Compétitivité : la concurrence fait rage au sein de la zone euro

 |   |  1236  mots
Comme prévu, Charles Michel, le Premier ministre belge, lance un choc de compétitivité pour relancer l'économie de son pays
Comme prévu, Charles Michel, le Premier ministre belge, lance un choc de compétitivité pour relancer l'économie de son pays (Crédits : reuters.com)
Dimanche, François Hollande, le chef de l'Etat, appelait de ses vœux la création d'un gouvernement de la zone euro pour accélérer l'intégration économique de ses pays membres. En attendant, chaque pays joue cavalier seul pour sortir de la crise, ce qui alimente la concurrence au sein même de la zone euro.

Dimanche, dans une tribune publiée dans le Journal du Dimanche, François Hollande reprenait une idée un temps émise par Jacques Delors : créer un gouvernement et un Parlement de la zone euro. Qu'importe le fait que des instances similaires existent déjà. L'eurogroupe et l'institutionnalisation de la réunion des chefs d'Etat de la zone euro jouent déjà ce rôle. Qu'importe également que le chef de l'Etat recycle une idée déjà ancienne pour masquer l'incroyable discrétion de la France au cours de ces derniers mois dans le dossier grec.

Avec ces " nouvelles " instances, si l'on en croit François Hollande, l'intégration économique des pays membres de la zone euro serait accélérée, ce qui permettrait d'éviter que ne se reproduise une crise comparable à celle qui vient de secouer, et qui secoue, la Grèce.

Cavalier seul

Il serait temps. En attendant, un à un, les pays membres de la zone euro continuent de jouer cavalier seul en multipliant les réformes capables de leur donner un avantage décisif sur leurs principaux partenaires et concurrents européens.

Un "virage fiscal" en Belgique

Ce jeudi, des sources gouvernementales belges ont indiqué que le gouvernement du Premier ministre, le libéral francophone Charles Michel, avait décidé d'engager un "virage fiscal" permettant d'alléger le coût salarial.

Cette réorientation de la fiscalité n'est pas une surprise. C'est l'une des mesures phares du gouvernement de droite arrivé au pouvoir en octobre. Concrètement, ce "virage fiscal" consistera en un allègement des cotisations sociales sur les salaires, qui passeront de 33 à 25%. Cette mesure entraînera une baisse des charges pour les entreprises de quelque 900 millions d'euros, selon une source gouvernementale citée par l'agence Belga.
En outre, une somme de 430 millions d'euros a été affectée au développement des petites et moyennes entreprises. Pour financer ces mesures, le taux de TVA sur l'électricité passera de 6% à 21%. Les taxes sur les sodas, l'alcool et le gazole seront augmentées.

L'Allemagne, pionnière de la désinflation compétitive

En procédant ainsi, la Belgique prend simplement modèle sur ce qui a déjà été fait ailleurs notamment dans l'union monétaire, à ses frontières. C'est l'Allemagne qui a ouvert le bal, en 2007. Pour compenser la baisse de deux points des cotisations chômage, le gouvernement dirigé déjà par Angela Merkel décide de remonter de 16% à 19% le taux de TVA. Les effets de cette mesure s'ajoutent aux effets positifs sur la compétitivité prix de la quasi-stagnation des salaires outre-Rhin. Avec le Pacte de compétitivité, dont la mesure-phare est le crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi (CICE), et le Pacte de responsabilité qui prévoit de réduire de 40 milliards le poids des cotisations patronales, la France a adopté la même stratégie. Une stratégie considérée par l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) comme de la désinflation compétitive qui explique en partie les succès du made in Germany à l'international

 En Italie, l'impôt sur les sociétés est passé de 33% à 27,5%

En Italie, idem. Les allègements fiscaux en direction des entreprises ont été nombreux. Citons notamment la baisse de 10 % de l'Irap, une taxe régionale. Le gouvernement a également pris des mesures pour permettre à l'administration de payer les arriérés de factures dues aux entreprises. Leur montant s'élève à 60 milliards d'euros. Pour y parvenir, la Caisse des dépôts et des prêts remettra une créance garantie par l'État que l'entreprise bénéficiaire pourra faire valoir auprès des banques. Ces mesures interviennent après l'abaissement par le prédécesseur de Matteo Renzi, Enrico Letta, du taux de l'impôt sur les sociétés (IS), passé de 33% à 27,5% entre 2013 et 2014.

On pourrait à l'envi multiplier les exemples de ce type. En 2013, le gouvernement portugais a décidé de réduire l'IS de 25% à 23%. Il continuait à baisser pour atteindre une fourchette prévue entre 17% et 19% l'année prochaine. En 2014, il a été réduit de 5 points pour atteindre 25%. Seules exceptions, Chypre et la Grèce ! Parmi les gages réclamés pour obtenir l'aide internationale octroyée à Nicosie et à Athènes, une hausse du taux d'IS a été décidée, imposée. A Chypre, celui-ci est passé de 10% à 12,5% en avril 2013. En Grèce, il passera de 23% à 26% en 2016.

En utilisant la fiscalité, les pays de la zone euro ne se contentent pas donner de la marge à leurs entreprises, en relevant leur compétitivité-prix. Ils améliorent également l'attractivité de leurs territoires augmentant de facto leurs chances d'attirer des investissements étrangers. Des investissements désormais précieux pour la plupart des économies, industrialisées ou émergentes. En France, dans le secteur marchand, un salariés sur sept travaille pour une entreprise étrangère, soit deux millions de personnes.

La puissance du Mittelstand

Ces stratégies nationales peuvent-elles être efficaces ? Le succès des entreprises allemandes à l'international s'explique de différentes et de nombreuses manières : la puissance de son Mittelstand et des écosystèmes régionaux, la qualité de sa formation professionnelle sont évidemment à citer car ils expliquent le niveau élevé de la compétitivité hors-prix des produits fabriqués en Allemagne. La désinflation compétitive - jugée déloyale par certains économistes  - menée depuis le début des années 2000 a permis de renforcer leur compétitivité-prix. C'est un fait. Mais cette stratégie a surtout fonctionné parce que l'Allemagne était la première à la déployer. Aujourd'hui, la multiplication des chocs de compétitivité au sein de la zone euro annule en partie leurs effets positifs sur la croissance et l'attractivité.

Un budget fédéral pour la zone euro ?

Dans ce contexte, les propositions de François Hollande peuvent-elles être retenues par les pays membres de la zone euro ? L'avenir le dira.

D'autres mesures pourraient être prises pour renforcer les solidarités au sein de l'union monétaire. En 2014, après la crise chypriote, le Conseil d'analyse économique (CAE) souhaitait déjà le renforcement de l'intégration économique au sein de la zone euro. Parallèlement à l'union bancaire réclamée, le CAE proposait la mise en place d'une union budgétaire, " comme complément nécessaire à l'union monétaire ".

" Une union budgétaire aiderait les États membres à compenser leur manque d'autonomie en matière de politique monétaire lorsqu'ils font face à un choc macroéconomique spécifique. Selon la théorie des zones monétaires optimales, les pays d'une union monétaire doivent pourvoir s'appuyer sur des dispositifs alternatifs d'ajustement, comme la flexibilité des salaires et des prix, la mobilité des facteurs de production ou un budget fédéral. L'effet stabilisant de ce dernier suite à un choc spécifique peut être direct (en soutenant le revenu disponible par des transferts dans les pays en crise) ou bien indirect (en facilitant la mobilité du travail et en stabilisant les mouvements de capitaux). La question clé est alors celle des ressources pour alimenter ce budget. Nous proposons d'utiliser l'IS du secteur bancaire [dont le taux et l'assiette auront été préalablement harmonisés] comme une première étape dans la construction d'un budget zone euro. Un chiffrage grossier laisse penser que les recettes annuelles pourraient être de l'ordre de 20 milliards d'euros ".

Inaudible en 2014, le CAE fera-t-il entendre sa voix en 2015 ?

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 01/08/2015 à 7:37 :
Il y a un probleme dans cette construction Europeen, nous ne fessons pas des efforts depuis 30 ans pour que les Europeen soit mis en concurance economique.... Il y aurra toujours un pays plus pauvre ou la main-d'œuvre est moins chere dans notre Europe .... Ensuites nous ne serons jamais compétitif vie a vie d'un pays où on exploite la misère humaine.... Bien pour dire que nous ne construisons pas cette Europe pour favoriser les bénéfices de certain, mais pour la creation d'une zone de paix, l'un espasse commun ou l'harmonisation economique se met en place entre nous, un systeme qui nous protège des grands pays economique.....
a écrit le 25/07/2015 à 14:06 :
Données organisation mondiale du commerce OMC
Exportation marchandises, 2013 :
1 Chine (2209 milliards de dollars)
2 Etats-Unis (1580)
3 Allemagne (1453)
4 Japon (715)
5 Pays-Bas (672) paradis fiscal
> 6 France (580) ramené par habitants, nos sommes devant la Chine, les Etats-Unis et le Japon.
7 Corée du Sud (560)
8 Royaume-Uni (542) paradis fiscal
9 Hong Kong (536) paradis fiscal
10 Russie (523)
----
Exportation services commerciaux :
1 Etats-Unis (662 milliards de dollars pour 322 millions habitants)
2 Royaume-Uni (293 / 64) paradis fiscal
3 Allemagne (286 / 82)
> 4 France (236 / 63), ramené par habitant nous sommes devant l’Allemagne et les Etats-Unis.
5 Chine (205 / 1193)
6 Inde (151 / 1267)
7 Pays-Bas (147 / 16) paradis fiscal
8 Japon (145 / 126)
9 Espagne (145 / 47)
10 Hong Kong (133 / 7) paradis fiscal
Réponse de le 27/07/2015 à 10:19 :
A. ALAIN/// CES CHIFRES NE M ETONNE PAS CELA FAIT DES ANNEES QUE LA FRANCE PRODUIT PLUS EN VALEUR AJOUTE QUE CES VOISIN PLUS GROS QU ELLES?.DONC IL FAUT ARRETE LA SINITROSE ANBIANTE ET REDONNE DU TRAVAIL AUX JEUNES QUI N ATENDENT QUE CELA POUR PARTICIPE A CETTE PRODUCTION NATIONNALE ET POUVOIR EN VIVRE A LEURS TOUR???
a écrit le 25/07/2015 à 13:23 :
Les promesses arrivent au même rythme que le moment des élections approche. L'Europe est un leurre, il n'y a pas de peuple européen, ni de langue européenne, ni de politique fiscale ou sociale communes, que des règles ou règlements débiles sur la taille des petits pois ou l'import d'aliments OGM qui s'empilent...bref... Quant à notre monnaie !... Le tout piloté par un M. Junker qui est le roi du conseil en optimisation fiscale auprès des grandes entreprises qui veulent détourner l'impôt du pays qui les accueille. Ce même Junker qui souhaite protéger les plus riches et précariser les plus pauvres... L'Europe, pour moi, c'est ça. C'est détestable.
Nous sommes un assemblage de pays fait de bric et de broc, des Legos plus ou moins compatibles. Depuis 2005 (dernier référendum), la voix du peuple s'est éteinte faute de sollicitation pour s'exprimer sur les grands sujets de société. Nos élites se sont distanciées de leur électorat et sont devenues sourdes. Et pourtant, on va en entendre, des promesses, nos politiques vont nous en abreuver jusqu'en 2017 ! Mais comme le dit le proverbe, les promesses n'engagent que ceux qui y croient. Ça fait au bas mot 30 ans que ça marche comme ça..
a écrit le 24/07/2015 à 23:47 :
A-t-on vraiment besoin d'un "Parlement de la zone euro"? Car l'UE se fout complètement de la démocratie. C'est tout simplement la loi du plus puissant. A propos, la gouvernance ira -automatiquement et de droit- à l'Allemagne...
a écrit le 24/07/2015 à 13:53 :
Facile de demander les réformes aux autre quand on a rien fait chez soit.

Typiquement français de ne pas voir ces erreurs et encore moins de les admettre.

Le nombril du monde .....

Rien de bougera comme d'habitude les socialismes et les républicains sont plus enclavé à savoir comment il vont faire pour toujours leur salaire et autre avantage plutôt que de travailler à de vrai réforme de structure.
Tans qu'aucune réforme de structure ne sera faite en France aucune baisse de taxe d’impôts ne pourra être réalisés.
Je suis pour un état réduit au minimum les ministères régaliens le reste n'est que de l’interventionnisme qui nous amène à la faillite depuis 30 ans.
Au début du siècle dernier l'état pesait 18% maintenant il en pèse 57% et 2100 Milliard de dettes.
Stop à l'état et à l'ingérence dans les affaires privés , 70 des libertés économiques on va bientôt passer dans le rouge en dessous de nous c'est le koweit, l'arabie saoudite .....(https://fr.wikipedia.org/wiki/Indice_de_libert%C3%A9_%C3%A9conomique)

Notre beau pays est foutu
a écrit le 24/07/2015 à 13:08 :
veulent décider des programmes scolaires.
a écrit le 24/07/2015 à 13:02 :
Mon cher Fabien, pourriez-vous expliquer par quel coup de baguette magique les " nouvelles " instances permettront, comme l'affirme François Hollande, d'accélérer ll'intégration économique des pays membres de la zone euro ? Ce n'est pas sérieux. Par contre, la proposition "d'union budgétaire" par le CAE est autrement plus pertinente. Elle est en effet une condition siné-qua-non pour une intégration budgétaire. Mais on n'en verra jamais la couleur, puisque les Allemands ne veulent pas en entendre parler.
Il reste donc le cœur de votre article, qui est très intéressant : la concurrence fiscale et sociale. Voilà le vrai horizon de l’UE.
a écrit le 24/07/2015 à 12:15 :
l'Europe est notre grande chance : des millions de consommateurs sans frontières !!!! déplaçons-nous, prenons nos voitures et allons à la rencontre des autres dans leur pays et nous serons très surpris de leur accueil !!!!! le commerce est notre seule chance !!!! sortons de chez nous et EN AVANT !!!
Réponse de le 24/07/2015 à 23:49 :
Cette Europe-là, l'UE, va droit dans le mur, piegée dans le carcan de la rigueur
a écrit le 24/07/2015 à 12:10 :
par ailleurs, je vais souvent en Allemagne : les gens sont riches mais on y voit AUCUNE entreprise française !!!! où sont nos foie gras et autres viandes ??? en France, on voit de très nombreuses voitures allemandes : en Allemagne AUCUNE voiture française !!!
Réponse de le 24/07/2015 à 16:01 :
Le jour ou les produits tel que le fromage et le vignoble, en bre tout ce qui touche à la gastronomie sera dédouané à l'export.... La France sera le pays le plus riche du monde :)

Réponse de le 25/07/2015 à 2:23 :
il n'y a aucun pour les produits entre France et Allemagne !!!!
a écrit le 24/07/2015 à 12:08 :
M Piliu devrait aller en Allemagne pour voir ce qui s'y passe !!! une des raisons de la puissance allemande est déjà l'ancienneté de son industrie : en Bavière ou en Bade Wurtemberg, de nombreuses entreprises existent depuis ....le moyen-âge !!!! elles ont eu le temps de se construire et d'être forte !!! quand nos entreprises datent au mieux du début 1900 !!!!! la révolution française a tout détruit et rien n'a redémarré ensuite !!!
a écrit le 24/07/2015 à 11:39 :
Un Europe échouée, entretenue dans la division par ses géniteurs, ses pères américains, asservie à l'otan, demain au tafta, quoi de plus naturel que les gens se questionnent et expriment leur ras le bol..?
https://www.youtube.com/watch?v=Bb8dB7d3BdE
a écrit le 24/07/2015 à 10:44 :
2 choses à dire sur la concurrence au sein de l'euro:
- DELORS a été un bon Président de l'U.E. mais son acolyte HOLLANDE qui le soutenait en 1993 pour la Présidentielle, ne voulait plus en entendre parler depuis son élection; ni l'un ni l'autre n'ont armé la France pour être au top de la concurrence européenne, et l'on en voit le résultat entre autres avec le milieu agricole;
- Tous les traités européens depuis MAASTRICH n'ont fait qu'accentuer le désamour des européens avec les institutions européennes, et au final on constate qu'il faut un accord unanime à 29 pour décider des réformes fondamentales à entreprendre sur les plans fiscal et social pour une harmonisation qui aurait dû être un préalable à tout élargissement.
a écrit le 24/07/2015 à 10:34 :
Compétitivité ou dumping social compétitif?
Un pays comme la Chine serait en mesure de produire assez pour le monde entier, le problème est que s'ils vendent plus qu'ils ne consomment (Excédent commercial) à un moment les autres pays ne pourront plus payer ce qu'ils achètent, à moins de faire des dettes qu'ils ne pourront jamais rembourser. (Exemple la Grèce avec l'Allemagne et autres pays). La solution pour éviter le dumping social seraient d'introduire des mesures punitives en cas d'excédent chronique. Ceci amènerait les gouvernement des pays excédentaires à encourager la consommation locale pour ainsi arriver à un équilibre entre la production et la consommation. L'Allemagne surpuissante industriellement, non seulement mais surtout grâce à des facteurs naturels immuables tel que position géographique centrale, taille du marché intérieur mais aussi chauvinisme inné, est en train de couler les autres économies plus faibles parce-que elles n'ont pas ces avantages naturels qu'à l'Allemagne.
Réponse de le 27/07/2015 à 17:01 :
Le domaine maritime de la France (le 2ème du monde) n'est-il pas un avantage naturel? Les Allemands ne pourraient-il vous rétorquer que leur langue ne bénéficie pas du rayonnement mondial de la nôtre, pour ne prendre que cet exemple?
Depuis quand, réaliser des excédents commerciaux est-il une faute qu'il faudrait sanctionner? Je sais que vous allez me répondre que ces excédents-là sont liés à du dumping social. Je ne nie pas qu'il puisse y en avoir en Allemagne avec les travailleurs étrangers payés au régime de leur pays d'origine, mais pensez-vous sincèrement que l'Allemagne doive son rang mondial et son excédent à ce phénomène ? Je suis en outre désolé de vous contredire sur l'idée reçue du ''chauvinisme inné'' des Allemands et de leur prétendu protectionnisme. Si vous consultez les données sérieuses et officielles du Global Trade Atlas (je n'ai trouvé que les chiffres du 1er semestre 2014), l'Allemagne est le 3ème importateur mondial, après les USA et la Chine et devant le Japon et la France! Au 1er sem. 2014, l'Allemagne est le seul de ces 5 pays qui augmente ses importations! Il faudrait voir sur une période plus longue mais sur celle-ci, le total des importations allemandes est 1,8 fois supérieur à celui de notre pays. Je ne crois pas que l'on puisse être une grande puissance commerciale sans avoir un fort courant d' importations. Bien sûr, il faut pouvoir payer ces achats à l’étranger grâce à des exportations élevées et de qualité. Ensuite, on voit ce que l'on fait des excédents...C'est un autre sujet. Autrement, je suis entièrement d’accord avec vous pour lutter contre le dumping social, à condition de le définir précisément.
a écrit le 24/07/2015 à 10:20 :
Bien que très attaché à l'union de l'Europe, je n'en peux plus de ce machin qui ressemble plus au 'Huis clos' de Sartre qu'à autre chose. Et qui va exploser s'il ne prend pas le chemin d'une fédération démocratique.
a écrit le 24/07/2015 à 10:11 :
Monsieur PIliu, vous avez souligne a juste raison comment Chypre et la Grece subissent des hausses d'impôt alors que le reste de la zone euro profitent d'une baisse de la fiscalite. A cela, on peut ajouter que ces deux pays sont exclus de la politique d'assouplissement quantitatif mene par la Banque Centrale Europeenne. Ainsi, outre, les hausses d'impôt, ces deux pays ne profitent pas de la baisse des taux en vigueur dans la zone euro.
Réponse de le 24/07/2015 à 10:47 :
Ah vous avez vu une baisse de la fiscalité en France ?
a écrit le 24/07/2015 à 9:00 :
La concurrence, c'est excellent car cela fait progresser.
Pourquoi créer un gouvernement de la ZE ? La Commission Européenne existe: il suffit de créer une sous commission sans les membres de la ZE.
Un autre Parlement ! Pourquoi faire ? L'idée est bien entendu de recaser ceux qui n'ont pas été élus chez eux, comme le Parlement actuel.
On pourrait créer un Sénat aussi: François Mitterand avait lancé l'idée...
Que du bla bla, cela occupe.
Cordialement
a écrit le 24/07/2015 à 8:40 :
Idée politiquement idéaliste. Mais c'est une idée qui veut qu'on soit tous une seule nation. Avec les chauvinismes de gauches à droits, c'est très difficile et surtout qu'en on pense que différents pays ont des préférences et cultures divergentes vis à vis les politiques économiques. Par exemple, l'Allemagne n'a pas de problème à poursuivre des réformes basées sur la rigueur des principes du capitalisme classique (baisse d'impôts, etc.) ayant un secteur public relativement désengagé alors que la France valorise plus son secteur public et les droits de travail ; c'est comme ça, c'est la culture et la situation des uns et autres.

Donc pour les pays comme la France par exemple qui a une approche plus dirigiste, ne serait-il pas plutôt question d'insérer plus de flexibilité dans les principes économiques européens et un certain niveau de dirigisme dans les règles économiques européennes. Par exemple, la formule qui veut qu'ont ramène les déficits publics à la barre de 3% est tellement simpliste et arbitraire, et n'est pas forcement probant économiquement parlant surtout pour un pays n'étant pas ultra-classique. Ne serait-il pas par exemple mieux d'avoir un panier de paramètres pertinents et déterminants sur la performance économique, ce qui offrirait la possibilité pour que les uns et autres retrouve de la flexibilité dans la gestion économique. A quoi ça sert par exemple pour l'Italie d'adhérer strictement à cette règle budgétaire pour finir par aller de récession à récession d'une année à l'autre? Même, les pays anglo-saxons reconnus pour leur classicismes comme le Royaume-Uni et les Etats-Unis prend du recul et de la flexibilité dans leurs applications. Car ces règles sont plutôt à la base classique et donc favorisant ceux des pays étant plus 'laissez-faire' ou ayant des rentes. Rien ne dit que la croissance et la compétitivité économique ne doit être absolument résumée uniquement au laisserfairiste, sans un certain flexibilité et dirigisme également (l'accordion) !

D'Autre part, on peut également argué que le classicisme économique permet d'effectuer des réformes à marche forcée d'une certaine façon. La logique qui veut que la compétitivité vient uniquement des réductions des impôts (désinflation compétitive) chez certains pays n'est pas aussi absolue. La question se pose aussi sur la pertinence des modèles nombrilistes voir passifs de la gestion public, de gestion des entreprises et d'appui aux entreprises qui les mènent à être plus ou moins complaisantes. La réponse se trouve également et surtout dans les changements de modèles et mentalités vers plus d'agilité. Voir l'avant et l'après Alstom et Peugeot, par exemple. A force d'amadouer certaines entreprises, avec leur fardeaux syndicaux par exemple, peut-être aussi qu'on ne laisse par aux uns et autres de bien se prendre en charge en s'ajustant aux conditions du monde réel. Voir le cas d'Air France, par exemple, avec l'irrationalité qui sévit dans une industrie à couteau tiré avec des low costs comme ryanair et easyjet en plus de la concurrence venant du moyen orient. Le cas n'est pas seulement en France puisque même les constructeurs automobiles aux Etats-Unis ont dus s'affranchir vers des relations de travail plus positives afin de retrouver de la compétitivité.

Aussi, il ne s'agit pas d'un problème de créativité et compétitivité dans le pays puisque des centaines d'entreprises françaises sont leaders mondiaux dans leurs spécialités, mais plutôt le fait d'accepter la réalité du monde compétitive actuelle et s'atteler selon ses points forts, y compris aussi le dirigisme de même que des réformes, à effectuer le changement d'approche et de mentalité nécessaire vers plus d'agilité et compétitivité.

Ce qui est même déjà entraîne de se passéer lorsqu'on voit la réactivité actuelle affichée par beaucoup des entreprises française vis à vis les startups, les fablabs, etc. N'oublions pas aussi qu'un Allemagne compétitive de même qu'une France compétitive en dehors de la zone euro renforce l'un comme l'autre d'une certaine façon indirecte.

Donc bien que la question soulevée est légitime, le truc sera également et surtout de trouver un juste milieu entre classicisme économique de base, l'introduction de plus de flexibilité et dirigisme dans le projet européen, et plus de mesures de réformes et compétitivité au niveau national.
a écrit le 24/07/2015 à 8:25 :
L’Europe a beaucoup servi à l’Allemagne, ne serais qu’en rendant possible la réunification, puis en lui offrant un marché entièrement ouvert, facilitant ses exportations.
Certes, ils ont largement participé à leur montée en puissance grâce à leurs efforts, à leur expertise dans de nombreux secteurs et à la structure de leur tissu économique et industriel.
Pendant ce temps, la France par exemple, « bricolait » des NON réformes et creusait sa dette.
On a vu dans le contexte des « négociations » avec les Grecs, qui commandait réellement.
Ce strict cadre monétaire et la concurrence fiscale n’étant profitable qu’aux bon élèves, (et la moins-disance sociale, aux plus mauvais ?) il reste le choix : soit à devenir aussi performants,soit à créer un contrepouvoir entre pays "normaux", soit à collaborer...
a écrit le 24/07/2015 à 7:30 :
FH a de peur pour reformer son pays. Donc il veut faire baisser le niveau de competivité des autres pays au niveau de la France.
a écrit le 24/07/2015 à 7:16 :
quelle révélation...
a écrit le 24/07/2015 à 0:32 :
La conception libérale qu'entretient l'Europe, n'est pourtant pas bien difficile à percevoir. Son concept est relativement simple. Créer une compétitivité interne sensée hisser l'euro-groupe au premier plan de l'économie mondiale. C'est donc à ce titre que chacun de nous empruntons les mêmes voies de résolution. Et c'est cela que nous nommons union européenne. des assemblages et regroupements capables de la meilleure maîtrise commerciale. Nous avons donc choisi l'adversité totale comme voie de réussite. Là où d'autres pays et états fédéraux ne cessent de consolider leurs positions pour conquérir le marché mondial. Nous, nous abordons ce même marché dans des approches divergentes, concurrentielles et parfois même antagonistes. C'est l'expression libérale la plus forte que l'on puisse trouver. Cette expression a tellement pris le pas, que même lorsque certains d'entre nous évoquent le fédéralisme nécessaire à une construction d'équivalence. Certains autres répondent que nous sommes déjà en pleine construction, et qu'il ne faut rien changer. Nous employons un même langage pour deux volontés opposées. Rien d'étonnant donc que cette europe tirée à hue et à dia ne soit devenue une des zones la moins performante de l'économie mondiale, en terme de P.I.B. . Mais nous restons persuadés qu'après le pain noir actuel, viendra le pain blanc. Alors que nous prenons le chemin de la disette. A ce train là, une chose est quasi certaine. Nous serons bien regroupés un jour, tous liés par les pleurs de notre échec ; souverains que nous serons. Souverain du néant, de la désolation, unis dans la misère ; celle de dépendre d'autres. C'est là que nous ressentirons notre âme Européenne. Celle de la défaite de deux guerres mondiales et d'une autre économique, comme terme final.
a écrit le 23/07/2015 à 23:48 :
Plus d'Europe, avec moins d'impôts, moins de taxes, moins de cotisations sociales, moins de retraite et de sécurité sociale certainement... mais après? Quand tout le monde aura réduit autant que faire se peut et qu'il n'y aura plus rien à "gratter"?
Il ne restera que quelques riches, financiers, banquiers, grands propriétaires terriens... et des dizaines de millions de pauvres, d'exclus, de mal logés, de précaires...Les bons ingrédients pour une révolution. Le néo-libéralisme nous y conduit tout droit. La bonne solution est de sortir de l'UE, de l'Euro, de rétablir les contrôles à nos frontières, de taxer les produits en provenance des pays qui font du dumping social, fiscal...Le programme du FN...L'extrême droite...et l'histoire se répète... toujours la même...Déprimant.
Réponse de le 24/07/2015 à 8:03 :
+1
a écrit le 23/07/2015 à 23:29 :
La France sans réformes, hyper fonctionnarisée et hyper taxée, ne pourra pas suivre l'évolution. Les socialistes bloquent ce pays depuis plus de trente ans. Hollande attendant 2017, la France poursuivra son déclin inexorablement. Pathétique et tellement prévisible....
a écrit le 23/07/2015 à 22:57 :
Où est la différence entre harmonisation et déflation compétitive lorsque qu'un pays est plus cher que la moyenne, comme l'Allemagne en 2000? Harmonisation ne signifie pas que toute l'Europe ( et le reste du monde) va s'aligner sur la France, cela au moins l'Allemagne l'a compris.
a écrit le 23/07/2015 à 22:15 :
En France les chargés augmentent... Le changement c'est maintenant... Oui mais maintenant c'est tout de suite ! Pas dans 3 ans...
a écrit le 23/07/2015 à 22:13 :
Il serait temps de s'en rendre compte, Messieurs les Français.
Comm. Econ. Européenne = Europäische. Wirtschafts. Gemeinschaft = E.W.G = "Einer Wird Gewinnen" = "Un Seul Vainqueur" : ce slogan souterrain a 50 ans d'âge en Germanie mais les politiques français n'ont jamais voulu le lire en face. Et pourtant, ça sonnait déjà comme le défi d'A.H quittant la SDN, répudiant les réparations, et réarmant en dépit des traités à coups de bons MeFo.Nous y sommes. tant que la R.F ne reviendra pas aux 39h, elle ne pourra que creuser sa tombe.
Réponse de le 23/07/2015 à 22:58 :
Rengaines ...
Réponse de le 24/07/2015 à 0:24 :
Etrange les allemands travaillent encore moins que les français.
Revenir aux 39 heures ( bien sur non rémunérées faut pas abuser )ne fera qu'augmenter le chômage vu la mentalité patronale en France.
Au fait le million d'emplois promis sur 5 ans avec les baisses de charge ça donne quoi ?
a écrit le 23/07/2015 à 22:04 :
Très bonne explication de la super croissance européenne.
a écrit le 23/07/2015 à 20:58 :
peut-être faut-il faire une différence entre désinflation compétitive, baisse des "charges" (ou cotisations pour êtres exact) et modération salariales ? Les deux derniers sont appliqués en Belgique, non indexation des salaires ou saut "d'index" (le mécanisme de l'indexation des salaires est maintenu mais inappliqué pour les 2 % prochains de hausse de l'inflation) et baisse des "charges patronales". Par rapport à la deuxième solution, elles sont en général transférés vers des assiettes moins "mobiles" (TVA).
Pour l'S il faut pas s'arrêter sur les seuls taux en vigueur mais également sur le taux effectifs (cf la Belgique est championne en la matière)...
a écrit le 23/07/2015 à 20:05 :
Nul doute que Mme Kelmer.. soit d'accord..

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :