En Île-de-France, bataille de chiffres sur le budget entre Pécresse et Pulvar

RÉGIONALES. Suite à la publication du compte administratif 2020, document comptable de référence, la liste « Île-de-France en commun » conduite par Audrey Pulvar accuse la majorité sortante de « mauvaise gestion ». Une critique rejetée par les portes-paroles de la présidente-candidate: « La gauche est restée victime de son addiction la dépense publique. Notre bilan montre qu'il est possible de conjuguer efficacité et bonne gestion » déclarent les vice-présidents Florence Portelli et Othman Nasrou.
César Armand

4 mn

Si le soir du premier tour le 20 juin, une liste obtient la majorité absolue, elle remporte 25% des sièges, tandis que les sièges restants sont répartis à la proportionnelle entre les listes ayant obtenu plus de 5% des suffrages exprimés.
Si le soir du premier tour le 20 juin, une liste obtient la majorité absolue, elle remporte 25% des sièges, tandis que les sièges restants sont répartis à la proportionnelle entre les listes ayant obtenu plus de 5% des suffrages exprimés. (Crédits : CHARLES PLATIAU)

A quinze jours du premier tour des élections régionales (20 juin), les esprits s'échauffent dans la région-capitale sur les questions budgétaires. Suite à la publication du compte administratif 2020 du conseil régional, la liste « Île-de-France en commun », menée par la socialiste Audrey Pulvar, accuse la majorité de Valérie Pécresse de « mauvaise gestion ». A l'inverse, la présidente-candidate estime que ce document comptable « conforte [ses] résultats » avec un niveau d'investissement « record » de 2,1 milliards d'euros et « le plus grand » plan de relance français de 1,2 milliard d'euros exécuté « à quasi 100% ».

Baisse des dépenses de fonctionnement

« L'Île-de-France est la seule région à avoir baissé ses dépenses de fonctionnement pour la 5ème année consécutive », estime Valérie Pécresse.

« Les gagnants de la crise sanitaire sont Netflix, Amazon et la région avec 500 millions d'euros d'excédents. Comment l'explique-t-on ? », s'interroge son opposant Maxime des Gayets.

Le président (PS) de la commission des Finances du conseil régional de 2017 à 2019, qui comparait en septembre 2020 le plan de relance régional à du recyclage de crédits, persiste et signe. « La région n'a pas dépensé l'argent. 500 millions d'euros d'excédents, ça signifie la baisse des crédits de fonctionnement de 300 millions dont 150 millions d'euros pour l'apprentissage et la formation », déclare Maxime des Gayets, co-tête de liste à Paris avec Audrey Pulvar pour « Île-de-France en commun ».

« Une politique ''austéritaire'' »

« La gauche est restée victime de son addiction la dépense publique. Notre bilan montre qu'il est possible de conjuguer efficacité et bonne gestion », rétorquent les porte-paroles de Valérie Pécresse, Florence Portelli et Othman Nasrou, candidats à leur succession sur la liste « Île-de-France rassemblée ». Pour la vice-présidente chargée de la Culture et du Patrimoine et le premier vice-président sortants, c'est la preuve qu'il s'agit du « compte administratif le plus solide dans l'histoire de la collectivité ».

« C'est très bien pour les agences de notation, mais la région a fait des économies en menant une politique ''austéritaire'' avec une forme d'orthodoxie budgétaire », rétorque Maxime des Gayets.

« La région dispose de la meilleure note possible en France de la part des deux agences de notation financière chargées de son évaluation (Fitch et Moody's) et a maintenu ses notes », insiste, de son côté, la droite régionale.

Le débat fait rage sur les engagements de campagne

En réalité, le débat entre les deux camps fait rage sur les engagements de campagne. D'un côté, Valérie Pécresse promet que toutes les mesures nouvelles seront financées par des économies de fonctionnement. Soit 400 millions d'euros multipliés par six, équivalents à 2,4 milliards d'euros pour le mandat 2021-2027.

De l'autre, la co-tête de liste d'Audrey Pulvar à Paris assène que « ce n'est rien d'autre que de l'austérité ». En cas de victoire, poursuit Maxime des Gayets, l'adjointe d'Anne Hidalgo réorientera le contrat de relance Etat-Région de 13,8 milliards d'euros, recourra à l'emprunt et fléchera 300 millions d'euros d'investissement ainsi que 70 millions d'euros de fonctionnement grâce aux fonds européens 2021-2027.

« Sous la précédente mandature (2010-2015, Ndlr), la gauche avait perdu 60% des fonds européens qui lui avaient été confiés - 70 millions d'euros -, réplique-t-on à droite. La majorité actuelle se déclare en outre « certifiée ''fonctionnement correct'' par la Commission européenne ».

Vers un budget rectificatif et un audit financier ?

Enfin, si la liste « Île-de-France rassemblée » conserve le conseil régional, elle assure que la région « sécurise» déjà le financement de sa relance avec 20 milliards d'euros prévus pour le mandat 2021-2027. A contrario, « Île-de-France commun » fera voter un budget rectificatif dès cet été, lancera un audit financier, écologique et social en septembre « pour photographier les impacts » de la crise de même qu'elle renégociera le contrat de plan Etat-région pour financer des dispositifs Etat-région-départements.

Seuls les électeurs franciliens seront les juges de paix de ces propositions. Si le soir du premier tour une liste obtient la majorité absolue, elle remporte 25% des sièges, tandis que les sièges restants sont répartis à la proportionnelle entre les listes ayant obtenu plus de 5% des suffrages exprimés. Le soir du second tour, le 27 juin, parmi les listes qui se sont qualifiées avec plus de 10% des suffrages exprimés, celle qui acquiert la majorité glane 25% des sièges alors que les autres se répartissent, là encore, à la proportionnelle.

César Armand

4 mn

Women for Future

Sujets les + lus

|

Sujets les + commentés

Commentaires 4
à écrit le 07/06/2021 à 11:39
Signaler
Pulvar ne connait rien en économie la seul chose qu'elle saura faire et qu'elle a appris avec la gauche c'est d'augmenter les impôts .

à écrit le 06/06/2021 à 18:58
Signaler
Deuze, pour faire vivre le truc.

à écrit le 06/06/2021 à 11:14
Signaler
Les 2 protagonistes sont les caricatures d elles mêmes: une droite classique blanche un peu ringarde et prouprout du sud et ouest francilien aisés qui ne veut rien changer à l ordre des choses et une «  indigéniste » mal dans sa peau en mal de rec...

le 07/06/2021 à 8:52
Signaler
Un spectacle digne des gens qui vont voter pour ces deux "protagonistes". L'indigence de la vie politique francaise est affligeante, bonne chance et continuez, le mur est proche.

Votre email ne sera pas affiché publiquement.
Tous les champs sont obligatoires.

-

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.