Brexit : plus de 1.100 milliards d'euros de transferts d'actifs depuis Londres

Canary Wharf Yacht
REUTERS/Suzanne Plunkett

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Si la date du Brexit a désormais une probabilité élevée d'être reportée du 29 mars au 30 juin, les conséquences sont revues à la hausse dans le secteur financier. Le cabinet d'audit et de conseil EY a mis à jour ses estimations dans le cadre de son Brexit Tracker trimestriel publié ce mercredi 20 mars, : il anticipe désormais que banques, assureurs et autres gestionnaires d'actifs vont transférer environ 1.000 milliards de livres d'actifs (soit 1.160 milliards d'euros) hors de Londres, une "estimation conservatrice" pourtant en hausse de 25% par rapport à la précédente (800 millions de livres) publiée en janvier, d'après des sondages effectués à fin novembre.
Un chiffre à mettre en regard de l'actif total du secteur bancaire britannique, estimé à lui seul à près de 8.000 milliards de livres sterling. Vingt-trois institutions financières ont déjà annoncé des transferts d'actifs, dont 10 banques, 8 assureurs et 5 gérants d'actifs ou de fortune. Barclays a notamment indiqué qu'elle allait transférer 190 milliards d'euros d'actifs à Dublin où elle va doubler ses effectifs à Dublin à 300 personnes. Les superviseurs européens ont fait comprendre aux entreprises non domiciliées dans l'UE qu'il n'était pas question de créer des "coquilles vides", mais des filiales avec de la substance, en personnel et en capital, pour conserver leur accès au marché unique. Deutsche Bank aurait prévu de rapatrier 450 milliards d'euros de la City vers Francfort.
En revanche, l'estimation en termes de transferts de personnels n'a pas changé.
En plus des 7.000 postes relocalisés, EY estime que 2.300 recrutements sont en cours ou ont été réalisés en réponse au Brexit à travers l'Europe, dont 500 à Londres. Le cabinet relève que ces transferts de salariés à hauts revenus représenteront un manque à gagner fiscal important pour la ville, de l'ordre de 600 millions de livres (693 millions d'euros).
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Dublin serait la destination favorite pour les relocalisations, choisie par 28 entreprises financières contre 18 ayant opté pour Paris et 19 pour Luxembourg et 21 pour Francfort. Quatre autres capitales financières ont aussi fait l'objet d'annonces d'implantations, Amsterdam (6), Madrid (6), Milan (5), et Bruxelles (5).
Comme le confie Mathieu Gelis, le directeur général de Citi en France : "on sera prêt autant qu'on peut l'être, au regard de la complexité du Brexit."