LA TRIBUNE. Les régions, qui viennent de renouveler leurs conseils régionaux, sont compétentes en matière d'aménagement du territoire. Qu'attendent les architectes de ces nouveaux exécutifs locaux ?
CHRISTINE LECONTE. Avant l'aménagement du territoire, j'aimerais évoquer la compétence des régions en matière de construction, d'entretien et de gestion des lycées. C'est un énorme enjeu. Beaucoup de régions, comme l'Île-de-France, ont un grand nombre de lycées à réhabiliter. Ces derniers sont des passoires thermiques ou des bâtiments obsolètes pour lesquels un diagnostic est nécessaire. Il faut faire entrer les lycées dans le XXIème siècle et aller vers des bâtiments passifs et frugaux.
Il faut aussi imaginer d'autres espaces pour qu'ils soient plus agiles en termes de nouvelles approches d'apprentissages. Il ne s'agit pas que d'installations numériques, mais de relations à la nature par exemple.
Le bon sens est-il justement la chose la mieux partagée dès qu'il s'agit des lycées ?
C. L. : J'ai une ou deux inquiétudes depuis des années : les régions ont parfois tendance à délaisser leur rôle de maître d'ouvrage dans ce domaine d'une part, et de réaliser des contrats globaux d'autre part. Nous proposons qu'elles assument pleinement ce rôle qui leur est confié pour que les budgets et plannings soient tenus. Avec les contrats globaux, les conseils régionaux ne profitent pas pleinement du devoir de conseil de l'architecte puisque celui ci est en groupement avec l'entreprise. Outre le fait qu'il soit compliqué d'être indépendant en étant lié à une entreprise, ces positions affaiblissent la possibilité de garantir une qualité architecturale pérenne au bâtiment, et encore plus en matière de réhabilitation. Chacun doit pouvoir garder son rôle pour offrir le mieux à nos concitoyens.