Comment l'Europe veut aider la Grèce à ne pas lâcher les cordons de la bourse après le 20 août

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Grece: dette allegee moyennant de saines politiques
Dado Ruvic

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Grece: dette allegee moyennant de saines politiques
Dado Ruvic
Jeudi dernier, une éventuelle prolongation du plan d'aide à la Grèce avait été vigoureusement rejetée par la Commission, en l'occurrence par la voix de Pierre Moscovici, parfaitement raccord avec la presse allemande, qui appelait à ne pas laisser "planer des doutes et des incertitudes" sur la conclusion du programme d'assistance. Quand c'est fini, c'est fini. Pour autant, le commissaire européen aux Affaires économiques expliquait que la Grèce aura quand même besoin de soutien après sa sortie du programme. Car, une fois arrivée là, elle devra trouver un nouvel accord avec ses créanciers de la zone euro afin de garantir la poursuite des réformes et la discipline budgétaire.
Et cet horizon se rapproche à toute vitesse: le 20 août prochain, la Grèce arrivera au terme de son troisième programme d'aide international, ce qui devra signer son retour sur les marchés de capitaux après huit années passées à vivre de prêts à bon marché de la zone euro en échange d'une sévère politique d'austérité. Pour rappel, les investisseurs n'ont plus voulu prêter à la Grèce en 2010 en raison du gonflement de son déficit budgétaire et de sa dette.
Une fois sortie de la procédure d'aide internationale, la Grèce pourra mettre en oeuvre sa propre politique économique, un moment très attendu par la population qui s'est vu imposer des réformes douloureuses, dictées par la zone euro et le Fonds monétaire international (FMI).
Mais nombre de responsables européens redoutent qu'en conséquence des multiples pressions qui vont s'exercer sur lui, le gouvernement soit tenté de relâcher les cordons de la bourse, et c'est pourquoi ils cherchent une solution de compromis alliant générosité et prudence.
Ce lundi 23 avril, de hauts fonctionnaires de l'Union européenne (UE) ont déclaré que la zone euro réfléchit à un plan d'allègement de la dette de la Grèce qui incite le pays à ne pas faire marche arrière sur les réformes et à garder le cap d'une politique budgétaire prudente.
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Une proposition d'allègement de la dette bien calibrée inciterait Athènes à ne pas s'écarter de la voie des réformes et à dégager des excédents primaires, c'est-à-dire tout solde budgétaire entendu avant imputation du service de la dette, de 3,5% du Produit intérieur brut (PIB) jusqu'en 2022 au moins.
Une autre façon de s'assurer que la Grèce respecte l'orthodoxie budgétaire serait de lui accorder une ligne de crédit de précaution par l'intermédiaire du Mécanisme européen de stabilité (MES), mais ce type de crédit est forcément assorti de conditions. Et c'est bien pour cette raison que la Grèce n'en veut pas et que les autres pays de la zone euro ne peuvent ni ne veulent lui imposer une nouvelle forme d'aide déguisée.
Il ajoutait :
Dans ce but, le commissaire européen précise qu'il pourrait se fonder sur une proposition française liant remboursement de la dette et croissance du PIB; en l'espèce, plus l'économie grecque croîtrait, plus les remboursements de la dette seraient élevés.
Des responsables jugent que la proposition de la zone euro devrait instaurer un premier allègement immédiat puis un allègement étalé dans le temps.
Dans la mesure où la Grèce n'aura pas utilisé tout l'argent dispensé par le dernier plan de renflouement, le reliquat pouvant atteindre les 27 milliards d'euros, la zone euro pourrait l'employer à substituer aux prêts du FMI ses propres crédits qui auraient l'avantage d'être bien moins coûteux pour la Grèce.
Alors qu'une réduction de la valeur faciale de la dette grecque ne semble pas à l'ordre du jour, Athènes pourrait en revanche se voir rétrocéder les bénéfices engrangés par les banques centrales de la zone euro sur leurs avoirs en dette grecque, tout en bénéficiant d'une prolongation des échéances et des délais de grâce des crédits octroyés par la zone euro.
Dans la perspective d'une proposition d'allègement de la dette, le gouvernement grec doit présenter la semaine prochaine à l'Eurogroupe, soit l'ensemble des ministres des Finances de la zone euro, son propre plan de stimulation de la croissance économique.
C'est un point crucial de l'initiative, soulignent de hauts fonctionnaires de la zone euro, car si la Grèce elle-même ne croit pas aux pistes suggérées, aucune incitation extérieure au suivi d'une politique économique saine ne pourra être efficace.
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Le dernier obstacle à franchir pour pouvoir prétendre à un allègement de la dette est de mettre en oeuvre 88 "actions prioritaires", soit des réformes définitives convenues avec les créanciers, d'ici la fin mai, de façon à ce que l'Eurogroupe puisse faire le point et donner son quitus lors de sa réunion du 21 juin.
En octobre dernier, l'ancien ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, estimait que la Grèce était sortie du "cauchemar de la crise" :
(Avec Reuters)
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