Face au mécontentement, l'Allemagne entame un déconfinement progressif lundi

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(Crédits : POOL)
Face à la fronde populaire, dans un contexte électoral, certains commerces vont pouvoir rouvrir outre-Rhin. Un revirement qui s'accompagne d'une campagne massive de tests : tous les personnels des écoles et des crèches, ainsi que les élèves se verront proposer des tests antigéniques gratuits chaque semaine. Les entreprises devront aussi offrir des tests à leurs salariés. La plupart des restrictions sont toutefois prolongées au moins jusqu'au 28 mars.

Angela Merkel a accepté mercredi soir un déverrouillage progressif du dispositif anti-Covid en Allemagne, cédant à un mécontentement croissant dans l'opinion et au sein de son propre gouvernement à sept mois des élections législatives.

Après plus de neuf heures d'âpres négociations, la chancelière et les dirigeants des 16 Etats-régions du pays sont parvenus à un accord sur un calendrier d'assouplissements des mesures de confinement partiel en place depuis la fin de l'année dernière.

Ce dispositif anti-Covid n'est plus soutenu aujourd'hui que par un tiers des Allemands, contre deux tiers début janvier, selon un sondage YouGov publié cette semaine.

"Aujourd'hui, nous pouvons parler d'espoir et d'espérance", a affirmé lors d'une conférence de presse la chancelière allemande, estimant que son pays entrait désormais "dans une nouvelle phase" de la lutte contre l'épidémie rendue possible notamment par l'accélération des vaccinations.

L'Allemagne va ainsi autoriser le vaccin AstraZeneca aux plus de 65 ans, a annoncé la chancelière. Les délais entre l'administration de deux doses vont aussi être allongés, pour permettre la vaccination de plus de patients.

Lire aussi : Une vaccination étendue et des livraisons de l'UE pour tenir l'objectif des « 4 à 6 semaines »


La vie va cependant continuer de se dérouler au ralenti, la plupart des restrictions étant prolongées au moins jusqu'au 28 mars pour contrer la hausse des cas et la propagation du variant britannique, qui représente désormais 46% des infections.

Des tests massifs

Les réunions privées seront toutefois possibles, à partir du 8 mars, entre deux foyers, à condition de ne pas dépasser cinq personnes au total.

Librairies, fleuristes et auto-écoles, qui ont déjà rouvert dans certains Länder, pourront de nouveau accueillir des visiteurs dans tout le pays.

La chancelière a cédé face aux régions allemandes à propos d'un seuil d'incidence de 35 pour 100.000 en deçà duquel des assouplissements futurs seraient concédés.

Le seuil de 50, moins contraignant, a finalement été retenu pour ouvrir la voie, à partir de fin mars, à des réouvertures dans la restauration en plein air, les secteurs culturels et sportifs.

Au-dessus de 100, de sévères restrictions seront en revanche réintroduites.

Il reste toutefois du chemin à accomplir pour atteindre durablement le palier de 50, le taux d'incidence s'élevant mercredi à 64, en légère hausse ces derniers jours.

Une seule région, la Thuringe (ex-RDA), enregistre un taux supérieur à 100. Mais seulement deux présentent une incidence inférieure à 50 dans un pays où le Covid a tué plus de 70.000 personnes.

La stratégie d'ouverture du gouvernement veut aussi s'appuyer sur la pratique massive des tests antigéniques, un domaine dans lequel l'Allemagne manque encore d'efficacité.

Le gouvernement promet ainsi la mise à disposition de ces tests rapides, attendus sous peu dans les rayons des drogueries, pour que d'ici début avril, toute la population puisse se tester régulièrement et gratuitement.

Tous les personnels des écoles et des crèches, ainsi que les élèves se verront aussi proposer chaque semaine des tests antigéniques gratuits.

Les entreprises seront mises à contribution et devront offrir des tests à leurs salariés qui se rendent sur leur lieu de travail, une mesure qui n'enchante pas les organisations professionnelles.

Nombre de chaînes de magasins et de petits commerçants ont aussi tiré la sonnette d'alarme sur les risques de faillites massives des entreprises. Tous les commerces "non essentiels" sont fermés depuis mi-décembre.

Le vice-chancelier Olaf Scholz, par ailleurs candidat social-démocrate à la chancellerie, ne perd pas une occasion de fustiger l'inefficacité de la campagne vaccinale en Allemagne, où 4,4 millions de personnes (5,3% de la population) avaient reçu mercredi au moins une dose d'un vaccin.

Pour rappel, en France, au dernier recensement du 27 février, 2,9 millions de personnes avaient reçu au moins une dose.

Lire aussi : Le passeport vaccinal est-il juridiquement possible ?

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Commentaires
a écrit le 04/03/2021 à 15:05 :
Le vulgum pecus a bien été apeuré par les médias tout du long de l'année 2020, maintenant, il commence à sortir de sa léthargie, bientôt, la même chose en France ?
"Aujourd'hui, nous pouvons parler d'espoir et d'espérance" : Quelle dramatisation ! Tout ça pour une maladie qui a une mortalité comparable à celle de la grippe, quel cinéma.
a écrit le 04/03/2021 à 10:07 :
"Il reste toutefois du chemin à accomplir pour atteindre durablement le palier de 50, le taux d'incidence s'élevant mercredi à 64, en légère hausse ces derniers jours."

Le truc qui ne veut rien dire est devenu d'une banalité médiatique affligeante, au secours ! Des chiffres qui ne prouvent rien, qui ne démontrent rien, ça fait penser à cette invention des 3% de croissance pour être heureux. Tout ces experts en tout qui viennent déverser leurs conseils hystériques partout cela devient invivable.

Bravo au peuple allemand pour cette réaction saine face à des dérives oligarchiques certaines. Ou qu'au moins notre classe dirigeante nous explique pourquoi ils nous empêchent de vivre et pourquoi ils exterminent l'économie réelle au moins. Parce que nous parlons du bilan d'une grosse grippe saisonnière là et de rien d'autre !

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