Wirecard : des membres du cabinet d'Angela Merkel devront s'expliquer devant les députés

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(Crédits : Andreas Gebert)
Quelle est la responsabilité des politiques dans ce vaste scandale provoqué par la fintech munichoise ? Devant les députés allemands, sont attendus également la ministre de la Justice, Christine Lambrecht, ainsi que des représentants des organes de régulation financière (BaFin). Ils devront s'expliquer sur les informations qu'ils possédaient, avant les révélations.

Des membres du cabinet d'Angela Merkel sont convoqués fin août devant les députés allemands pour s'exprimer sur l'affaire Wirecard, vaste scandale de fraude comptable de près de 2 milliards d'euros, qui met sous pression le gouvernement. Dans le même temps, l'affaire n'en finit pas de révéler sa part d'ombre. Il y a quelques jours, le Financial Times avait établi que la fintech avait opéré des paiements pour une antenne maltaise reliée à la mafia italienne.

Deux sessions extraordinaires de la commission des finances du Bundestag, la chambre basse allemande, sont prévues le 31 août et le 1er septembre, a indiqué mercredi à l'AFP Lisa Paus, élue des Verts, porte-parole de cette commission.

"La liste des questions à poser est longue, de même que celle des institutions que nous souhaitons encore entendre", a-t-elle affirmé.

Deux responsables au sein de la Chancellerie, Lars-Hendrik Röller, conseiller économique, et Johannes Geismann, actuel coordinateur des services secrets et ancien secrétaire d'Etat aux Finances, seront invités à s'exprimer devant les députés.

Lire aussi : La mafia italienne impliquée dans le scandale Wirecard

La ministre de la Justice, Christine Lambrecht, et des représentants des organes de régulation financière allemands, la Bafin et la FIU, de l'État de Bavière et de la Banque centrale allemande, la Bundesbank, sont également convoqués.

Des soupçons dès février 2019

Le scandale Wirecard, qui met à mal la réputation de la place financière allemande, a éclaté fin juin avec la révélation que 1,9 milliard d'euros inscrits dans les comptes de la société de paiements en ligne n'existaient pas.

"Nous étudierons la question de la responsabilité politique" dans cette affaire, a indiqué Mme Paus.

L'affaire a pris une tournure politique ces dernières semaines, l'opposition estimant que le gouvernement aurait pu agir plus tôt pour éviter le scandale.

Fin juillet, les ministres de l'Économie et des Finances, Peter Altmaier et Olaf Scholz, ont déjà été interrogés par le Bundestag.

Un rapport avait révélé quelques jours plus tôt que le ministère des Finances avait été informé dès février 2019 des soupçons pesant sur Wirecard, par le régulateur financier Bafin.

Malgré une enquête diligentée "dans toutes les directions", par la Bafin, aucune procédure n'avait été engagée contre la société.

Au contraire, Wirecard avait bénéficié du soutien de la chancelière Angela Merkel en septembre 2019 lors d'une visite à Pékin, alors que l'entreprise voulait s'implanter en Chine.

Pour Berlin, Angela Merkel n'avait à l'époque "aucune connaissance d'irrégularités" au sein de la société.

Lire aussi : Wirecard : le scandale financier tourne au roman d'espionnage

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Commentaires
a écrit le 05/08/2020 à 19:07 :
He he !! C'est pas en France que ça arriverait 😁
a écrit le 05/08/2020 à 14:02 :
Enquête qui va très vite quand même non ? On peut parier que la CIA doit donner un coup de main voir fortement inciter les autorités allemandes à agir puisque pays dans lequel les oligarques ne sont jamais inquiétés en règle générale.

Possible donc que cela soit encore plus énorme que cela le montre, alors que déjà c'est impressionnant mais ça m'étonnerait que nous sachions tout surtout si des intérêts américains ont été touchés.

Tandis qu'en Europe le pouvoir sert l'argent aux états unis l'argent sert le pouvoir, nuance que le déclin ne peut pas faire comprendre à nos oligarques.

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