Espagne : comment la dette a atteint 100 % du PIB

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L'Espagne doit 1.095 milliards d'euros, 101,3 % du PIB.
L'Espagne doit 1.095 milliards d'euros, 101,3 % du PIB. (Crédits : © Sergio Perez / Reuters)
Selon la Banque d'Espagne, la dette publique espagnole a dépassé pour la première fois depuis 1909 le niveau de la richesse du pays. Explication d'un mouvement qui ramène l'Espagne à un passé qu'elle voulait oublier.

L'Espagne est entrée en mars 2016 dans le club des pays dont la dette publique dépasse le PIB. Selon les chiffres publiés jeudi 19 mai par la Banque d'Espagne, les administrations publiques espagnoles sont endettées à hauteur de 1.095 milliards d'euros, soit 101,3 % du PIB du pays. Le chiffre doit certes être pris avec précaution dans la mesure où les chiffres du PIB peuvent être révisés à la hausse, comme à la baisse. La meilleure croissance du premier trimestre 2015 a ainsi permis à l'Espagne de demeurer, à cette date, sous la barre des 100 % du PIB (à 99,8 % exactement), contrairement à ce qu'avait initialement annoncé la Banque d'Espagne.

Une position parmi les pays les plus endettés

Si ce chiffre symbolique est confirmé, l'Espagne rejoindra cinq autres pays de la zone euro parmi ceux qui ont une dette supérieure à la richesse nationale : la Grèce (dont la dette s'élève à 176,9 % du PIB), l'Italie (132,7 % du PIB), le Portugal (129 % du PIB), Chypre (108,9 % du PIB) et la Belgique (106 % du PIB). Grâce à sa forte croissance, l'Irlande est repassée sous cette barre symbolique, mais avec l'arrivée de l'Espagne, ce sont désormais quatre des cinq pays ayant connu la visite de la troïka qui sont au-dessus de ce niveau de 100 % du PIB.

En termes d'évolution, l'Espagne figure parmi les plus fortes hausses de l'endettement public dans la zone euro et l'Union européenne. A fin 2007, la dette publique espagnole se situait à 35,5 % du PIB. Le ratio a donc, depuis, été multiplié par 2,8. L'Irlande, endettée fin 2007 à hauteur de 23,9 % du PIB a fait pire, même avec la baisse récente, puisque ce ratio a été multiplié en huit ans par 3,8. En revanche, les ratios grec (mais la Grèce a restructuré sa dette à hauteur de 100 milliards d'euros en 2012), italien ou portugais ont progressé de moins de 100 %.

L'Espagne, ancien mauvais élève de la dette

Historiquement, ce niveau rappelle de fort mauvais souvenirs à l'Espagne. Selon les données de l'historien de l'économie de l'université de Alcalá de Henares, Francisco Comín, il faut remonter à 1909 pour retrouver un tel niveau de dette de l'économie espagnole. Dans son article de juin 2012 résumant ses travaux qui lui ont permis de reconstituer le parcours de la dette espagnole depuis 1850, Francisco Comín estime que le point haut du ratio d'endettement du pays date de 1879 où il était de 165 % du PIB.

Cet endettement était cependant réglé par la faillite, car l'Espagne a longtemps été un des principaux mauvais payeurs de l'Europe. La monarchie espagnole était, comme sa cousine française, une habituée des banqueroutes régulières pour financer ses dépenses. Mais si, en France, malgré la banqueroute de 1797, la révolution a rompu avec ses méthodes et placé le respect des créanciers de l'Etat comme priorité pour l'administration, l'Espagne n'a pas connu cette évolution et les pratiques anciennes se sont longtemps perpétuées. Le pays était connu au 19e siècle pour être le favori des spéculateurs d'effets publics. On pouvait gagner gros sur les intérêts promis... ou tout perdre sur une décision de Madrid. Selon les données de Carmen Reinhart et Kenneth Rogoff, l'Espagne a, depuis 1800, connu 13 restructurations ou défauts, un record en Europe et vécu 23,7 ans en état de défaut sur ses engagements, ce qui le place en cinquième position européenne.

Du reste, c'est ce qui explique que, selon les calculs de Francisco Comín, la dette espagnole n'a que modérément progressé durant la guerre civile espagnole (1936-39). En 1940, le ratio d'endettement était de 71,9 % du PIB en 1940 contre 67,6 % du PIB en 1933. Mais le régime franquiste n'a pas reconnu les dettes émises par le régime républicain. La guerre avait, par ailleurs, été plutôt financée par de l'émission monétaire que par de la dette.

La conversion espagnole à l'orthodoxie budgétaire

Ce passé de mauvais payeur a longtemps hanté les dirigeants espagnols qui se sont évertués, après la guerre civile, à réduire la dette. Le régime franquiste a réduit le ratio jusqu'à 9 % du PIB en ayant recours à des méthodes autoritaires, notamment la captation de l'épargne locale servie à des taux d'intérêts artificiellement bas, ce qui faisait jouer pleinement l'effet inflationniste. Après le retour de la démocratie en 1978, les gouvernements ont eu plus largement recours à la dette publique pour financer le développement du pays, mais dans des proportions plus raisonnables que beaucoup d'autres pays européens. Le ratio d'endettement est ainsi passé de 13,8 % en 1978 à 60,5 % du PIB en 1996, franchissant la barre des 60 % du PIB fixée par le traité de Maastricht.

Mais la réaction du gouvernement Aznar a été vive : pour « qualifier » le pays dans la zone euro et sauvegarder la bonne image du pays sur les marchés, l'Espagne a réduit fortement son déficit, dégageant régulièrement des excédents. De plus, grâce à l'accélération de la croissance dans les années 2000, alimentée par la spéculation immobilière, le ratio est redescendu à 35,5 % en 2007. On perçoit combien les dirigeants espagnols étaient soucieux d'effacer les souvenirs d'antan et de restaurer la crédibilité de l'Etat espagnol. Avec succès, car, au milieu des années 2000, la dette espagnole est très recherchée sur les marchés et elle bénéficiera même d'une prime par rapport à la dette allemande. L'Espagne est alors un exemple brandi par Bruxelles pour tous les pays de la zone euro. On comprend que l'explosion de la dette mette les Espagnols dans une situation délicate, face à un passé qu'ils auraient voulu oublier.

Mais cette orthodoxie budgétaire des années 1996-2007 n'a pourtant pas placé l'Espagne à l'abri de la crise de la dette. Pour une raison simple : la faible dette publique cachait en réalité une immense dette privée qui est une des raisons de la bonne santé, à l'époque, des finances publiques du Royaume. Après la crise, cette dette privée est devenue insoutenable. Elle a donc été reprise par l'Etat qui, pour faire face, a dû, en 2011, faire appel au Fonds européen de stabilité financière qui a réclamé au pays un régime d'austérité qui avait, en fait, débuté dès 2010.

Les raisons de l'explosion de la dette

La dynamique de la dette est un sujet complexe qui relève de plusieurs facteurs. Le Trésor espagnol a tenté d'identifier entre 2007 et 2015 les raisons de la hausse de la dette. Cette analyse relève que, jusqu'en 2011, le déficit primaire de l'Espagne a été le premier contributeur à la hausse de la dette, à hauteur de 25 points de pourcentage. Entre 2011 et 2015, ce même déficit a rajouté 10 points. Viennent ensuite les « éléments exceptionnels », lié entre autres au sauvetage bancaire, qui sont assez faibles entre 2007 et 2011 (2 points) et plus fort entre 2011 et 2015 (plus de 10 points). Enfin, les intérêts payés ont contribué à augmenter le stock de dettes de 7 points entre 2007 et 2011 et de 13 points entre 2011 et 2015.

La dynamique de l'endettement

Ce détail est intéressant, mais il ne rend pas compte des mécanismes en œuvre et donne l'impression de causes « indépendantes », ce qui n'est pas le cas. Le point de départ, on l'a vu, est l'explosion de la bulle immobilière. Cette explosion est le fruit des déséquilibres internes à la zone euro où certains pays dégagent de forts excédents qu'il faut rentabiliser. Parallèlement, l'unification de la zone euro a conduit à des taux bas en Espagne, ce qui a fait grimper le rendement immobilier et attirer les fonds en quête de forte rémunération. Lorsque les prix se sont effondrés, le secteur de la construction a massivement débauché et le nombre de cas de surendettement a explosé, conduisant à un recul de la demande intérieure. Ceci a doublement joué sur le déficit espagnol en réduisant les recettes et en augmentant les dépenses liées au chômage.

Effet boule de neige des intérêts

Cette situation a provoqué le doute sur les marchés et a augmenté les taux demandés, ce qui a conduit à une nouvelle augmentation du déficit et, partant, du besoin d'endettement. Or, cet effet d'intérêt est redoutable, car il provoque un « effet boule de neige » en renchérissant la dette. Il conduit alors à une aggravation des mesures austéritaires qui réduisent davantage les recettes fiscales et creusent le déficit. Dans le cas de l'Espagne, le sauvetage bancaire et l'appel aux Fonds européens de Stabilité financière (FESF) qui a imposé des politiques « d'ajustement » ont encore amplifié le phénomène. La hausse de la dette s'auto-alimente alors et le retour à la croissance ne suffit pas à le freiner. Selon le Trésor espagnol, la croissance a ainsi ôté 2 points de PIB à la croissance de la dette entre 2011 et 2015, alors que les intérêts ont pesé pour 12 points de plus...

Des taux bas, mais...

Quel avenir pour la dette espagnole ? Il existe quelques éléments positifs. D'abord, les taux sont désormais très faibles. Grâce à la politique de rachat de la BCE, ils sont historiquement bas. Le taux espagnol à 10 ans est proche de 1,5 % et est désormais inférieur à celui des Etats-Unis. Le problème, c'est que l'inflation espagnole ne décolle pas. Depuis juin 2014, l'inflation espagnole est nulle ou négative, ce qui renchérit les taux et empêche la dévalorisation du capital de la dette. Or, la « taxe inflationniste » est le moyen le plus efficace de réduction de la dette. Avec une inflation négative de -1,2 % en avril 2016, le taux réel espagnol à 10 ans est de 2,7 %. C'est moins qu'en juillet 2012, lorsque le taux de 7,2 % était compensé par une inflation de 1,8 %, mais c'est plus que voici dix ans, en avril 2006 où le taux réel espagnol était nul...

Croissance forte, mais...

Deuxième élément positif : la croissance est assez forte, mais on a vu qu'il faudrait une croissance plus forte et plus durable pour briser la dynamique. Même la croissance de 0,8 % au premier trimestre n'a pas suffi pour freiner la hausse de la dette. Le problème est que la croissance espagnole est une croissance fondée principalement sur la déflation : déflation salariale pour augmenter la compétitivité externe, et impact sur le pouvoir d'achat des ménages de la baisse du prix de l'énergie. C'est donc une croissance qui a un impact limité sur les recettes fiscales et qui ne réduit que de façon limitée les dépenses sociales, notamment celles liées au chômage qui reste très élevé (20,4 % de la population active) et qui ne descend plus depuis quelques mois. Si l'on ajoute l'approche des élections du 20 décembre où le gouvernement était en danger, on aura le cocktail qui explique le maintien à un niveau élevé du déficit espagnol à 5,1 % du PIB en 2015, ce qui a contribué à constituer ce nouveau record de mars 2016.

Mouvement lent et marges de manœuvre réduites

La Commission s'attend en fin d'année à un ratio de dette publique de 100,3 % du PIB, le FMI de 99 %. On voit que le point haut a peut-être été atteint, mais que la décrue sera limitée et longue. La marge de manœuvre espagnole est cependant limitée : baisser les dépenses comme l'avait demandé la Commission européenne, avant d'accorder mercredi un nouveau délai, conduirait à affaiblir la reprise et à aggraver la déflation. Il n'est pas à exclure que ce soit le choix fait par le gouvernement après le 26 juin. Mariano Rajoy, le président du gouvernement, a dit vouloir aussi baisser les impôts, donc les recettes, tout en restant dans les clous du pacte de stabilité, donc en baissant les dépenses. Ce serait un cocktail risqué pour l'économie espagnole. Face à ces solutions "classiques", Podemos et son nouvel allié IU ("gauche unie") réfléchissent à des moyens alternatifs pour rendre la dette moins contraignante. La dette est donc au cœur des enjeux politiques espagnols. Pour preuve : selon El Mundo, Berlin aurait demandé à Bruxelles de la compréhension pour soutenir la campagne de Mariano Rajoy...

Moyen de pression pour les Catalans

Sans compter que cette dette est aussi un moyen de pression des indépendantistes catalans qui menacent de laisser ces 1.095 milliards de dettes publiques à la charge d'un Royaume sans la Catalogne (17 % du PIB). Dans ce cas, le ratio passerait à 122 % avec des pertes de recettes fiscales importantes... Le chef du parti de la Gauche Républicaine Catalane (ERC), Oriol Junqueras, vice-président de Catalogne, a souvent évoqué ce moyen de pression en cas de dégradation de la situation entre Madrid et Barcelone. Cette dette risque donc de peser lourd à l'avenir dans le Royaume.

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Commentaires
a écrit le 23/05/2016 à 11:51 :
On peut prendre le sujet dans tous les sens, la dette espagnole (100 % du PIB) a plus de chance de se réduire que la dette française (97 % du PIB). Si l'inflation reste négative en Espagne, elle reste tout juste positive en France. Le point noir reste le chômage mais il est officiellement entre 19 et 20% mais le travail au noir conduit a ne pas comptabiliser des personnes au chômage qui ne touchent rien de l'INEM (ANPE espagnole) mais qui se lèvent tous les matins contre 1000 euros mensuels au black. Si nous en tenant compte le taux de chômage espagnol (l'économie dite souterraine représente autour de 20 % du PIB) est très proche voire en dessous du taux de chômage français.
La suppression des billets de 500 euros (l'Espagne détient 20% de ces billets, l'Allemagne autour de 60%), l'impossibilité de payer en liquide des montants supérieurs à 2000 euros et bientôt moins va faire remonter cette économie souterraine pour le bien des ibériques mais cela ne sera visible que dans la prochaine décennie.
a écrit le 23/05/2016 à 10:54 :
Juste un petit oubli nous y allons aussi vers les 100% d'endettement, car d'une année sur l'autre et malgré pour nous aussi des taux d'intérêts bas ou négatifs, nous augmentons continuellement notre endettement, sans doute pour 2016 à 96,7% du PIB et pire avec une hausse constante des dépenses publiques à 57,3% et des prélèvements obligatoires records de l'U.E. à 45,7%. Alors Messieurs la paille et la poutre!
a écrit le 22/05/2016 à 8:47 :
C'est pas grave tant qu'il y a de l'argent, L'Argentine s'en sort bien après un défault, (non remboursement de sa dette) et se sera bientot le tour de la Grèce, ce sont les banques qui finissent par payer la facture d'avoir été trop gourmandes ! Il faut arreter de se plaindre, le travail au noir cours les rues alors, allez bosser tous bande de fainéant a vous plaindre tout le temps, c'est pas la faute des autres encore moins des étrangers si vous mal dans votre vie !
a écrit le 22/05/2016 à 1:22 :
La "croissance par la déflation", et donc la montée de la dette...
Voilà ce que les éditorialistes n'évoquent pas quand ils nous tympanisent avec leur louanges maniaques de l'Espagne. A quoi servent tous ces efforts si la dette augmente sans cesse, et que le chômage reste à plus du double du nôtre ? Cette dissimulation volontaire (genre Nicolas Baverez) relève de la propagande malhonnête.
a écrit le 21/05/2016 à 17:51 :
La "Dette" pourrait ne pas exister si le financement des Etats n'avait pas été confié aux banquiers, donc aux spéculateurs. Il faut revenir à ce qui était AVANT 1973.
La "Dette" ne doit pas nous inquiéter, parce que c'est une ressource sûre pour ceux qui prêtent, particulièrement à la France , un pays qui sait faire rentrer les impôts. Car ce sont bien nos impôts qui permettent de rembourser les capital et surtout les intérêts de la "dette". S'il n'y avait plus à financer la "dette", où iraient se placer en toute sécurité les montagnes de pognon qui coulent sur la planète finance?
a écrit le 21/05/2016 à 13:51 :
Monsieur Godin,prochain article :l'Irlande qu'on nous cite en exemple pour sa croissance magnifique et ses taux d'imposition très bas.Il ne vaut mieux pas regarder l'évolution des dettes privées et publiques,c'est un cauchemar!
a écrit le 21/05/2016 à 12:59 :
L Irlande tout comme le Luxembourg et dans une moindre mesure la Hollande sont des pays parasites en europe
Ils attirent les sièges sociaux des entreprises qui ne paient plus leur Impot dans les pays européens où elles font leur activité / profit
Aberrant !
Réponse de le 22/05/2016 à 6:53 :
Qui Merkel a mis comme Président de l'ue.... Bizzare ???
Réponse de le 23/05/2016 à 18:39 :
Au sujet du Luxembourg, la question n'est pas la, ou très peu... La vraie raison est qu'il y a 70% d'expats a Lux ( professionnels) et 160 000 frontaliers tous les jours, qui font tourner l'économie !! Tant mieux pour Lux qui a su les attirer et les faire travailler, et tant mieux pour tous ces gens qui en profitent bien ( de leur travail).
a écrit le 21/05/2016 à 10:43 :
Malheureux Espagnol qui comme Ulisse ou autre grec grisé par le chant des sirènes ont réformés à tour de bras et se trouvent de plus en plus démunis ,.
Au lieu de prendre leur exemple comme un début de réflexion raisonnable nos économistes
des diners du siècle continuent d adorer le veau d or Allemand .Qui va les réveiller de leur hypnotisme financier ?
Car leur vrai savoir pourrait être utile à la nation .
a écrit le 21/05/2016 à 1:41 :
L Europe est au bout du rouleau

Les irlandais Luxembourg pays bas etc profitent du system pour se financer au dépend des autres pays
La mafia règne à bruxelle et les réformes ne viennent jamais

Les francais ont voter FN et partout en Europe le vent du raz le bol souffle

Les Moscovici et compagnie ont tue l Europe autant revenir au franc ca limitera nos capacités d endettement et nous fera payer nos bêtises
Réponse de le 21/05/2016 à 10:15 :
Mais non ! L'irlande est bien géré, d'où la baisse des taux, vous êtes idiot ou quoi ? Si la dette s'envole ici, c'est qu'on balance l'argent pas les fenêtres, on dépense toujours plus à l'approche des élections, mais sans les financer, il n'y a aucune baisse de dépenses en face. On va droit dans le mur, faudra pas vous plaindre les amis !
Réponse de le 21/05/2016 à 13:06 :
L'Irlande a fait partiellement défaut et s'est financée auprès de la France notamment (FESF).

Nos impôts et notre dette ont servi à redresser un pays qui a refusé d'aligner son IS sur le notre pour maintenir sa stratégie non coopérative.

La stratégie de l'Irlande dans l'UE est basée sur du dumping fiscal, autant dire du parasitisme.

Vous pouvez appeler cela de la bonne gestion si vous le souhaitez.
Et si la France va dans le mur ce n'est absolument à cause de la dette ou des déficits publics mais à cause de la bulle immobilière.!
a écrit le 21/05/2016 à 1:16 :
Les état surendettés devraient être financé sans avoir à reverser des intérêts.
Réponse de le 21/05/2016 à 10:30 :
Bah voyons ! Moi je vais voir mon banquier et lui demander d'effacer mes dettes ! Si tout le monde faisait comme ça, àa serait trop facile !

Et qui prends la paume ? Vous savez qu'en Grèce les créanciers se sont assis en 2012 sur 75 % de la dette ? Ca vous amuserait, vous, qu'on vous ponctionne votre compte pour apurer les comptes de votre voisin irresponsable qui dépense plus qu'il ne gagne et est donc très endetté ?

Moi pas. Le socialisme français a tellement annihilé la responsabilité individuelle qu'on attend tout de l'Etat, qu'on croit capable de tout éponger, comme la dette edf. Les yakafaukon qui vont vous sortir des débilités du style yakataxerlesriches ou yakataxerlesbanques etc...


Oui, merci on a vu avec les 75 %, ça n'a rien rapporté comme l'ISF mais au final ça a plus coûté car tous les riches sont partis sans parler de l'image désastreuse qu'on a l'étranger de nous.

Je serai investisseur, je n'investirai pas un kopeck dans ce pays, il faudrait être dingue, surtout en ce moment.
Réponse de le 21/05/2016 à 13:19 :
Vous avez raison Zoliv. Cela s'est fait pendant de nombreuses années ou nous avions une très forte croissance et depuis que nous ne le faisons plus nous sommes dans une croissance faible!

On peut même aller plus loin et ne pas exiger de remboursement de la dette.

Cela s'appelle du financement par création monétaire, ou de la monétisation de la dette.

Les USA, le Royaume uni, le Japon pratique avec succès.

La BCE le fait presque!

Toute analogie entre la dette publique et celle d'un ménage est une bêtise!
et pour répondre à Chris:

J'en ai rien à faire que des banquiers aient été assez idiots pour prêter à mon voisin. Si les banquiers ne savent pas évaluer ils peuvent changer de métier!
Par contre cela me gênerait que ma mairie rembourse la banque et fasse porter le risque sur l'ensemble des habitants de la commune!
a écrit le 21/05/2016 à 0:15 :
Tout vos arguments ne sont valables qu' au moment où l' on admet que l' état doit se financer et payer ses intérêts de dette au privé; ce qui n' est pas mon point de vue et que ce débat n' a jamais été réellement posé voir même établie en catimini car en surface technique.
Réponse de le 21/05/2016 à 10:36 :
En attendant c'est comme ça depuis 1973 et vous savez que ça sera toujours le cas, car sinon plus personne ne nous prêterait et la Banque de France ne peut pas nous prêter puisque on est sous tutelle de la BCE qui détient le monopole de création monétaire.

Et même si on quittait l'euro, on ne reviendrait pas en arrière.

Le socialsite Mitterand s'est bien financé sur les marchés, pourtant il y avait des communistes à l'époque dans notre gouvernement.
Si ça avait été possible, Pierre Mauroy l'aurait fait pour éviter la faillite de 83 qui a fait beaucoup de mal au PS. Or il ne l'a pas fait, et contraint par l'europe, déjà à l'époque au sein du SME, Mitterand tout florentin qu'il était n'a pas franchit le rubicon...


Donc c'est pas demain la veille qu'on changera les choses, puisque mélenchon ne sera jamais élu. Même le Fn élu n'oserait pas changer cela.
Réponse de le 21/05/2016 à 13:30 :
Prendre les 40 dernières années uniquement en Europe pour écrire TOUJOURS est presque comique.

Ce que vous décrivez n'est pas la réalité du monde depuis toujours y compris au cours de ces 40 dernières années, et les Etats ont TOUJOURS trouvé des créanciers même après des défauts!

Quant à l'Europe le serpent monétaire et l'Euro ne sont que des créations politiques, on ne peut donner un caractère naturel et perpétuel à une construction politique.

Ce que l'Homme a fait l'Homme peut le défaire.

Maintenant je vous concède que la France n'ayant plus le contrôle de sa monnaie, ou dit autrement étant endettée en monnaie étrangère (l'euro serait une monnaie étrangère en cas de sortie), elle se retrouve en danger comme tous les pays endettés en monnaie étrangère et une sortie de l'Euro serait extraordinairement couteuse.
a écrit le 20/05/2016 à 20:06 :
Très bon article, très bien documenté. Cependant, il serait bien de relire avant de publier pour corriger les fautes et erreurs.
a écrit le 20/05/2016 à 18:57 :
Les états européens sont shootés au crédit revolving, qui est une source reconnu de surendettement. Faut pas s'étonner du résultat...
a écrit le 20/05/2016 à 18:30 :
La France se rapproche également de ce seuil des 100%. S'il y'a une hausse des taux d’intérêts, on est cuit ainsi que nos voisins fortement endettés (l'Italie et l'Espagne pourraient être une cible de choix pour les spéculateurs dans un premier temps, notre tour viendra ensuite).
a écrit le 20/05/2016 à 17:51 :
L'ultra libéralisme ne paye pas en Espagne, ils n'ont meme pas d'emprunt a taux fixe comme en France, ils n'ont plus qu'a taxer l'essence, la drogue le tabac l'alcool le sel l'huile (tout pas cher en Espagne) tout ce qui est mauvais pour la santé pour avoir de nouvelles rentrée fiscales !
Réponse de le 21/05/2016 à 10:23 :
Commentaire ras des pâquerettes ! Les taux variables sont pour la dette privée ! L'Espagne pour sa dette publique, emprunte à taux fixe comme la France ! Simplement les provinces espagnoles, notamment avec les irresponsables de podemos ou les socialistes andalous, balancent l'argent par les fenêtres comme nos socialistes ici, d'où un déficit supérieur à 5 %.
Rajoutez à ça une prime de risque par rapport à la France pour tout un tas de raison (économie moins diversifié, créances douteuses de banques, pas de gouvernement depuis 6 mois , problèmes d'indépendance de la catalogne etc...) et voilà pourquoi l'Espagne emprunte plus cher que nous.

Ce qui sauve la France c'est la faible dette privée à taux fixe, et l'énorme actif immobilier (17 000 milliards) et financiers (on doit avoir 2000 milliards d'assurance vie au moins ) bref une énorme épargne.

Les créanciers se disent : bon les réformes c'est foutu en France, il n'y en aura jamais, mais au pire on leur ponctionnera leur compte comme à Chypre.

C'est prévu depuis le 1 er janvier 2016 vous savez !
Réponse de le 21/05/2016 à 13:42 :
Les Espagnols qui contrôlaient leur déficits publics et leur dette, avec un taux de chômage très faible ont pris une décision en 2008.

Ne plus travailler avec un bon du chômage de 5% à 25% et jeter l'argent par les fenêtres avec un déficit public et une dette qui ont explosé!

Argumentation consternante!

Comme c'était la droite au pouvoir la faute est rejetée sur les provinces et essayant de faire croire que les provinces sont toutes gérées par la gauche!
Réponse de le 21/05/2016 à 23:45 :
@gringo Mais non ! Les espagnols ont fait une sacré erreur en misant à fond sur l'immobilier, comme les Irlandais ce qui a ensuite plombé les banques et les particuliers d'où la flambée de la dette privée et publique dans ces deux pays, surtout avec des taux variables.

L'espagne a toujours été libérale même sous GONZALES dès 80, il trouvait mitterand trop ringard. La guerre civile a vacciné le PSOE de pencher trop à gauche et le franquisme la droite de pencher trop à droite, bref on passait du centre gauche libéral au centre droit disons un peu plus réac sur le plan des moeurs, mais les différences étaient tenus.

L'espagne avait peu de dettes car elle avait et a toujours très peu de fonctionnaires.

Et oui l'espagne est un pays quasi fédéral ,et rajoy a un mal fou à maitriser les déficits catalans ou andalous, je n'invente pas.

Les espagnols sont très bosseurs, c'est pas comme les français qui vivent du rsa, là bas si le chômage est si haut, c'est que vraiment il n'y a pas de boulot, c'est pas par feignantise de chercher comme ici.
a écrit le 20/05/2016 à 17:36 :
Ce n'est pas bien de copier sur son voisin !!!!
a écrit le 20/05/2016 à 17:27 :
Et en plus si les taux remontent , l'Espagne l'Italie le Portugal, la Grèce , attention a la déflagration !!!!!!
Réponse de le 20/05/2016 à 18:11 :
Il me semble que tu as oublié la France, qui contrairement à l'Espagne et l'Italie n'a pas fait de réforme et dont la croissance ne repartira pas de si tôt. La France ne pourra pas toujours vivre grâce à ces pays voisins, Suisse, GB, Luxembourg et Allemagne qui emploient beaucoup de chômeurs français potentiels et qui gagnent très bien leurs vies.
Réponse de le 20/05/2016 à 21:03 :
Ben voyons, encore un Cassandre qui finira par ravaler sa langue. De un, si, la croissance est de retour. De deux, la France a une économie diversifiée et résistante aux crises, elle l'a prouvé maintes fois. De trois, l'endettement privé y est faible, et le patrimoine élevé. De quatre, les Français travaillant dans les pays que tu cites ne représentent même pas 500 000 personnes, soit moins de 1/60ème de la population active française !

Essayer de nous faire croire que la France vit au crochet des pays cités est soit de la méconnaissance totale, soit de la mauvaise foi teintée d'arrogance. Je vous suspecte fortement d'être Suisse, ils adorent tenir ce genre de discours là bas, alors qu'ils emploient 150 000 Français, soit PEANUTS, et sont 500 000 à vivre en France (ils n'arrivent pas à devenir proprios chez eux, trop cher), qui est leur première destination ! Qui vit au crochet de l'autre, au final ?

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