Brexit : la City demande cinq ans pour se retourner

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L'incertitude sur les conditions de sortie de l'UE inquiète les banques britanniques qui demandent des clauses particulières pour gérer leur transition.
L'incertitude sur les conditions de sortie de l'UE inquiète les banques britanniques qui demandent des clauses particulières pour gérer leur transition. (Crédits : © Russell Boyce / Reuters)
Les grandes banques sises au Royaume-Uni estiment qu'elles auront besoin d'au moins trois à cinq ans pour gérer leur transition dans les meilleures conditions, une fois le Brexit déclenché.

Les acteurs de la City veulent un traitement de faveur de la part du gouvernement de Theresa May dans le cadre du Brexit. Ils demandent en particulier de demeurer sous l'égide des lois de l'Union européenne pour cinq ans après la sortie du Royaume-Uni du marché commun. De même que l'autorité de la Cour de justice de l'UE continue d'être reconnue durant cette période en cas de désaccords, selon un document rédigé par des cabinets juridiques pour le compte de ces banques et consulté par Reuters.

L'incertitude sur les conditions de sortie de l'UE inquiète les banques. Une fois l'article 50 du traité de Lisbonne invoqué, la Grande-Bretagne aura deux ans pour sortir du bloc européen. Selon le document, les banques estiment avoir besoin d'au moins trois à cinq ans pour gérer cette transition dans les meilleures conditions.

Le risque de perdre leur "passeport européen"

L'inquiétude est d'autant plus grande chez les établissements financiers que le gouvernement de Theresa May ne semble pas effrayé de passer par un hard Brexit, impliquant une sortie du marché commun.

En octobre, le sous-secrétaire d'État britannique au Commerce international, Mark Garnier, a estimé probable que les banques implantées au Royaume-Uni perdent le "passeport européen", qui leur permet de vendre leurs services dans toute l'Union, après le Brexit.

S'il n'y a pas d'accord sur une transition, il y a un risque que certaines banques ne puissent pas déplacer une partie de leurs activités en dehors du Royaume-Uni ou mettre en place de nouvelles filiales à temps, souligne le document consulté par Reuters.

La perte de l'accès au marché unique pourrait coûter entre 30 et 50 milliards d'euros à la finance britannique et entre 60.000 et 100.000 emplois, selon les estimations. Sans compter les implications sur l'économie réelle.

Éviter d'éventuels dégâts sur l'économie réelle

Pour le moment, le gouvernement n'a pas répondu à ces annonces. Les partisans d'un hard Brexit craignent que ce genre de demandes ne fasse que ralentir le processus de sortie de l'UE. Jusqu'à présent, l'exécutif s'est montré prêt à sacrifier le marché commun pour reprendre le contrôle total de ses frontières et de ses lois. Rester sous l'égide de l'UE et surtout de la Cour de justice ne devrait pas être bien reçu.

De leur côté, les banques préviennent qu'en cas d'absence d'accord sur une transition, "d'éventuels dégâts sur l'économie réelle" sont à prévoir, indique le document.

> Lire aussi : Brexit : les relocalisations des banques en Europe dictées par le social et le fiscal

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Commentaires
a écrit le 11/12/2016 à 13:50 :
C'est là qu'on voit que les 750 milliards du généreux "qe" annuel mondial accordé aux banques est un peu court, isn't it..? Il faut leur accorder minimum 5 ans, histoire qu'elles redemandent 5 ans de plus, puis 5 ans de plus, puis ...
a écrit le 11/12/2016 à 12:11 :
Des aides européennes à la reconversion?

Ne riez pas, quand la mairie de Paris ouvre un bureau avec 10 permanents et des budgets conséquents, annonce des régimes spécifiques d'imposition et différentes aides aux brexiters, ce sont les français qui les payent...

Quand l'Etat accorde à des étrangers (cf Qatar) des facilitées fiscales, sociales et financières dont les français ne bénéficient pas, c'est quand même un peu ennuyeux (et je ne suis pas un thuriféraire des deux blondes)
a écrit le 10/12/2016 à 18:24 :
Quand les banquiers se plaignent les peuples respirent.

Ça sent une tentative de putsch de la finance sur le pays ça surtout.
a écrit le 10/12/2016 à 17:02 :
pas de délai. Les banques ont misé sur le mauvais cheval, celui avec des facilités fiscales, ben tant pis ta gu..le.t'as perdu. Maintenant c'est en Europe continentale qu'il faut vous installer, et vos douces habitudes londoniennes, les clubs et les pubs, ben va falloir y renoncer.
a écrit le 10/12/2016 à 12:24 :
Dommage, le referendum était annoncé dès l'élection de Cameron, c'était à eux de se préparer à l'éventualité d'un out.

Sélection naturelle ou darwinisme économique, ceux qui avaient prévu le coup s'en tireront mieux.
a écrit le 10/12/2016 à 9:42 :
Le Royaume-Uni a fait son choix et l'Europe doit en tirer les conséquences et rendre le Brexit effectif le plus rapidement possible sans discussion sans négociation sans compensation. Les futures relations devront renégocier après la sortie et seulement après la sortie. A défaut c'est l'Europe qui n'a pas lieu d'exister et mieux vaut détruire l'Europe pour mieux la rebâtir.
a écrit le 10/12/2016 à 8:28 :
Le. Brexit sera l'Arlésienne de ces prochaines années. ..... On en parlera sans jamais le voir venir. !!!
a écrit le 10/12/2016 à 0:06 :
Il me vient à l'esprit un proverbe: you can't have your cake and eat it too. Il faut que le Brexit se fasse le plus vite possible. Nous sommes dans une phase où il faut réformer et réinventer l'Europe au plus vite. Les peuples européens veulent d'une Union qui les protége, qui les aide à vivre en semble et à se développer. Faire plaisir aux banques anglaises ne va pas dans ce sens. Faire un Brexit comme le souhaite les banques britanniques, ce serait encore prolonger le statut particulier que le Royaume-Uni à depuis le début où il ne prend que qui l'intéresse. Ce temps est révolu.
a écrit le 09/12/2016 à 19:17 :
il ne peut y avoir de demi mesure qui avantagerait la GB, pour la simple raison que toute mesure favorable à l'Union Jack au détriment de l'Union verrait cette dernière exploser. Les politiques, la commission et le parlement vont être confrontés à un vrai problème la fin marchandage et cette négativité vouloir faire plaisir à tout le monde c'est à dire à personne. Si les entités politiques et européennes n'écoutent pas pour une fois les citoyens alors l'Europe sera finie, le copinage au détriment des citoyens des 27 ne passera pas. Les politiques doivent cesser de se moquer des citoyens
a écrit le 09/12/2016 à 18:59 :
tout le monde est d'accord pour dire qu'il faudrait du temps
apres, du temps , y en n'a pas
in is in and out is out, comme disait schauble.........
et si aucune decision n'est prise, ca sera la rupture brutale
apres c'est pas une surprise, tt le monde le savait....
Réponse de le 09/12/2016 à 22:06 :
Churchill: il faut aussi savoir assumer les decisions et le vote populaire. La GB compte beaucoup sur l'idiotie des dirigeants europeens en general, mais je ne crois pas que les Allemands accepteront ce que voudrait les Britanniques, c'est-a-dire sortir de l'UE tout en conservant les avantages :-)
a écrit le 09/12/2016 à 18:29 :
Quelle farce ce référendum....au surplus il me semble qu'en droit constitutionnel seuls la Reine et la Parlement sont souverains....et pas le peuple...de bien belles péripéties donc.....d'autant que Mme May n'est pas certaine de gagner les prochaines élections....
a écrit le 09/12/2016 à 17:29 :
Je ne vois pas pourquoi l'Europe faciliterai la tâche des Banques anglaises, alors que le RU n'a jamais été pleinement dans l'UE et qu'en particulier il n'a jamais adhéré à l'Euro.
Ils veulent sortir, ils sortent... avec les avantages et les inconvénients.
Au passage, je verrai bien l'Europe exclure l'Irlande, le Luxembourg et les Pays-Bas pour cause de Paradis Fiscal.

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