Budget de l'UE : il manque 75 milliards à cause du Brexit, Paris refuse qu'on ampute la PAC

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(Crédits : Yves Herman)
Ça barde entre les 27 États membres réunis aujourd'hui à Bruxelles : comment financer des défis coûteux comme la lutte contre le réchauffement climatique alors que le deuxième contributeur net au budget communautaire derrière l'Allemagne, le Royaume-Uni, a quitté la partie en laissant un trou de 75 milliards d'euros sur l'ensemble de la période ?

Les dirigeants des Vingt-Sept se réunissent jeudi à Bruxelles pour un Conseil européen extraordinaire qui s'annonce tendu, tant les divergences sur la définition du budget pluriannuel d'une Union européenne (UE) orpheline du Royaume-Uni sont marquées.

Alors que le budget de l'UE pour la période 2021-2027 représente la traduction la plus concrète des priorités des États membres, l'équation s'annonce encore plus délicate à résoudre qu'à l'accoutumée.

Le bloc doit en effet concilier le financement de défis coûteux comme la lutte contre le réchauffement climatique et la perte de recettes résultant du départ fin janvier du Royaume-Uni, deuxième contributeur net au budget communautaire derrière l'Allemagne, qui laisse un trou de 75 milliards d'euros sur l'ensemble de la période.

Pour le cycle septennal à venir, le point de départ des négociations budgétaires s'établit à 1,074% du revenu national brut (RNB) des Etats membres - c'est-à-dire la richesse qu'ils produisent chaque année - soit un montant de 1.095 milliards d'euros.

A titre de comparaison, la Commission européenne a soumis une proposition à 1,1% du RNB et le Parlement européen, co-décisionnaire sur le sujet, souhaite quant à lui un budget plus élevé, à 1,3% du RNB.

Paris refuse des coupes dans la politique agricole commune (PAC)

Après deux ans de querelles entre l'UE et les dirigeants des Etats membres autour de centièmes de point de pourcentage, de nombreux diplomates restent sceptiques sur la capacité d'aplanir les divergences lors du Conseil extraordinaire de jeudi et vendredi.

Pour le président du Conseil italien Giuseppe Conte - dont le pays figure parmi les contributeurs nets au budget de l'Union - ce sommet s'annonce "complexe et compliqué parce que la proposition que nous avons reçue ne répond pas à nos attentes".

L'Autriche, le Danemark, les Pays-Bas et la Suède - quatre contributeurs nets au budget communautaire, surnommés les "quatre frugaux" - veulent limiter le budget européen à 1,0% du RNB. Quant à l'Allemagne, premier contributeur net, elle est prête à aller un peu plus loin même si le chiffre de 1,07% est trop élevé pour elle.

Pour certains contributeurs nets, la baisse des ressources consécutive au Brexit doit se traduire par une diminution des dépenses et les fonds européens devraient être consacrés à moderniser l'économie plutôt qu'à préserver l'agriculture.

Mais l'éventualité de coupes dans la Politique agricole commune (Pac) est inacceptable pour la France, premier producteur agricole européen.

"Pour nous, la baisse du budget agricole n'est pas une option", dit-on à l'Elysée.

Les pistes envisagées pour trouver de nouvelles ressources

Au-delà des contributions des Etats membres, le budget européen est abondé par les droits de douane perçus sur les importations entrant sur le marché unique, par une part de TVA, ainsi que par les amendes infligées par la Commission européenne à des entreprises enfreignant les règles de la concurrence.

Pour générer de nouvelles recettes dans un contexte post-Brexit, des nouvelles ressources sont envisagées.

Les dirigeants des Vingt-Sept vont donc discuter de l'éventualité de mettre en place une nouvelle taxe sur les plastiques non recyclés ou encore de rediriger vers le budget communautaire une part des recettes des marchés européens du carbone.

D'autres taxes sont également déjà en discussions, parfois depuis plusieurs années, comme une taxe européenne sur le numérique, une taxe sur les transactions financières, une taxe sur les vols intra-européens ou encore une taxe carbone aux frontières sur les produits importés.

Le temps presse

Côté dépenses, le premier poste est la Politique agricole commune (Pac) avec les subventions versées aux agriculteurs européens, devant la Politique de cohésion, qui vise à réduire les inégalités au sein du bloc.

A ces deux volets de dépenses, qui représentent à eux seuls plus des deux tiers du budget de l'UE, s'ajoutent notamment des dépenses pour la gestion des frontières, la recherche, la sécurité ou encore l'aide au développement.

Les responsables européens préviennent cependant que le temps presse et que faute d'accord, l'Union pourrait risquer de commencer l'année 2021 sans fonds pour financer la protection de ses frontières, la recherche ou les programmes d'échanges pour les étudiants.

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Commentaires
a écrit le 24/02/2020 à 14:19 :
Une chose est maintenant claire pour tout le monde :
LA FRANCE DANS L'UE NE DÉCIDE PLUS RIEN !
L'espoir du FREXIT avance à grand pas
a écrit le 23/02/2020 à 21:41 :
Il manque 75 mds grâce au départ des anglais.

Il n'y a qu'à licencier les technocrayes de Bruxelles.
a écrit le 22/02/2020 à 14:32 :
QUI va croire que le RU contribuait a l'UE sans contreparties ....?
La mentalité anglo-saxonne n'est pas de payer pour les autres : ce soit-disant "trou" est un fake !!!
a écrit le 22/02/2020 à 10:33 :
Moulinets avant , et pantalon en bas ,( après les municipales )
Espérant me tromper .
a écrit le 22/02/2020 à 8:49 :
Dans un quotidien régional très connu, il y a quelques années, un journaliste avait publié le montant que percevaient certains éleveurs (à l'époque c'était encore légal) dans un département. Juste un exemple: un éleveur de montagne percevait 200.000 euros annuels, nets d'impôts, net de CSG.
C'est normal que l'Europe ne veuille plus financer aveuglement les paysans français.
D'ailleurs suite à cette publication, on ne peut plus connaître le montant de la PAC perçu par un agriculteur.
Réponse de le 22/02/2020 à 11:05 :
Où "l'Europe", comme vous dites, va t'elle chercher tout cet argent si mal employé?
Réponse de le 22/02/2020 à 14:36 :
...alors on finance QUOI ? ...la Pologne..... qui préfère acheter des avions US !!!
...et OU passe la difference entre contributions et subventions , dans quelles poches accueillantes ?
Réponse de le 22/02/2020 à 21:52 :
Les subventions agricoles "européennes" perçues par les agriculteur français sont payées par les français puis que la France est contributeur net pour l'Europe. Par contre la fait de couper dans les dépense de la PAC, c'est dire au Français qu'ils seront ceux qui paieront le plus pour combler le trou des anglais. Au lieu d'
être contributeur net à hauteur de 10 milliards, on le sera à hauteur de 15 milliards. Une paille!
Réponse de le 23/02/2020 à 2:26 :
La France est un contributeur net, on perçois moins que l'on donne, donc non l'Europe ne finance pas aveuglément les paysans Français, c'est la France qui finance cela ! Nous finançons en revanche les bénéficiaires net oui.
Réponse de le 23/02/2020 à 9:15 :
.....par contre on vient de connaitre le salaire des dirigeants de la FNSEA (entre 15 000 et 16 000 euros ! ) qui eux le jugent "normal " !!!
a écrit le 21/02/2020 à 8:18 :
la Pologne acheté la protection us....que l Europe ne peut pas lui offrir....les Allemands ne jurant que par l Oran et les Us..
a écrit le 20/02/2020 à 18:06 :
Bonjour,
bizarre, quand on parle de dépenses, on annonce des GROS chiffres. Je me demande si nos élus européens on fait un peu de comptabilité, quand à prévoir un budget, ni pensons même pas. 4 ans que l'on savait, mais non la tête dans le sable, la politique de l'autruche.
Par contre on sait recevoir salaires et indemnités afférents à leur fonction.......
a écrit le 20/02/2020 à 17:44 :
Tous les "clowns" qui se succédaient dans les médias pour nous dire que la Grande Bretagne allait être détruite par le brexit devraient faire profil bas.Leur première décision sur le travail pour les étrangers , va finir par faire école dans toute l'UE.
a écrit le 20/02/2020 à 17:25 :
Il faudrait faire la différence entre "une perte" et "un manque a gagner"...! Si le Brexit est pour l'instant un "manque a gagner", les négociations sont là pour que cela ne soit pas "une perte"! Par contre, vouloir dépenser plus, et augmenter la sensation d'austérité chez les européens de la zone euro, c'est de pure perte!
a écrit le 20/02/2020 à 17:00 :
75 milliards de rentrées en moins .....mais aussi 42 milliards de subventions vers l'Angleterre en moins.

Ce qui nous fait un trou de 5 milliards par an, et sur un budget annuel de plus de 115 milliards... On devrait s'en sortir.
D'autant plus que l' RU va devoir payer s'il veut (a t'il le choix?) vendre sa camelote en Europe.
a écrit le 20/02/2020 à 15:49 :
Ce ne sont pas les recettes qu'il faut bouger mais les dépenses qu'il faut réduire, et évidemment cette bande d'irresponsables n'y pense même pas. Quels charlots.
a écrit le 20/02/2020 à 14:49 :
ça fait 4 ans... que le brexit est programmé.....et on se penche seulement sur la question?....
c 'est un peu comme le régime de retraite en france...... on raconte une histoire mais coté financement, vide sidéral......on en parlera après avoir voté la loi.......
heu........on se reveille quand?
a écrit le 20/02/2020 à 14:46 :
LElysee dit non, qu'importe bruxelles a parle. En consequence demmerdez-vous. Traduction: Augmentation de taxes et autre combines eculees.
Europe condamnee a tres court terme.
a écrit le 20/02/2020 à 13:29 :
Je ne savais pas que les milliards que dépense la Pologne pour acheter ses F35. alors qu'elle est le premier bénéficiaire net des fonds européens, participaient à la "politique de cohésion"...
a écrit le 20/02/2020 à 12:26 :
Donner moins d'argent a la Pologne et la Hongrie serait un bon début !
Réponse de le 20/02/2020 à 17:09 :
La Hongrie et surtout la Pologne bénéficient certes de crédits européens, mais leur économie croit fortement, c'est donc un bon investissement de la part de l'UE qui permet une convergence économique rapide. Et ce même si leurs choix politiques du moment n'ont pas l'heur de plaire à d'autres pays... la Pologne est un des futurs piliers économiques de l'UE.
a écrit le 20/02/2020 à 11:44 :
Ou quand le mensonge macroniste cherche à couvrir le mensonge européiste car la PAC est en réalité payée par les français !

La France est un pays contributeur net de 9.4 milliards d'euros -chiffres 2014- et pour un coût réel d' appartenance global à l' UE de 53 milliards d ' euros annuels! lorsqu' on y inclut les charges et mises aux normes pour les entreprises.

Ne reparlons même pas là des 100 milliards d' exil et fraude fiscaux qu' autorise le seul article 63 du TFUE, sommes qu' on ne peut évidement JAMAIS envisager dans cet esprit d ' appartenance à l' UE de recouvrer.

Le démonstration est vite faite de mesurer ce que coûte l' UE et ce qu' elle nous rapporte, de combien est le montant de la PAC versée aux français et payée en réalité par les ..français ?!

Et Macron toujours en verve et pour se donner une stature de "maitre européen" se propose de faire ce qu' il sait faire de mieux depuis son arrivée, alimenter la tour de Babel par des taxes face à son incapacité de faire revenir en France les emplois industriels délocalisés à l' est à bas coûts et qui sont tout à la fois le moteur réel et l' instrument de mesure d' une économie développée.

Heureux anglais, UPR, FREXIT vite...
Réponse de le 20/02/2020 à 13:37 :
la question serait plutot de se demander pourquoi on depense autant d argent pour subventionner 5 % de la population. Et tout ca pour un resultat lamentable : le gros des paysans gagnent des clopinettes, ils polluent un max et produisent du bas de gamme essentiellement. Mais je dois reconnaitre qu eca permet a la FNSEA de tres bien vivre (cf les salaires de ses dirigeants)
Réponse de le 20/02/2020 à 17:13 :
Bien entendu en bon manipulateur vous prenez 2014 comme année à mettre en avant pour la contribution nette de la France au budget de l'UE. Pourquoi pas 2017 où cette contribution nette a été de 2,75 milliards ?
Et si, à l'UPR, vous arrêtiez de prendre les français pour des billes ?
Réponse de le 21/02/2020 à 20:13 :
@bruno_bd C' est lrem qui vous communique ces chiffres ..?!
Réponse de le 24/02/2020 à 14:28 :
Les commentaires volent bas.
Certains préfèrent les chiffres des "spécialistes" de TF1 ou BFM, d'autres en inventent carrément, tout ça pour ne pas voir la vérité en face :
l'UE nous plume jusqu'à l'os et c'est un désastre institutionnel.
Seule la foi de quelques fanatiques (ignorants) persiste !
a écrit le 20/02/2020 à 11:41 :
Nos dirigeants politiciens français sont bien trop faibles pour s'attaquer à cette véritable ennemie intérieure qu'est l'agro-industrie qui nous coûte deux bras, deux jambes et la tête avec même, en plus.

Un véritable drame, ya que les américains pour s'en être débarrassés avec un tel succès qui plus et mais bon grâce aux européens hein...

Politiciens faibles car soumis, soldats agro-industriels à la limite, même souvent dépassée, du gangstérisme, cette horreur quotidienne peut perdurer dans ces conditions "ad vitae eternam".

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