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ÉconomieUnion européenne

Brexit : l'Union européenne et le Royaume-Uni s'entendent sur la première phase du divorce

Photo de Audrey Fisne

latribune.fr

Publié le 08 décembre 2017 à 15:53 - Mis à jour le 08 décembre 2017 à 16:19

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Avec cet accord de principe, marquant la première étape dans le processus de divorce entre l'UE et le Royaume-Uni, l'Europe se montre plutôt soulagée. Cela faisait des mois que des négociations étaient en cours. La facture, la frontière irlandaise et les droits des citoyens expatriés, trois sujets fondamentaux, étaient au cœur des discussions.

Après plusieurs mois de discussions, la Commission européenne et le Royaume-Uni ont trouvé un accord, vendredi, sur la première phase des négociations du Brexit. Vendredi, le négociateur en chef de l'UE pour le Brexit Michel Barnier a déclaré :

"L'accord sur la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne devra être prêt pour octobre prochain."

La Grande-Bretagne et l'UE sont parvenues à un accord de principe sur les modalités de leur divorce, qui doit avoir lieu en mars 2019, ouvrant la voie à des négociations sur une période de transition après cette date et sur un futur accord commercial qui régira ultérieurement les relations du Royaume-Uni et de l'UE.

"Nous aurons besoin d'avoir la version définitive de l'accord de retrait prête pour octobre 2018, soit dans moins d'un an", a déclaré le négociateur lors d'une conférence de presse.

| Lire aussi : [DOSSIER] Brexit : un an après le référendum, où en sommes-nous ?

De bonnes bases pour la suite

La Commission européenne a indiqué que des progrès "suffisants" avaient été réalisés dans trois domaines jugés essentiels : la gestion de la frontière entre l'Irlande et la province britannique d'Irlande du Nord, le règlement financier de la séparation et les droits des citoyens expatriés.

Pour ouvrir la deuxième phase des négociations sur la "future relation" UE-Londres, et particulièrement, sur le plan commercial, le Conseil européen doit valider le constat de la Commission lors d'un sommet, le 15 décembre à Bruxelles. Le président de l'institution européenne se montre plutôt confiant même si, Michel Barnier, négociateur en chef de l'UE a rappelé que le texte du compromis, qui "pourrait être la base de l'accord de retrait" final britannique, devait encore être "travaillé, consolidé et précisé".

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Le cas de l'Irlande

Concernant l'Irlande, au cœur des négociations, le Premier ministre Leo Varadkar a salué un "jour très important" dans les négociations du Brexit, ajoutant que l'accord constituait "la fin du début des négociations".

"Nous avons réalisé tout ce que nous avions prévu de réaliser au cours de la phase 1. Nous avonsles assurances et les garantiesdont nous avons besoin du Royaume-Uni", a déclaré le Premier ministre.

"Je suis convaincu que des progrès suffisants ont été réalisés sur les questions irlandaises. Les paramètres ont été fixés et ils sont bons", a-t-il dit, soulignant qu'il n'y aura "aucune infrastructure physique" à la frontière entre l'Irlande et la province britannique d'Irlande du Nord.

Le ministre des Affaires étrangères irlandais, Simon Coveney, s'était félicité plus tôt sur Twitter des "garanties" obtenues, en particulier que soit "pleinement protégé" l'Accord du Vendredi saint, accord de paix conclu en avril 1998 qui avait mis fin à 30 ans d'affrontements sanglants entre nationalistes et unionistes nord-irlandais.

La première phase des négociations largement saluée

Concernant les réactions, elles sont plutôt positives suite à cette première phase. En France, le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian salue le "bon sens" qui s'est imposé.

"Il n'y avait pas de la part des Européens de volonté d'exclusion de la Grande-Bretagne de toute discussion et de négociation. Par contre, nous souhaitions qu'il soit bien clairement défini les conditions du retrait pour qu'on puisse passer dans une autre phase, c'est ce qui va se passer maintenant je l'espère", a-t-il déclaré à la radio France Inter.

La Norvège estime qu'un pas important a été franchi entre le Royaume-Uni et l'UE. "Un Brexit en bon ordre est bon pour l'Europe et bon pour la Norvège", a tweeté la ministre norvégienne en charge des Affaires européennes Marit Berger Røsland.

Enfin le parti unioniste nord-irlandais DUP, par la voix d'Arlene Foster, alliée au gouvernement de Theresa May, s'est réjoui des annonces :

"Nous sommes heureux de voir ces changements parce que pour moi, cela signifie qu'il n'y a pas de 'ligne rouge' dans la mer d'Irlande et nous avons la très claire confirmation que le Royaume-Uni quittera l'Union européenne, le marché unique, et l'union douanière, dans son ensemble.Il y a encore des choses que nous aurions aimé voir clarifiées, nous avons essentiellement manqué de temps, nous pensons que nous devions revenir en arrière et discuter de ces sujets mais la Première ministre a décidé d'aller à Bruxelles."

Arlen Foster avait auparavant affirmé que sa formation, qui avait fait capoter au dernier moment un projet d'accord lundi, n'approuverait jamais "une situation où l'Irlande du Nord serait différente du reste du Royaume-Uni".

| Lire aussi: [DOSSIER] Royaume-Uni : May perd son pari et joue sa survie

Donald Tusk très prudent sur l'avenir

Le président du Conseil européen Donald Tusk a regretté avoir perdu "autant de temps" pour la partie la plus simple. Avant d'ajouter que le défi le plus difficile était à venir. Il a d'ores et déjà envoyé son projet de texte pour établir les grandes lignes des discussions à venir et espère commencer le plus vite possible. Donald Tusk a reconnu que les Européens avaient "naturellement" des conditions pour une période de transition durant laquelle le Royaume-Uni resterait membre du marché unique et de l'Union douanière. Une période qui, comme réclamée par Theresa May, pourrait durer deux ans. Dans cette hypothèse, le Royaume-Uni devraient respecter la législation de l'UE, y compris les nouvelles lois votées, mais ne participeraient pas aux processus de décision.

Le président du Conseil européen entend également ouvrir des discussions exploratoires concernant la relation à venir entre l'UE et les Britanniques dans les domaines du commerce, de la lutte contre le crime et le terrorisme, la sécurité, la défense et les affaires étrangères.

Une facture autour de 40-45 milliards d'euros

En outre, la Commission assure que "les citoyens de l'Union vivant au Royaume-Uni et les citoyens britanniques installés dans l'UE à 27 conserveront les mêmes droits une fois que le Royaume-Uni aura quitté l'UE".

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Quant à la facture du Brexit, elle devrait s'élever à un montant compris entre 35 à 39 milliards de livres (40 à 45 milliards d'euros), ce qui est un accord "équitable", a déclaré vendredi un porte-parole de Theresa May à la suite du compromis conclu à Bruxelles.

La Première ministre britannique devrait faire une déclaration la semaine prochaine à la Chambre des communes sur l'accord conclu vendredi, a-t-il ajouté.

(avec agences)

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