Manifestation géante à Londres pour un nouveau référendum sur le Brexit

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(Crédits : HENRY NICHOLLS)
"UE, je t'aime": des centaines de milliers de personnes défilaient samedi à Londres pour réclamer un nouveau référendum sur le Brexit, en pleine incertitude sur la possibilité que la Première ministre Theresa May présente à nouveau son accord de divorce aux députés.

"UE, je t'aime": des centaines de milliers de personnes défilaient samedi à Londres pour réclamer un nouveau référendum sur le Brexit, en pleine incertitude sur la possibilité que la Première ministre Theresa May présente à nouveau son accord de divorce aux députés.

"Nous demandons un vote populaire", "Quitter (l'UE) ne marchera pas", "Révoquons l'article 50 (du Traité de Lisbonne, qui régit la sortie d'un pays de l'UE)", pouvait-on lire sur les pancartes des manifestants. En début d'après-midi, la foule, massive, dense et enthousiaste défilait dans le centre de la capitale britannique, non loin des bureaux de Theresa May au 10, Downing Street, chantant des airs anti-Brexit et brandissant des drapeaux européens, parfois en forme de coeur.

Theresa May en prenait d'ailleurs pour son grade, avec de nombreuses caricatures la dépeignant en dirigeante complètement dépassée par les événements. "C'est la première fois de ma vie, à l'âge de 62 ans, que je participe à quelque chose comme ça", a déclaré Rob Worthy, sur la BBC, disant être venu pour ses "enfants" et "petits-enfants". L'organisation "People's vote", qui milite pour un nouveau référendum, a estimé à environ un million le nombre de participants, Scotland Yard ne fournissant aucun chiffre de son côté. Une manifestation similaire en octobre avait réuni près de 700.000 manifestants dans la capitale britannique.

"Mauvais accord"

Cette marche intervient deux jours après la décision des dirigeants européens d'accorder au Royaume-Uni un report du Brexit au-delà de la date initialement prévue du 29 mars, fixant désormais au 12 avril au plus tôt l'échéance fatidique, près de trois ans après le référendum qui a décidé d'une sortie de l'UE.

Farouche opposante au Brexit, la Première ministre écossaise, Nicola Sturgeon, qui participait à la manifestation, a appelé ceux qui rejettent une sortie de l'UE à profiter "au maximum de l'opportunité" offerte par le délai accordé par Bruxelles. "Nous devons éviter à la fois la catastrophe d'un 'no deal' et les dégâts qu'engendrerait le mauvais accord de la Première ministre" Theresa May, a-t-elle déclaré.

L'option d'un second référendum avait été rejetée le 14 mars par la Chambre des communes, et rencontre également l'opposition de Theresa May, mais ses partisans espèrent que le chaos ambiant au Royaume-Uni finira par rendre cette option inévitable.
Samedi également, la pétition en ligne demandant au gouvernement de renoncer au Brexit dépassait les 4,3 millions de signataires, un chiffre record pour une telle initiative sur le site du Parlement.

Theresa May tentait péniblement de son côté de rallier les soutiens derrière son accord de retrait de l'Union européenne, afin de le soumettre au vote des députés la semaine prochaine, et dont l'adoption permettrait, selon les conclusions du sommet européen, un court report technique du Brexit jusqu'au 22 mai.

May est devenue un "obstacle"

Mais l'affaire est loin d'être gagnée: conclu après 17 mois de difficiles négociations avec Bruxelles et destiné à mettre en oeuvre un Brexit en douceur, le texte est très loin d'avoir convaincu les députés britanniques qui l'ont déjà rejeté, massivement, à deux reprises, le 15 janvier puis le 12 mars.

Signe des difficultés à venir, le petit parti nord-irlandais DUP, qui assure à Theresa May une fragile majorité absolue au Parlement, a estimé que la Première ministre avait "raté une occasion" d'améliorer son accord de divorce lors de sa rencontre avec les dirigeants de l'UE.

Sentant venir à nouveau le vent du boulet, la dirigeante conservatrice a prévenu dans une lettre adressée aux députés qu'un troisième vote pourrait ne pas avoir lieu, "s'il apparaît qu'il n'y a pas suffisamment de soutien pour représenter" l'accord. Une autre option était discutée à Londres: la possibilité d'organiser une série de votes indicatifs pour déterminer les desiderata du Parlement.

Critiquée de tous côtés, semblant naviguer à vue, la Première ministre affrontait en outre des "pressions" pour "fixer la date de son départ" de Downing Street, rapportait le Times.
Dans un éditorial, le quotidien juge également que la dirigeante a fini par devenir un "obstacle" à la résolution des difficultés sur le Brexit. "Si elle ne parvient pas à faire adopter son accord par le Parlement en début de semaine prochaine, il faudra qu'elle se retire pour permettre à un Premier ministre intérimaire d'orienter le pays vers des eaux plus sûres", en conclut le journal.

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Commentaires
a écrit le 25/03/2019 à 10:11 :
Plusieurs centaines de milliers de manifestants a Londres : combien de véhicules brûlés, combien de magasins pillés, combien de blessés ?
a écrit le 24/03/2019 à 22:25 :
Voilà un référendum qui a été fait que pour convenance personnelle (promesse pour que Cameron soit réélu), un électorat qui vote en répondant à sa propre question et non à celle posée, aiguillonné en cela par les mensonges des politicards ( Johnson et Farage) qui s'en lavent les mains le lendemain des résultats, car ils n'avaient aucun programme digne de ce nom, on en arrive à la tragédie shakepearienne actuelle.
a écrit le 24/03/2019 à 16:17 :
Les GB 3 ans pour ne rien faire .
Les Francais 5 mois pour ne rien dire
Meme combat , faire taire la populace .
Réponse de le 25/03/2019 à 22:09 :
En France comme au UK, c'est la populace qui a plongé le pays dans la mouise, les naïfs pro-brexit qui ont cru aux bobards des Johnson-Farrage (ce dernier ayant lui-même reconnu ses mensonges 48h après le référendum), et les boulets jaunes en France.
a écrit le 24/03/2019 à 15:14 :
des "centaines de milliers" de personnes. Des pitoyables pleutres incapables de réfléchir par eux-mêmes, qui ont peur de retrouver liberté et véritable indépendance. Espérons que les Britanniques auront le courage d'aller au bout du Brexit, eux qui ont une croissance et un taux de chômage propres à faire rêver tous les nervis européens, les français en tête. petite question : que représentent des "centaines de milliers" de ploucs par rapport à une population de plus de 66 millions d'habitants ?
Réponse de le 25/03/2019 à 10:32 :
votre commentaire est à l'image de votre pseudonyme
Réponse de le 25/03/2019 à 10:39 :
Ah ah, la croissance UK, comme quoi l'appartenance à l'UE apporte des bénéfices !
a écrit le 24/03/2019 à 11:51 :
'Fromage not Farage', comme on pouvait lire sur une pancarte de manifestants. :-)
a écrit le 24/03/2019 à 9:48 :
L'Europe ne fait plus rêver et même si nos amis Anglais revenaient nous en serions toujours au même point à attendre "l'explosion" finale". L'Europe est plurielle et chaque pays est particulier, Barosso ne disait-il pas que l'Europe est un Empire sans empereur, pendant ce temps c'est l'Empereur Chinois qui fait ces courses. Une solution reste possible, par exemple de redécouvrir les idées de Maurice Allais, notre seul prix Nobel d'économie, (Sa lettre aux Français - Marianne - 2009) Extraits "Le fondement de la crise: l'organisation du commerce mondial - Un protectionnisme raisonné et raisonnable - Si on croit à l'efficacité du marché, c'est a condition de le corriger par une redistribution sociale des revenus illégitimes". Ou bien ne rien faire et nous noyer dans la dette...
Réponse de le 25/03/2019 à 14:11 :
Quelle explosion finale ? L'explosion d'une chine prise en étau de la contrainte démocratique, et le développement économique a tous prix ?
L'explosion du modèle US, qui n'en finit pas de s'effondrer depuis la fin de la guerre froide ?
L'UE a moins de problèmes que la Chine et les USA.
Réponse de le 25/03/2019 à 22:13 :
"Maurice Allais, notre seul prix Nobel d'économie" Jean Tirole, prix Nobel d'Economie 2014, sera ravi de l'apprendre.
a écrit le 24/03/2019 à 9:13 :
Inutile de blamer Theresa, c'est grâce à elle que vous êtes dans la rue. Par contre c'est bien à cause de Farage et Johnson que vous en etes arrivés là. Que votre cause l'emporte.
Réponse de le 25/03/2019 à 22:16 :
Il faut espérer qu'un jour ou l'autre Johnson et Farrage devront rendre comptedevant un tribunal pour haute trahison de leur pays de l'ensemble de leurs mensonges.
a écrit le 24/03/2019 à 9:10 :
Une belle diversion, si c'est pensé, comme il y a peu de chance que cela ne le soit pas, c'est bien pensé.
a écrit le 24/03/2019 à 8:25 :
La Grande Bretagne doit quitte l Europe respect du referendum en plus ils non pas la monnaie européenne pas de cadeau ?
Réponse de le 25/03/2019 à 22:27 :
Qu'y a-t-il de respectable dans un référendum où l'option brexit a recueilli moins de 52% avec une participation à 72%, et dont on ne peut donc pas conclure que le résultat est incontestable et n'avait donc rien d'un raz de marée ? Même si je pense que le brexit doit se faire afin d'en faire un exemple, la volonté populaire me parait douteuse, et si le parlement britannique ne réussit pas à se mettre daccord sur une option (pas de brexit, brexit avec accord, brexit sans accord) il faudra bien un retour aux urnes pour des législatives (avec le risque évident que la situation de blocage actuelle ne soit pas résolu) ou un référendum (par exemple sur l'accord négocié).
a écrit le 24/03/2019 à 7:10 :
Mais non, on est d'accord pour qu'ils partent ! En plus, ils vont nous montrer ce qu'il faut faire ou non, ce qui est possible ou pas. Allez, on reste amis...
a écrit le 23/03/2019 à 20:42 :
Qu ils arrêtent de se prendre la tète le brexit n aura pas lieu .
a écrit le 23/03/2019 à 19:27 :
le RU est dans une véritable galère depuis son référendum. Il est arrivé à un point où le choix qui sera pris sera forcément mauvais quel qu'il soit.Si la France avait connu pareille situation, les manifestations occasionnées par les GJ auraient été pures broutilles comparativement à celles qui se seraient produites dans ce cas.
Réponse de le 24/03/2019 à 8:37 :
Si le RU était capable de faire un choix, même mauvais, ce serait déjà bien. Les derniers évènements confirment ce qu'on pressentait, il est impossible de réunir une majorité sur une option, quel qu'elle soit.
a écrit le 23/03/2019 à 18:56 :
Même la solution raisonnable des votes indicatifs du parlement ne résoudra probablement rien puisqu'il ne peut y avoir aucune majorité pour aucune des 4 options, brexit sans accord, brexit avec accord, abandon du brexit avec ou sans second référendum. Et c'est bien le problème depuis le début de ce pitoyable cirque, impossible de faire dire au Royaume-Uni ce qu'il veut au juste.
Réponse de le 23/03/2019 à 19:22 :
Pourtant faut aller pas chercher loin , le referendum a montré qu'un british sur 2 était pour et un british sur 2 était contre. Une décision comme celle la devrait se faire à une forte majorité 60% mini. On prend pas une telle décision avec 2% de voix en plus.
Ensuite ce qui se passe est tout à fait british , pas pour des esprits cartésiens!
a écrit le 23/03/2019 à 18:53 :
La finance a les moyens pécuniaires pour organiser une telle manipulation, mais rien ne dit que le résultat ne soit pas plus large que lors du premier référendum mettant tout le monde d'accord! Dans le cas contraire l'UE gardera un éternel boulet et ne pourra se renforcer quand devenant une dictature!
Réponse de le 23/03/2019 à 19:32 :
Pour l'instant, la manipulation a eu lieu... par Nigel Farage et ses mensonges reconnus 24h après le vote !!!
Et si le résultat (en faveur du Brexit) est "plus large que lors du premier référendum", alors, les pro-brexits n'ont aucune raison de refuser un 2e referendum... mais cette fois, la population choisira en connaissance de cause sur les conséquences...
Réponse de le 23/03/2019 à 21:09 :
@bah
Si c'est la finance qui est dans la rue, alors elle est nombreuse !
Réponse de le 24/03/2019 à 2:05 :
les anglais ont tout intérêt à sortir de l'UE malgré les immenses mensonges de la presse et de l'UE qui doit absolument faire de cette sortie un drame afin d'éviter que d'autres ne suive !!!
Réponse de le 24/03/2019 à 8:49 :
Toujours l'antienne du complot ourdi par la finance et du tropisme dictatorial de l'Ue (alors qu'elle n'est que l'émanation des pouvoirs démocratiquement élus de ses membres). Vous oubliez simplement une chose, au Royaume-Uni la finance fait vivre, directement ou indirectement, énormément de monde puisque c'est l'un des secteurs économiques les plus importants du Royaume;
Réponse de le 24/03/2019 à 8:51 :
@bertrand : quels avantages à sortir de l'UE ???
Réponse de le 24/03/2019 à 9:49 :
Pas que la finance les milieux économiques aussi :

Au Royaume-Uni, 98% des biens de consommation sont livrés par camions. Or l’industrie des transports et de la logistique souffre d’une pénurie de routiers alors qu’elle peine à attirer les plus jeunes. Résultat : le secteur recrute un très grand nombre de travailleurs européens, environ 200 000 actuellement.
La volonté de mettre un frein aux employés peu qualifiés fait donc bondir Richard Burnett, président de l’Association de Transport routier qui représente l’ensemble de l’industrie : « Nous ne sommes pas contents que seuls les employés qualifiés soient prioritaires. Notre industrie dépend énormément de travailleurs peu qualifiés étrangers, car la taxe d’apprentissage pour former les jeunes britanniques n’est pas efficace. Parallèlement à ça, on a un taux de chômage historiquement bas : où va-t-on trouver de la main-d’œuvre ? ». D’autres secteurs s’inquiètent aussi comme la construction, la restauration, mais aussi les hôpitaux où les compétences élevées des médecins et infirmières ne sont pas forcément synonymes de hauts salaires.Le gouvernement britannique a publié son livre blanc sur le système d’immigration qu’il compte mettre en place après le Brexit. Il donnera la priorité aux personnes qualifiées, qui devront justifier d’un salaire minimum autour de 33 000 euros par an et un dispositif spécial pour le recrutement de travailleurs saisonniers sera mis en place.

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