L'éventualité du Grexit divise au sein de la zone euro

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Berlin envisage une sortie temporaire de la Grèce de la zone euro, d'une durée de cinq ans.
Berlin envisage une sortie temporaire de la Grèce de la zone euro, d'une durée de cinq ans. (Crédits : REUTERS/Yannis Behrakis)
Les ministres des Finances de la Zone euro ont transmis dimanche aux chefs d'Etat un document qui évoque noir sur blanc l'option d'une "sortie temporaire de la zone euro" de la Grèce, mais tous les ministres n'ont pas voté en faveur de cette proposition. La question du Grexit a été plusieurs fois abordée, notamment par l'Allemagne et la Finlande, mais plusieurs pays, dont la France et l'Italie, s'y opposent fermement.

Article publié à 11h10, mis à jour à 19h07.

"En cas d'échec à trouver un accord, la Grèce se verrait proposer de négocier rapidement une sortie temporaire de la zone euro, avec la possiblité de restructurer sa dette."

Un passage du texte de l'Eurogroupe qui s'est réuni dimanche 12 juillet à Bruxelles mentionne officiellement le Grexit, alors que la zone euro cherchait encore dans la soirée à parvenir à un accord. Indiqué entre crochet, la proposition n'a pas emporté l'adhésion de tous les ministres et il revient aux chefs d'État de la zone euro de trancher.

En coulisses, les prises de position quant à une éventuelle sortie de la Grèce de la zone euro se multiplient. Revue de détails.

Les pays qui l'envisagent

  • Sortie temporaire pour l'Allemagne

Selon un document qui a fuité samedi 11 juillet et détaille pour la première fois la forme que pourrait prendre un Grexi, Berlin envisage une sortie temporaire de la Grèce de la zone euro, d'une durée de cinq ans, si le pays n'améliore pas ses propositions de réformes qu'elle juge insuffisantes. Un tel scénario irait de pair avec une aide humanitaire pour la Grèce d'une part et des mesures pour renforcer les fondements de la zone euro d'autre part.

"Seule cette solution permettrait une restructuration suffisante de la dette grecque, qui ne serait pas conforme à une appartenance à l'union monétaire", poursuit le document en date de vendredi, soumis après qu'Athènes a fait de nouvelles propositions de réformes.

Ce document n'a pas été discuté lors d'une réunion de l'Eurogroupe à Bruxelles. "C'est un papier de préparation interne", a souligné une source proche des discussions. "Ce qui se passe, c'est que l'on veut humilier la Grèce et les Grecs ou renverser le gouvernement Tsipras", a déclaré à la chaîne Mega TV Dimitrios Papadimoulis, qui est également vice-président du Parlement européen.

  • La Finlande veut négocier la sortie de la Grèce

Le ministre des Finances finlandais Alexander Stubb a été sommé samedi par le Parlement de son pays de négocier une sortie de la Grèce de la zone euro, a affirmé le soir même la télévision publique Yle.

Selon des sources proches de ces négociations citées par Yle, c'est le parti eurosceptique des Vrais Finlandais qui est à l'origine de cette manoeuvre. Arrivé deuxième aux élections législatives en avril, il aurait menacé de faire éclater la toute jeune coalition gouvernementale finlandaise. Son président Timo Soini, ministre des Affaires étrangères, répète depuis des mois que la Grèce résoudra ses problèmes économiques en abandonnant l'euro et en dévaluant sa monnaie.

Les pays qui l'excluent

  •  La Grèce doit rester, estime l'Italie

Dans un entretien accordé au journal Il Messaggero, le président du Conseil italien Matteo Renzi assure qu'il va demander au gouvernement allemand d'accepter un compromis et de ne pas humilier Athènes.

"Le bon sens doit prévaloir et un accord doit être trouvé. L'Italie ne veut pas que la Grèce sorte de la zone euro et je dis à l'Allemagne: ça suffit !"

"Maintenant que Tsipras a fait des propositions qui répondent aux demandes [des institutions] européennes, nous devons absolument parvenir à un accord", estime pour sa part Matteo Renzi.

  • Le "trait d'union" français

S'il ne s'est pas exprimé directement sur la sortie de la Grèce de la zone euro, le ministre français des Finances Michel Sapin a expliqué samedi avant le début des travaux de l'Eurogroupe que :

"La France (...) est un trait d'union et nous jouerons ce rôle de trait d'union jusqu'au bout pour apporter notre contribution à une réussite qui est indispensable à tous."

Le 8 juillet, le Premier ministre Manuel Valls avait déclaré qu'"une sortie de la Grèce de la zone euro (...) serait un aveu d'impuissance", promettant de défendre Athènes jusqu'au bout.

  • Des conséquences "fatales" pour le Luxembourg

Le ministre luxembourgeois des Affaires étrangères, Jean Asselborn, a mis en garde l'Allemagne contre une sortie de la Grèce de la zone euro dans une interview au journal allemand Süddeutsche Zeitung à paraître lundi 13 juillet.

"Ce serait fatal pour la réputation de l'Allemagne dans l'Union européenne et dans le monde si Berlin ne saisissait pas la chance que présentent les offres de réformes avancées par la Grèce. Si l'Allemagne pousse à un Grexit, cela provoquera un profond conflit avec la France. Ce serait une catastrophe pour l'Europe."

"La responsabilité de l'Allemagne est énorme", poursuit le chef de la diplomatie luxembourgeoise.

Aller plus loin Pourquoi la Grèce n'a pas intérêt à négocier le Grexit

(Avec AFP et Reuters)

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Commentaires
a écrit le 12/07/2015 à 23:00 :
Une sortie "temporaire" de la Grèce de la zone euro est possible si aucun accord n’est conclu. Mettons là…. 50 ans ça vous dit ?
a écrit le 12/07/2015 à 22:33 :
J'espère qu'on ne va pas leur demander de se faire Hara-kiri, des fois que l'Allemagne le voudrait.
a écrit le 12/07/2015 à 19:42 :
Les unions monetaires a plusieurs etats sont instables et finissents toujours par eclater!
Le cas grec n est que le debut de l instabilite que ne ferra que s amplifier , la suite est previsible .
Réponse de le 13/07/2015 à 8:28 :
Je ne crois pas que la monnaie soit le sujet. Dans ou en dehors de la zone euro la Grèce a une dette impayable, par ailleurs la Grèce est à peu près dans le même état que la France de l'été 1944 c'est à dire que tout est à construire de A à Z : voilà les deux sujets, rien à voir avec la monnaie....
a écrit le 12/07/2015 à 19:42 :
Les unions monetaires a plusieurs etats sont instables et finissents toujours par eclater!
Le cas grec n est que le debut de l instabilite que ne ferra que s amplifier , la suite est previsible .
a écrit le 12/07/2015 à 16:31 :
Il vient d'être annoncé 6000 à 7000 migrants en difficultés en méditerranée...L’Italie serait déjà sur les lieux.
a écrit le 12/07/2015 à 16:22 :
A force de vouloir garder un petit, on va faire partir les gros, et là on aura l'air très malin.
a écrit le 12/07/2015 à 16:09 :
Demain soir, une partie de vos impôts locaux vont partir en fumée...Youpie !
a écrit le 12/07/2015 à 16:00 :
Et de trois!!
14/18
39/45
2015
Troisième fois que dans notre période moderne l'Allemagne cherche à détruire l'Europe, boycottons les!!
Réponse de le 12/07/2015 à 20:00 :
N'importe quoi... L'Allemagne veut des garanties claires et un calendrier avant de (re)prêter à un pays qu'on aide depuis 5 ans et qui n'a fait AUCUNE des réformes annoncées. Et c'est elle qui cherche à détruire l'Europe ? N'importe quoi... La stratégie de Tsipras est basée sur les gens simples comme vous qui se disent "l'Allemagne ne peut pas se permettre de se mettre l'Europe à dos car on la tiendra responsable, ça rappellera les 2 guerres". Vraisemblablement, on va céder à la Grèce pour des gogos comme vous. Vous pariez que d'ici 18 mois on reparle (encore) de la Grèce pour dire qu'ils n'y arriveront pas malgré le prêt ? ON PARIE ? Sur ce coup, l'Allemagne a raison.
Réponse de le 13/07/2015 à 9:22 :
Vraiment trop absurde, votre commentaire !!!
a écrit le 12/07/2015 à 15:56 :
Tous les cancres veulent garder la Grèce pour se cacher derrière. Hollande connait le sujet. La France est devenue un pays sans fierté. Hollande est bien son président, pas de doute ! Il manipule et tarabistouille en douce avec Tsipras et fait des oui oui à Merkel quand elle l'interroge. Quel petit lutin malicieux ! Quelle honte pour la France ! La descente n'est pas terminée....
Réponse de le 13/07/2015 à 8:33 :
Au fait, rappelez-moi s'il vous plaît les niveaux de dettes en France et en Grèce juste avant qu'Hollande et Tsipras n'arrivent au pouvoir ? Si ça n'était qu'une question de parti politique au pouvoir ça se saurait...
a écrit le 12/07/2015 à 15:05 :
Question: à combien se situent les dettes de l'Euro-zone ? pour montrer à ceux qui combattent vents contre marrées l'utilité ou non de l'Euro .
Réponse de le 12/07/2015 à 15:30 :
Quelle importance. Vous n'avez pas encore compris que les dettes ne seront jamais remboursées sauf à ruiner les populations. C'est ce qui s'est passé avec la Grèce avec ce système à la Maddof. L'Europe a prêté de l'argent pour rembourser ses dettes. Il arrive un moment oû cela n'est plus possible. A titre d'exemple, vous avez dû entendre parler des personnes qui souscrivaient des emprunts après d'organismes de crédits pour rembourser d'autres crédits, et ainsi de suite...Cela peut durer quelques années, mais au bout du compte vous vous retrouvez avec une multitude de crédits à rembourser chaque mois et arrive ce qui doit arriver. La plupart des pays de la zone Euro en sont là.
a écrit le 12/07/2015 à 14:33 :
Ca Ca bien finir

Car personne n'a intérêt à ce qu'a la grece quitte l'euro
Ca ne représente financement pas énormément

Il faut quand même faire peur à ces grecs qui commencent à nous pomper sérieusement avec leur bordels d'état et de promesses Demago

A la fin on va leur mettre des étapes pour les suivrez de pret

Il est vrai que personne ne ferait confiance a tsipras qui dit l'inverse chaque semaine et c'est pas une blague
a écrit le 12/07/2015 à 14:27 :
C'est peut etre une question "à la con) Mais il n'y à qu'a laisser l'Allemagne toute seule
pour faire avançer la zone Euro et dans 6 mois on en reparle!!!!!
Nous verrons bien les perdants et les gagnants !!!
a écrit le 12/07/2015 à 12:39 :
Le président du Conseil européen Donald Tusk a annoncé l'annulation du sommet européen prévu dimanche pour évoquer un éventuel sauvetage financier de la Grèce. C'est officiel.
a écrit le 12/07/2015 à 12:35 :
Pourquoi pas un Grexit ? Au moins, cela permettrait de voir les conséquences pour un pays de retrouver son autonomie. En espérant ensuite un effet papillon...Nous savons tous que la création de l'Europe n'a été fait que pour les touristes et les financiers. Combien de français moyens ont franchi la zone euro l'année dernière ? Perso, autour de moi, je n'en connais pas. Par ailleurs, on nous a tellement mentis quant aux bienfaits de l'Europe, que nos politiques ont perdu en crédibilité.
a écrit le 12/07/2015 à 12:32 :
C'est sur qu'il faut discipliner la Grèce. Mais la discipline sans la solidarité je n'en veut pas !!! Cela ressemble trop au III Reich.
Réponse de le 12/07/2015 à 13:40 :
Solidarite?? Continuez a payer pour des voleurs? Je ne veux pas rembourser un credit vous pourriez payer a ma place en signe de "solidarite"? A moins que vous ne soyez un terroriste anti democratique et que vous ne refusiez de payrr pour moi?
Réponse de le 12/07/2015 à 17:24 :
La réalité n'est pas si caricaturale. L'Eurogroup impose la politique greque depuis 3 ans. La plupart des économistes avait pourtant prévenu que cela tuerait la Grèce. Et l'Eurogroup a continué son massagre du pays.
a écrit le 12/07/2015 à 12:18 :
La Hongrie, l’Estonie, la Lettonie, Slovénie et la Lituanie sont massivement financées par l’Allemagne et par la France, les deux plus gros contributeurs de l’UE et de la ZE. Ces 5 nations ont la mémoire courte, et d’ailleurs font énormément de commerce avec la Russie jusqu’à être liées excessivement avec cette dernière. Nous faisons les chèques à ces pays et c’est Poutine qui encaisse.
Hongrie, Victor Orban est un facho qui vénère Poutine, et qui fait ses petites affaires majoritairement avec la Russie. S’il y a un pays à dégager de ZE, c’est bien celui-ci.
Que dire de la Finlande qui tripatouille aussi dangereusement avec la Russie.
En réalité, les nations les plus hostiles à la Grèce sont celles qui sont les moins intégrées à la ZE et pour lesquelles cette dernière n’a qu’un intérêt financier.
Pour ce qui est de l’Allemagne, elle a endetté massivement la Grèce en « toutes connaissances de cause ». En vendant des grosses berlines à l’administration grecque qui pouvait s’en passer. En vendant énormément d’armes jusqu’au dernier moment, notamment un contrat de plusieurs milliards pour des sous-marins. Et dans le même temps pour motiver les grecs sur les achats d’armes, l’Allemagne en vendait aussi massivement à la Turquie (genre les ventes d’armes dans le film « Le jouet », lorsque Blier a un téléphone dans chaque main et fait gonfler les contrats de deux nations).
L’Allemagne est aussi celle qui a trainé (freiné) l’aide à la Grèce pendant que cette dernière s’enfonçait, chaque jour les dégâts augmentaient.
Il y a deux bavures au sein de la ZE, l’Allemagne et son paradis fiscal favori, les Pays Bas, tous deux souvent alliés au Royaume-Uni et son Danemark, contre les nations du sud. C’est aussi l’Allemagne qui a imposé une austérité à la con et aura planté la croissance de l’UE pour protéger ses vieux et leurs retraites.
Tous les experts s’accordent maintenant pour reconnaitre que l’austérité et l’obstination d’obtenir les 3% aux plus vite, en diminuant tous les budgets européens ensemble, a été une superbe connerie que nous payons tous encore, et pour longtemps. Evidement, l’Allemagne toujours droite dans ses bottes ne reconnaitra jamais sa faute et s’obstine même (plus modérément il est vrai) afin de ne pas se désavouer.
Tonton Schäuble en est l’exemple type.
Pour que la ZE vive bien et avance, l’idéologie financière minoritaire devrait la quitter, donc exit l’Allemagne et les Pays Bas. Pour l’Euro, Merci.
Réponse de le 12/07/2015 à 12:42 :
Encore de la propagande de l'OTAN sur nos forums. Dite-nous, le trollotan anonyme, vous touchez en dollars ou en euros pour venir ici nous faire votre "sermon du dimanche" ? :-))
Réponse de le 12/07/2015 à 12:59 :
Commentaire ridicule de mauvaise foie et de jalousie envers les réussites libérales du nord et de l'est qui marchent, c' est ca qui vous fait suer.
Réponse de le 12/07/2015 à 13:28 :
tonton schauble, j'aurais plutot dit papi schauble.
qu'il commence a prendre sa retraite ce deputé de 72ans et l'europe dans son ensemble ira mieux.
Réponse de le 12/07/2015 à 13:43 :
Ok on vous laisse avec les socialistes francais, espagnols, grecs et Italiens le resultat dans 20 ans sera surement meilleur que dabs des pays bien geres du nord.
Réponse de le 12/07/2015 à 14:24 :
Faut dégager la Hongrie de la zone euro ? Mince, a chaque fois que j'y vais, faut que je change mes euros en Forint ! On m'aurais menti ? Nem jó.
a écrit le 12/07/2015 à 12:17 :
Aidons la Grèce à sortir de l'Euro sans mal et en suspendant sa dette pour qu'elle puisse elle même mettre en place ses propres réformes.
a écrit le 12/07/2015 à 12:11 :
MERCI La Finlande
Enfin 1 pays SERIEUX en gestion de l'argent des contribuables
Réponse de le 12/07/2015 à 15:58 :
Absolument pas! Ce sont les fachos qui imposent le grexit en menaçant de faire péter la coalition au pouvoir, si ça vous fait rêver moi pas!
a écrit le 12/07/2015 à 11:51 :
L'ultra gauche française alliée objectif de l'église orthodoxe grecque et des armateurs ,c'est ça le miracle grec
a écrit le 12/07/2015 à 11:40 :
Vietnam, Cuba, la grenade et maintenant la Grèce... ils sont prêts à tout pour éliminer la gauche.
Réponse de le 12/07/2015 à 12:11 :
On reconnait votre patte Corso...Vos commentaires sont toujours à votre hauteur d'un poisson rouge.
a écrit le 12/07/2015 à 11:40 :
Vietnam, Cuba, la grenade et maintenant la Grèce... ils sont prêts à tout pour éliminer la gauche.
Réponse de le 12/07/2015 à 12:45 :
Cuba ??? pas que je sache. Lisez les bons livres d'Histoire, c'est très enrichissant pour la connaissance. ;)
a écrit le 12/07/2015 à 11:26 :
C'est reparti comme em 14 et en 39.
L'Allemgne exige et ordonne, il n'y a plus qu'à attendre Stalingrad!
Réponse de le 12/07/2015 à 12:07 :
Incorrigibles ces allemands!!!

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