Le Français Michel Barnier négociera la sortie du Royaume-Uni de l'UE

 |   |  580  mots
Michel Barnier
Michel Barnier (Crédits : Reuters)
Le Français Michel Barnier, ancien commissaire européen aux Services Financiers, vient d'être chargé par l'exécutif européen de négocier les modalités de la sortie du Royaume Uni de l'Union européenne. Il est considéré comme la "bête noire" par la City, pour avoir réglementé davantage les activités financières après la crise mondiale liée aux "supprimes".

Le Français Michel Barnier, désigné mercredi pour négocier au nom de l'exécutif européen la sortie du Royaume-Uni de l'UE, est l'architecte de l'Union bancaire européenne et passe pour être la "bête noire" de la City.

"Après toutes ces années où il a été diabolisé par la City, souvent d'ailleurs de manière très injuste, la Commission européenne n'aurait pas pu adresser un message plus ferme aux Anglais", a commenté auprès de l'AFP Jacques Lafitte, fondateur d'Avisa Partners, un cabinet de conseil bruxellois.

Engagé en politique depuis plus de 40 ans et Européen convaincu, Michel Barnier fut l'un des membres les plus actifs de la "Commission Barroso II". Entre 2010 et 2014, il détenait en effet dans l'équipe présidée par le Portugais José Manuel Barroso le portefeuille clé du Marché intérieur et des Services financiers.

Remise en ordre du système bancaire européen

Dans le cadre de ses fonctions, il n'a pas ménagé ses efforts pour combattre la crise de la dette de la zone euro qui a bien failli faire échouer le projet de la monnaie unique, tout en remettant de l'ordre dans le système bancaire mal en point.

Nombre de règles ont changé pour le secteur financier sous son impulsion: encadrement plus strict des agences de notation, mise en place de sanctions pénales en cas d'abus de marché, prêts immobiliers plus sûrs et plus transparents, nouveau cadre réglementaire pour le secteur des assurances.

Une activité régulatrice qui a fait grincer des dents à Londres, première place financière en Europe. En novembre 2011, le quotidien britannique des affaires Financial Times relevait d'ailleurs dans un article intitulé "Barnier contre les Brits": sa nomination par le président français Nicolas Sarkozy "pourrait un jour être vue comme le pire échec diplomatique de la Grande-Bretagne à Bruxelles".

"Un affaiblissement collectif"

L'intéressé, haute stature et regard clair sous une abondante chevelure blanche, insistait alors au contraire régulièrement sur la nécessité de "garder les Britanniques à bord" dans les dossiers financiers. Il était secondé --certains observateurs disaient neutralisé-- par un directeur général britannique, Jonathan Faull.

Dans un entretien à BFM TV quelques jours après la décision par référendum des Britanniques de sortir de l'Union européenne, il avait estimé que c'était "un affaiblissement collectif".

"Nous garderons avec les Britanniques, au-delà du Brexit, une communauté d'intérêt, en particulier pour tout ce qui touche à la sécurité collective", avait-il assuré.

Son dernier poste de commissaire européen avait en tout cas renforcé la réputation de grand travailleur de Michel Barnier qui, peu familier des dossiers financiers au moment de sa prise de fonction, s'était préparé intensément. Moins à l'aise que la plupart de ses collègues commissaires avec l'anglais, il truffait ses interventions en français de termes techniques dans la langue des affaires.

Ce Savoyard, né le 9 janvier 1951 à La Tronche (Isère), rappelle volontiers qu'il est un "montagnard", un pragmatique doté de bon sens, manière de transformer en atout ce qui, en France, peut constituer un handicap: ne pas faire partie du sérail parisien et ne pas sortir de l'ENA mais, dans son cas, de l'Ecole supérieure de commerce de Paris.

Récemment, Michel Barnier était conseiller pour le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker dans les affaires de défense.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 01/08/2016 à 14:25 :
J'espère qu'un jour, les gens vont comprendre la différence entre anglais et britannique. C'est tout le Royaume Uni, qui risque de partir de l'Union Européenne, pas uniquement l'Angleterre.
a écrit le 28/07/2016 à 15:45 :
je suis entièrement d'accord avec dilemblue a quoi bon refaire un traité différent avec les anglais,les traités sont prêts, ce sont les même que pour la Norvège et la Suisse qui payent pour avoir accès au marché européens
ne faisons pas un traité différent avec chaque pays (je sais que les politiques européens aiment la lourdeur , mais quand même soyons pragmatiques)
Réponse de le 28/07/2016 à 22:32 :
Il y aura au moins une différence et de taille : bien que formellement non membres de l'UE puisque l'ayant toutes deux refusé par référendum, Suisse et Norvège appliquent Schengen, plus la totalité des textes et normes de l'UE sans avoir la moindre voix au chapitre pour les discuter, et en plus elles financent de façon très significative le budget de l'UE. Je doute que les britanniques aient voté pour se libérer du "carcan de l'UE" pour en accepter un autre encore bien plus contraignant. Donc clairement, les britanniques chercheront à négocier des "opt-out" par rapport aux traités qui lient l'UE à la Norvège et la Suisse.
a écrit le 28/07/2016 à 10:20 :
Oui oui d'ailleurs elles sont tellement réglementées les activités financières que ce sont elles qui dirigent le monde.

Enfin pour que l'europe le prenne c'est qu'elle en veut vraiment aux anglais ou bien a t'elle réellement peur de se faire plumer ?
a écrit le 28/07/2016 à 9:25 :
Sans vouloir faire de procès d'intention, je crois que le fait 1) qu'il ne maîtrise pas la langue anglaise et 2) qu'il ne soit pas financier de formation vont être des handicaps majeurs pour négocier. Mais bon, on verra :-)
Réponse de le 28/07/2016 à 18:06 :
Mais il n'y a pas que la langue anglaise que diable. L'anglais est passé dU STATUT de langue à celui de moyen de communication; c'est tout. Aujourd'hui elle n'a pas plus de sensibilité et de musicalité que le protocole HTTP.
a écrit le 28/07/2016 à 8:44 :
Je vois Mr Barnier comme le Jack Lang européen, un vrai sparadrap...j'ai l'impression que le vois apparaitre tel un Pokemon à intervalles réguliers depuis...ben je ne peux même plus me rappeler. Bon ben vu qu il est accroché, bon travail à lui et bon courage avec la perfide Albion.
a écrit le 28/07/2016 à 4:37 :
On rigole bien en lisant les appreciations des uns & des autres sur Mr Barnier: Comme si c'etait quelqu'un de la famille, certes un peu eloigne mais du premier cercle.
Il n'est pas etonnant que la France soit "a la ramasse" comme dit ci-dessous.
Les francais vont voter Juppe en 17 et vous en ramasserez encore pour 5 ans, And so on.
Vive la France.
Réponse de le 28/07/2016 à 18:13 :
Compatissant à votre douloureuse résignation, je voudrais vous rassurer en vous disant que je voterai pour vous et ... Vive la France 😊.
a écrit le 27/07/2016 à 18:20 :
après avoir trahi le vote des français en 2005 il va gérer le choix du peuple anglais , pas trop crédible !
Réponse de le 28/07/2016 à 22:38 :
Et encore la rengaine du vote de 2005 trahi. Le TCE n'est pas entré en vigueur donc ce vote n'a pas été trahi. Par la suite, un autre traité, celui de Lisbonne, a été ratifié par voie parlementaire, ainsi que le président (confortablement élu en 2007 avec un nombre de voix largement supérieur à celui obtenu par le non en 2005) s'y était très explicitement engagé lors de sa campagne. Il n'y a donc rien à y redire ni à ressasser.
a écrit le 27/07/2016 à 16:54 :
Je suis très contente qu'il se montrera à la hauteur de ce nouveau défi et nous aidera, tous, à développer un nouveau partenariat avec le Royaume Uni quand il aura quitté l'Union Europénne.
a écrit le 27/07/2016 à 16:25 :
le niveau d'inculture politique et le nombrilisme des commentateurs expliquent pourquoi la France est à la ramasse, à force de dénigrer et de se fossiliser dans l'attitude d'assistés chroniquement insatisfaits. J'espère que Barnier fera cracher leurs dents aux spéculateurs londoniens de la City, qui ont sans pudeur joué contre l'Europe et l'euro et beneficient depuis 40 ans de privilèges exorbitants sur le marché continental. Sa mission non écrite est de depecer la City aux profit des bourses VRAIMENT européennes, pour le plus grand bien des citoyens de l'UE.
Réponse de le 27/07/2016 à 18:11 :
Je suis peut-être un inculte politique. Mais je ne suis pas une grenouille de bénitier d'un parti politique, syndical ou d’une association. Il faut être très niais voir benêt pour croire que la City va être dépecée ou déménager à Paris ou Berlin. Une banque sera toujours plus forte que le politique. Il était impossible que le Brexit soit possible d'après les pseudos "experts". L'élite de la médiocrité européenne, aveugle et sourde, n'a pas prévus de plan B, la sortie. J'espère qu'elle travaille à la probable victoire de Trump. Sinon nous allons être très embêtés début 2017. Pour moi, c'est le rôle des élus de prévoir l'impossible, l'improbable. De servir la nation, l’Europe pas de se servir de ceux-ci à titre personnel. A moins que l’UE soit une grenouille, béni-oui-oui. Merkel va faire en sorte de ne pas perdre ses exportations vers l’Angleterre qui sont plus élevées que celles de la France. Il faut arrêter de croire à la légende urbaine du couple ou moteur franco-allemand. Merckel ordonne, Hollande dit bien madame. Nous sommes déjà passé du très vite d’ Hollande à la prise de temps et de réflexion allemand pour le dépôt de l’article 50.
Réponse de le 28/07/2016 à 18:30 :
@Benoit
Madame Merkel n'ordonne rien. Elle "surfe" sur le travail de Gerhard Schröder qui lui même a "surfé" sur le travail de Peter Hartz, ex directeur du personnel de Wolkswagen qui a fait les lois éponymes à la mesure du patronat allemand. Sa bête noire et Grand Argentier Wolfgang Schauble lui compte ses sous. La préoccupation de la "merkantile" Madame Merkel n'est pas l'Europe; elle est d'exporter ses produits manufacturés. Ce n'est pas une luthérienne pour rien 😊
Réponse de le 29/07/2016 à 10:40 :
@benoit : la City ne sera ni déménagée ni dépecée, certes, mais si les banques britanniques perdent leur passeport européen, elle sera marginalisée, au profit sans doute de Francfort, voire de Luxembourg ou d'Amsterdam. Elle ne pourra conserver son statut de principale place boursière européenne que si le RU accepte pleinement le grand marché européen, et donc en paie le prix en termes d'application des textes et normes européennes et de participation au budget de l'UE, à peu près d'ailleurs au niveau actuel. Comme aurait dit Maggie (qui, bien que notoirement eurosceptique, s'est bien gardée d'engager la sortie du RU de l'UE), there is no alternative.
a écrit le 27/07/2016 à 15:50 :
Avec le baudet des Alpes ...les anglais sont ravi ...d'avoir un interlocuteur de ce niveau....!
Réponse de le 27/07/2016 à 19:50 :
@pipolino;
vas voir la presse Anglaise...Ils n' ont pas le même opinion que toi!,
c' est peur sur la ville ( City )Ils auraient préféré un belge mandaté par Tusk.
Réponse de le 28/07/2016 à 18:38 :
Vous devriez vous proposer pour le remplacer; après tout un âne vaut bien un baudet.😂
a écrit le 27/07/2016 à 15:30 :
Avec ce technocrate, les anglais n'ont rien à craindre. Il est libéral pur jus , pour la mondialisation etc ... C'est ce genre de responsable qui provoque le rejet de cette UE
composée de fonctionnaires grassement payés et très éloignés de la réalité de la vie
quotidienne des populations.
a écrit le 27/07/2016 à 15:26 :
Y a pas a négocier, les traités sont prêts, ce sont les même que pour la Norvège et la Suisse qui payent pour avoir accès au marché européens, la GB a pris sa décision, elle doit préparer son carnet de chèque !
a écrit le 27/07/2016 à 15:09 :
Avec un tel personnage, nous avons déjà perdu avant d'avoir commencé les négociations. Dommage pour nous. Pathétique Europe.
a écrit le 27/07/2016 à 14:55 :
Un pur politicien français avec tout ce que cela a comme arrière pensée négative a cela s'ajoute technocrate européen avec un autre point négatif un commissaire , un vieux politicien, il a commencé sous Poujade. Nous sommes en plein dans la nomenklatura et je suis loin de penser qu'il défendra les intérêts de l'Europe des 27.Sera t il le déclencheur du domino, sera t il celui qui vendra l'Union pour une petite île dans le monde économique. Personnellement je n' ai aucune confiance dans ce Monsieur arrogant comme tout bon politicien national et européen.
Réponse de le 28/07/2016 à 18:36 :
Allons, pas de "jeunisme" primaire; l'esprit de "nomenklatura" et l'arrogance sont le lot de toutes les générations confondues. Il n'y a pas plus sot que celui qui croit avoir toujours raison.
a écrit le 27/07/2016 à 13:45 :
un très choix , M. Barnier est un homme d'expérience , qui s'est bien battu pour ses convictions et qui saura défendre nos intérêts
a écrit le 27/07/2016 à 13:44 :
Il fut le grand acteur avec J C Killy des JO d'Alberville.Mes respects a cet homme
Réponse de le 27/07/2016 à 15:03 :
genial, il a fait des JO il y a plus de 20 ans (grace auxquels les savoyards doivent encore payer des impots supplementaires ?) ca le qualifie donc pour negocier le brexit ?
Il pense graisser la patte a Mme May comme il l a fait au CIO a l epoque ?

Sinon pour ajouter un element moins positif a ce portrait flatteur, Barnier c est aussi l homme qui a au moins couvert le fonctionnement d incinerateur hors norme a Albertville et a empoisonner a la dioxine le voisinage dudit incinerateur
http://www.lemonde.fr/societe/article/2010/11/29/ouverture-du-proces-de-la-dioxine-a-alberville_1446241_3224.html
https://fr.wikipedia.org/wiki/Albert_Gibello

Évidement il a pas ete condamne, on est en France que diable ...

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :