Elections européennes : quel score pour les partis populistes ?

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Les sondages laissent présager une poussé des partis populistes
Les sondages laissent présager une poussé des partis populistes (Crédits : Pascal Rossignol)
Lettons, Maltais et Slovaques votent ce samedi pour élire les députés du Parlement européen après les Britanniques et les Néerlandais jeudi, suivis le lendemain des Tchèques et des Irlandais. Une vingtaine d’autres, dont la France, l'Allemagne et l'Italie, voteront dimanche. Les sondages anticipent une nouvelle montée en puissance des partis populistes et d'extrême droite.

Les résultats officiels pour les 28 pays de l'Union ne seront pas publiés avant tard dans la soirée de dimanche. Mais les sondages de ces derniers jours laissent présager des scores élevés des partis d'extrême droite, notamment du Rassemblement national de Marine Le Pen, de La Ligue de Matteo Salvini en Italie et du parti du Brexit de l'europhobe Nigel Farage au Royaume-Uni.

Le taux d'abstention parmi les quelque 427 millions d'électeurs estimés, sera aussi particulièrement scruté. Il n'a cessé de croître au fil des dernières décennies, alors même que les eurodéputés ont considérablement accru leurs prérogatives.

 L'ampleur de cette poussée, son impact sur l'équilibre des forces au sein de l'hémicycle européen et ses conséquences pour la course aux postes clés au sommet de l'Union constituent des enjeux politiques majeurs.

Au Royaume-Uni, où ces élections ont été organisées en catastrophe après le report de la date butoir du Brexit à fin octobre, le scrutin a été éclipsé par la course à la succession de Theresa May, déjà ouverte après l'annonce de sa démission vendredi 24 mai suite à son échec à mettre en oeuvre le divorce de son pays avec l'UE,  et qui sera effective au 7 juin.

En Irlande, le parti pro-européen du Premier ministre Leo Varadkar était selon des sondages en tête du scrutin de vendredi. La presse irlandaise parle de "vague verte" après les excellents résultats du Green Party, notamment à Dublin, où les écologistes ont rallié 23% des suffrages.

Surprise travailliste aux Pays-Bas

Aux Pays-Bas, où le vote avait lieu jeudi,  les estimations placent les travaillistes (PvdA) de Frans Timmermans, candidat à la succession de Jean-Claude Juncker à la tête de la Commission européenne, devant les libéraux (VVD), et les populistes (FvD) qui étaient pourtant attendus en force.

En République Tchèque en revanche, le mouvement populiste ANO du Premier ministre, le milliardaire Andrej Babis, part favori. La Slovaquie devrait également, selon les analystes, envoyer au moins un député d'extrême droite au Parlement.

A en croire les sondages, l'ensemble des forces eurosceptiques, populistes et nationalistes devraient enregistrer une nette progression au sein du Parlement européen, où siègent pour cinq ans 751 eurodéputés.

La Ligue du ministre de l'Intérieur italien Matteo Salvini, portée par son discours anti-migrants et hostile aux institutions bruxelloises, pourrait ainsi gagner de nombreux sièges.

Le RN de son alliée Marine Le Pen est également en tête des intentions de vote en France, devant la liste soutenue par le président Emmanuel Macron. Celle-ci  ambitionne pourtant de jouer un rôle pivot au sein du nouveau Parlement européen.

L'actuel groupe commun de la Ligue et du RN, l'ENL, qui compte actuellement 36 élus, devrait sortir renforcé des élections, avec plus d'une soixantaine d'élus selon les sondages.

Le groupe populiste EFDD, où siège le Mouvement Cinq Etoiles italien et que devrait rallier le nouveau parti europhobe de Nigel Farage, devrait lui aussi progresser.

Fin du bipartisme

Cependant, même en comptabilisant les sièges du groupe ECR - qui  rassemble les Tories Britanniques et les Polonais du parti PiS au pouvoir à Varsovie - les forces eurosceptiques et europhobes sont loin de pouvoir envisager une majorité au Parlement européen. D'autant plus qu'ils s'opposent sur certains points tels que l'attitude à adopter face à la Russie.

Dans tous les cas, les sondages, annoncent des élections qui devraient marquer la fin du bipartisme entre chrétiens démocrates du PPE et les sociaux-démocrates (S&D), majoritaires ensemble depuis 1979 au Parlement européen.

En conséquence, les libéraux (ALDE), espèrent grâce notamment à une alliance avec les futurs élus macronistes devenir la troisième force du Parlement ce qui les rendraient incontournables. Les Verts espèrent aussi progresser.

Les recompositions d'alliances au Parlement européen détermineront l'attribution des postes clés des institutions européennes, à commencer par le successeur de Jean-Claude Juncker, membre du PPE, à la tête de la Commission européenne.

Comme l'a rappelé le porte-parole du Parlement européen, Jaume Duch "Personne ne pourra devenir président de la Commission sans avoir le soutien d'au moins 376 sur 751 députés européens".

Dans un entretien samedi à La Libre Belgique, Jean-Claude Juncker regrette pour sa part que "les extrémistes de droite, les populistes de toute provenance soient suivis dans leur raisonnement erroné par des partis politiques traditionnels", ajoutant qu'il ne "veut pas vivre dans un monde qui se caractérise par le rejet de l'autre".

(avec AFP)

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Commentaires
a écrit le 26/05/2019 à 11:22 :
Je me demande bien à combien est le létton tiens sur le cours européen du dumping social...Peut être que l'on peut en avoir trois pour le prix de deux roumains !
a écrit le 26/05/2019 à 8:47 :
Il faudra ajouter à cette analyse le fait que depuis belle lurette la France compte pou des prunes à Bruxelles en raison de la dispersion de ses élus. L'Allemagne restera maîtresse du jeu européen.
a écrit le 25/05/2019 à 19:02 :
Résumons .Dans le pays de naissance du chancelier Hitler les conservateurs étaient alliés à un parti d'extrême droite .M.Weber Bavarois de la CSU est un ami du chancelier autrichien dont il partage les opinions .A t il les qualités requises pour présider la Commission européenne ?Si les amis de mes amis sont mes amis pourquoi pas....

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