'inflation, craignant que « le remède se révèle plus dommageable que la maladie ». Selon elle, il y a « un risque que l'augmentation constante des taux finisse par frapper davantage nos économies que l'inflation ». Cette déclaration intervient alors que l'inflation en Italie reste plus forte que celle de la zone euro, qui a reculé en juin en moyenne à 5,5% après 6,1% en mai. Après avoir atteint 8,7% en 2022, l'inflation devrait redescendre à 6,1% cette année en Italie, selon les dernières prévisions publiées par sa banque centrale. Le gouvernement italien a adopté fin juin de nouvelles mesures pour aider familles et entreprises à faire face aux coûts de l'énergie, pour un montant d'environ 800 millions d'euros.

En octobre dernier, Emmanuel Macon s'était également inquiété de la hausse des taux : « Je suis inquiet de voir beaucoup d'experts et certains acteurs de la politique monétaire européenne nous expliquer qu'il faudrait briser la demande européenne pour mieux contenir l'inflation », pointe Emmanuel Macron dans une interview aux Echos. « Il faut faire très attention. Contrairement aux Etats-Unis, nous ne sommes pas dans une situation de surchauffe européenne », met-il en garde.

La FED fait une pause (temporaire) dans la hausse des taux

De son côté, la banque centrale américaine a fait le choix de marquer une pause dans la hausse de ses taux directeurs. Cet arrêt temporaire a pour but « d'évaluer les informations supplémentaires et leurs implications pour la politique monétaire », a détaillé la Fed dans un communiqué. Pour Jerome Powell, il s'agit de donner à l'économie « un peu plus de temps pour s'adapter, dans l'attente de nos décisions suivantes ».

Le président de la Fed a ajouté que « la quasi-totalité des participants voit comme probable le fait que des nouvelles hausses de taux seront nécessaires cette année pour ramener l'inflation à 2% ». Il a cependant évoqué « un rythme modéré ».

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Commentaire 1
à écrit le 14/07/2023 à 7:52
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Et une pyramide de Ponzy, il y a pensé?

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