Le Brexit profite au tourisme britannique

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Le nombre de visiteurs étrangers au Royaume-Uni a augmenté de 5% au moins d'août et de 8% au total depuis janvier pour atteindre 27 millions de personnes.
Le nombre de visiteurs étrangers au Royaume-Uni a augmenté de 5% au moins d'août et de 8% au total depuis janvier pour atteindre 27 millions de personnes. (Crédits : CLODAGH KILCOYNE)
Depuis le référendum de 2016, la monnaie britannique a connu une forte dépréciation, rendant un séjour au Royaume-Uni plus abordable pour les touristes étrangers.

Depuis le vote du Brexit, en juin 2016, le portefeuille des ménages fait grise mine, pas celui des acteurs du tourisme. Ce n'est évidemment pas la météo qui attire les visiteurs, mais la chute de la livre sterling, résultat de l'incertitude sur les relations futures entre Britanniques et Européens. Auparavant perçu comme dispendieux, un séjour dans les contrées de Sa Majesté est devenu plus abordable.

Des données publiées la semaine passée par l'Office national des statistiques (équivalent de l'Insee outre-Manche) révèlent ce dynamisme. Le nombre de visiteurs étrangers au Royaume-Uni a augmenté de 5% au mois d'août et de 8% au total depuis janvier pour atteindre 27 millions de personnes.

Les touristes étrangers ont dépensé 10% de plus depuis janvier

La monnaie britannique a connu une forte dépréciation depuis la deuxième moitié de 2016, dont une chute abrupte la semaine du référendum sur la sortie de l'UE. En janvier dernier, la livre a atteint son plus bas depuis cinq ans à 1,20 dollar. Deux ans et demi plus tôt, en juillet 2014, elle atteignait son plus haut à 1,72 dollar.

Cette baisse n'a pas échappé aux touristes, qui ont décidé de profiter de leur pouvoir d'achat. Toujours selon l'Office national des statistiques, les visiteurs étrangers ont dépensé 2,8 milliards de livres (3,2 milliards d'euros) au mois d'août, soit une hausse de 3% par rapport à l'année précédente à la même époque. Depuis janvier, ils ont déboursé 26,4 milliards de livres (29,8 milliards d'euros), soit +10%.

L'effet du Brexit sur la parité livre dollar sur cinq ans

(Aujourd'hui la livre sterling tend à se stabiliser autour de 1,30 dollar, en attendant l'avancée des négociations entre Britanniques et Européens. Sources : Office national des statistiques.)

3% d'inflation

La dépréciation de la livre est en revanche une mauvaise nouvelle pour le reste de l'économie britannique, car, en augmentant le coût des importations, elle crée de l'inflation. La hausse des prix a atteint 3% en septembre, son plus haut niveau depuis cinq ans.

Le coup est dur à encaisser pour les ménages. Ils doivent désormais débourser plus de 400 livres supplémentaires par an pour se nourrir et se loger, selon les calculs du Centre for Economic Performance (CEP), un centre de recherche rattaché à la London School of Economics.

La Banque d'Angleterre a été forcée de réagir en relevant ses taux d'intérêt pour la première fois en dix ans. L'objectif est de reprendre le contrôle de la monnaie, et tant pis pour les touristes.

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Commentaires
a écrit le 22/11/2017 à 11:26 :
Ben tiens encore un effet positif du brexit, décidément...

Vite un frexit
a écrit le 22/11/2017 à 11:15 :
Il n’y a pas que le tourisme à bénéficier de la chute du taux de change de la monnaie britannique, mais aussi l'industrie, élément essentiel de l'économie d'un pays.

LONDRES (Reuters) - L‘industrie britannique a enregistré en novembre ses plus fortes commandes depuis près de 30 ans, semblant montrer à son tour que la chute du sterling qui a suivi le vote en faveur du Brexit a été bénéfique aux usines.

https://fr.reuters.com/article/businessNews/idFRKBN1DL1DC-OFRBS

Les idéologues économistes pro-euro nous disent que la chute du taux de change d'une monnaie ne peut avoir que des inconvénients. S’ils sont sincères ils auraient vraiment besoin de retourner à l’école pour apprendre l’économie.
a écrit le 22/11/2017 à 10:49 :
C’est un peu normal après la baisse de la Livre., d'ailleurs il faudrait faire le calcul en valeur absolue.
Tu parles d’une compensation pour les Anglais, si encore ils avaient des produits industriels à exporter (http://www.latribune.fr/opinions/tribunes/louisa-toubal-l-investissement-etranger-a-sauve-l-industrie-britannique-jusqu-au-brexit-758339.html)

Malheureusement pour les Anglais, ce n'est que le début des conséquences néfastes dues à la sortie de l’UE.

Jusque là, tout va bien ? Un équilibre dette/inflation plus difficile.

Pour le moment la consommation résiste, mais l’endettement des ménages augmente, tout comme l’inflation, déjà à 3%. (https://www.lesechos.fr/20/03/2017/LesEchos/22407-051-ECH_la-vie-a-credit-des-britanniques.htm).
Heureusement ils sont dans une situation de plein emploi.

Malgré le fait qu’ils n’aient pas adopté l’Euro et qu’ils ont toute latitude pour gérer la valeur de leur monnaie, n’y a t il pas un risque au niveau de l’endettement ?
Certes ils n’ont aucune institution pour leur donner des leçons et leu attribuer une mauvaise note, mais parfois la sanction des marchés peut être pire. Les investisseurs Anglais détiennent une grande majorité de leur dette publique (65 %). Ce qui peut être un avantage, il n’en demeure pas moins qu’ils sont liés à leurs taux d’intérêt. Et si les taux augmentent ? France et Angleterre sont toutes deux classées Aa2 par Moody’s,. Les Anglais semblent largement plus réactifs, même si depuis l’élection d’Emmanuel Macron il y a des espoirs de réformes.
Les curseurs sur lesquels ils pourront intervenir c’est de faire de la dépréciation, laisser filer l’inflation, ou du dumping fiscal. Solution provisoire, quelque part au détriment de leur bien commun.
C’est bien là le B.A.ba et la contradiction des votes populistes, de se retourner contre leur propre population.
a écrit le 22/11/2017 à 8:34 :
Le meilleur barometre est l'immobilier. Promenez-vous dans les quarties "chics" et regardez les offres de ventes de maisons, appartements et autres locaux. C'est edifiant de comparer les tarifs actuels avant le Brexit acte.
a écrit le 21/11/2017 à 23:24 :
Courbe en J : ce qui profite aux touristes aujourd’hui profiteras aux britanniques demain : leur pouvoir d’achat baisse mais sera compensé par les emplois créés : du jour au lendemain, leurs coûts de production viennent de baisser de 20%. Bien plus efficace que 10 CICE ou 30 ans de plans de baisses des charge... C'est un choix de société : soit on maintien comme on peut le pouvoir d'achat de la majorité, en laissant tomber de plus en plus de monde dans la pauvreté, du fait de l'importation massive couplée à la destruction des emplois, soit on importe moins, on paye un peu plus cher mais on a des emplois...
a écrit le 21/11/2017 à 22:25 :
Une bonne affaire pour le tourisme anglais ... excepté pour les agences de voyage qui vendent beaucoup moins de voyages à l'étranger aux Anglais.
En ce qui concerne l'augmentation des prix pour la population, le chiffre de 3% recouvre des disparités, certains produits ont pris 12% d'augmentation. Et ça, c'est douloureux pour de nombreux budgets.
De toutes façons, quiconque séjourne un peu au Royaume-Uni entend beaucoup de réflexions du genre "on ne nous avait pas prévenus que le Brexit aurait ce genre de conséquences !".
a écrit le 21/11/2017 à 18:33 :
ne dites pas que l'inflation est mauvaise, vous allez vous attirer la foudre de tous les keynesiens qui rasent gratuit quand c'est paye par personne

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