Plan de relance : cinq chiffres pour comprendre les enjeux du sommet européen

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(Crédits : POOL New)
Alors que les discussions entre les dirigeants européens viennent de débuter ce vendredi à Bruxelles, les sujets de tensions apparaissent. Un véritable test d'unité et de cohésion pour l'Union européenne qui va devoir montrer à ses alliés qu'elle est capable de sortir par le haut de la crise du coronavirus.

Les 27 dirigeants de l'Union européenne se retrouvent vendredi pour négocier un ambitieux plan de relance de l'économie du Vieux Continent, minée par la crise liée à la pandémie, qui viendra s'adosser à son prochain budget à long terme (2021-2027).

Voici cinq chiffres à connaître pour comprendre l'enjeu de ces négociations épineuses.

Un budget pluriannuel de plus de 1.070 milliards d'euros

Le président du Conseil européen Charles Michel, chef d'orchestre du sommet, propose pour le "cadre financier pluriannuel" (CFP) 2021-2027 de l'UE un compromis à 1.074,3 milliards d'euros, soit 20,5 milliards de moins que le précédent, rejeté lors d'un sommet en février, avant que la pandémie n'atteigne le continent.

Les principales coupes envisagées touchent les programmes de recherche et de coopération internationale, tout en tentant de remplumer la Politique agricole commune (PAC).

Un plan de relance à 750 milliards d'euros

La Commission propose un nouvel "instrument" de relance inédit, concentré sur la période 2020-2024, qui serait doté de 750 milliards d'euros et financé par des emprunts réalisés par l'exécutif européen au nom de l'UE, une opération jamais vue à cette échelle pour l'Europe.

Il s'inspire de la proposition franco-allemande, portée par Emmanuel Macron et Angela Merkel, de créer un fonds de 500 milliards d'euros. Cette annonce, mi-mai, avait marqué l'acceptation par l'Allemagne de l'idée d'une dette commune, que Berlin rejetait jusque-là.

Pour mieux prendre en compte l'impact de la crise, Charles Michel propose de redistribuer l'argent en deux temps: pour 70% du total dès 2021 et 2022 en fonction d'une clé d'allocation spécifique (critères de population, de chômage et de PIB sur les cinq dernières années), et pour 30% à partir de 2023 pour prendre en compte les effets directs de la crise.

Lire aussi : Face aux députés, Jean Castex détaille le casse-tête de la relance

Une répartition 500-250 entre subventions et prêts

Non seulement le volume total du fonds de relance fait débat entre les 27, mais également la redistribution prévue par la Commission de cet argent via 500 milliards de subventions (des enveloppes à disposition des Etats), et 250 milliards de prêts (qui devront être remboursés par les gouvernements qui y ont recours).

Les partisans d'une orthodoxie budgétaire stricte, les "frugaux" (Pays-Bas, Autriche, Suède, Danemark, Finlande), souhaitent diminuer le montant du fonds de relance et voudraient que tout se fasse sous forme de prêts.

Plus de 300 milliards de soutien aux réformes

La "facilité pour la reprise et la résilience" est le programme formant le cœur du fonds de relance, destiné à "un soutien financier à grande échelle" pour les Etats membres.

Pour accéder à cet instrument, les Etats devront élaborer des plans de réformes et d'investissements. Une bataille a lieu autour de la façon dont ils seront approuvés: par la Commission? Par le Conseil, c'est à dire entre pairs? A quelle majorité? Idem pour le versement effectif de l'argent une fois les plans réalisés .

Le montant total disponible sous forme de subventions serait de 310 milliards d'euros (et 250 milliards supplémentaires sous forme de prêts).

Les 190 milliards restants- pour arriver aux 500 milliards de subventions du fonds de relance - sont répartis dans différents programmes: recherche, santé, développement rural, fonds de transition juste, instrument de solvabilité pour les entreprises viables mais mises en difficulté par la crise...

Selon des sources européennes, c'est dans ce pot que des coupes ou des réaffectations via des prêts plutôt que des subventions pourraient être effectuées pour contenter les frugaux.

Remboursement sur 30 ans, dès 2026

Pour mettre les Etats devant leurs responsabilités, Charles Michel propose de commencer les remboursements dès 2026, dernière année du CFP en discussion, contre 2027 dans la proposition de la Commission.

Ces remboursements se termineraient au plus tard en 2058.

Quelle que soit l'option retenue, le délai avant le début des remboursements doit permettre de négocier l'adoption de nouvelles ressources propres pour l'UE. Plusieurs pistes sont à l'étude (taxe numérique, élargissement du marché du carbone, taxe carbone, etc...).

Lire aussi : Cette dette colossale que la France veut mutualiser au niveau européen

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Commentaires
a écrit le 18/07/2020 à 10:10 :
Ne nous pressons pas...
a écrit le 18/07/2020 à 8:06 :
commencer par rappeler au juges que leur devoir et un protéger la nation qui paye
et idem pour les magistrat européen
si c'est pour défendre les intérêts des usa qu'il quitte l'Europe
le pouvoir n'est pas leur fonction mais l'intérêts des décision prise par leur dirigeants
et le cas contraire c'est une haute trahison
a écrit le 17/07/2020 à 18:35 :
C'est surtout donner a une administration extraterritoriale, qui ne relève d'aucune autorité consensuelle, le pouvoir de mettre les populations sous son autorité!
a écrit le 17/07/2020 à 14:34 :
Le confinement se décrète . . . la relance absolument pas !
a écrit le 17/07/2020 à 14:25 :
Le confinement se décrète, la relance absolument pas !
a écrit le 17/07/2020 à 14:22 :
Y'A PAS DE MYSTERES

Soit c'est un succès et la relance est au rendez-vous. Soit c'est un échec et les espoirs s'écroulent.
Réponse de le 20/07/2020 à 8:44 :
L'europe ne va pas dans le mur, elle y est deja.
Profitez du peu qu'il vous reste de la credibilte de votre monnaie papier.
a écrit le 17/07/2020 à 12:19 :
Notre pays cotise plus qu'il ne reçoit à l'UE .Probablement que nous avons les moyens ,compte tenu de notre dette et de notre formidable gestion des comptes publics de financer cette UE si amorphe et en manque de vision.

Ainsi la France fait partie des principaux Etats contributeurs au budget de l'UE (avec l'Allemagne, le Royaume-Uni ou encore l'Italie). En 2017 la France était le deuxième Etat contributeur, (16,2 milliards), derrière l'Allemagne (19,6 milliards).
Réponse de le 17/07/2020 à 18:16 :
D'après le projet de loi de finances pour 2020, la contribution de la France au budget de l'Union européenne est évaluée à 21 337 Md€ pour l'année 2020.
Réponse de le 17/07/2020 à 18:25 :
Par habitant c'est le Pays-Bas qui cotise le plus net.
Réponse de le 18/07/2020 à 10:32 :
"Par habitant c'est le Pays-Bas qui cotise le plus net. "

Logique vu que c'est un paradis fiscal et donc pas encore assez, espérons que le Luxembourg également.
Réponse de le 19/07/2020 à 19:51 :
@ revo

Ce que tu viens de répondre est incompréhensible bon sang ! Là faut traduire stp, merci.
a écrit le 17/07/2020 à 12:09 :
Histoire de prendre beaucoup de recul sur cette information qui monopolise les dépêches reuters et afp en cette journée, on parle d'annonces effectuées il y a 5 mois déjà ! :-)

A noter quand même pendant ces 5 mois les discours de tous les européistes fanatiques sur tout nos plateaux des médias de masse pour se féliciter de la... réactivité de l'Europe ! :D

On moins on rigole vraiment avec cette ue !

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