Ronan Le Moal quitte Arkéa, la fin d’une époque ?

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Ronan Le Moal entend conserver « des connexions très fortes avec la région et son écosystème d’entreprises ».
Ronan Le Moal entend conserver « des connexions très fortes avec la région et son écosystème d’entreprises ». (Crédits : JOËL SAGET/AFP)
Le Conseil d’administration du Crédit Mutuel Arkéa a nommé Hélène Bernicot au poste de directrice générale. Elle succède à Ronan Le Moal qui a passé vingt-cinq ans dans le groupe.

Celui qui affirmait en mars 2018, après le vote favorable à la scission de ses caisses locales que le « processus d'indépendance est définitivement acté », incarnait aux côtés du président Jean-Pierre Denis, la stratégie d'indépendance d'Arkéa à l'égard de la Confédération nationale du Crédit Mutuel. Encore à gagner, cette bataille s'avère plus complexe que prévu. Et Ronan Le Moal, directeur général depuis 2008 du Crédit Mutuel Arkéa ne la mènera pas jusqu'au bout.

Lire aussi : Ronan Le Moal, le directeur général d'Arkéa quitte le navire

« Les échanges se poursuivent avec les autorités de régulation, la BCE en tête, dans un climat serein », assure l'ancien dirigeant joint par La Tribune. « Mon départ n'est pas lié à un quelconque enlisement du dossier ou à une évolution de la gouvernance du groupe », précise-t-il, démentant les rumeurs de dissensions internes, alors que la Confédération nationale jette aussi le doute sur l'illégalité des rémunérations des dirigeants bretons. Entré dans le groupe en 1995, ce diplômé d'HEC a décidé de s'émanciper lui-même pour se consacrer à un nouveau projet professionnel. « Je n'ai jamais caché mon envie d'être entrepreneur. Le moment est venu de relever ce nouveau challenge tant personnel que professionnel, vers une aventure entrepreneuriale plus modeste, qu'il faudra construire pierre après pierre. »

Durant vingt-cinq ans, Ronan Le Moal a fortement contribué au développement du groupe bancaire mutualiste (10.500 salariés, 4,2 millions de clients, 437 millions d'euros de résultat net), qui réunit les fédérations de Bretagne, du Sud-Ouest et du Massif central. Dans ce groupe « riche en talents », son départ, effectif depuis le 20 février, va laisser un vide. Il a autant surpris les salariés d'Arkéa que les acteurs du paysage économique et bancaire breton, globalement favorable à la volonté d'émancipation du groupe. Au-delà du siège de RelecqKerhuon, le tissu économique et politique breton reste très attaché à la décentralisation et à ce projet qui doit développer l'économie et l'emploi sur le territoire. Au sein du groupe, l'action de Ronan Le Moal a suivi son goût prononcé pour les nouvelles technologies. Il a « anticipé le futur d'Arkéa » assurent ses amis, et diversifié la banque en engageant fortement sa digitalisation et son évolution vers les fintech.

Proche des élus locaux

Arkéa, qui possède une quarantaine de filiales, a investi dans diverses marques, de Fortuneo à Pumpkin en passant par Leetchi et Budget Insight. Cette stratégie, saluée par Jean-Pierre Denis, a permis à la banque de « délivrer une trajectoire de croissance remarquable ». Fleuron de l'écosystème breton et de l'économie numérique, Arkéa est proche des chefs d'entreprise et des élus locaux. Deux tiers des sociétés régionales seraient en relation (investissement, participations, trésorerie) avec la banque. À titre personnel, Ronan Le Moal veut rester engagé auprès des entreprises et des porteurs de projets.

« Il est encore trop tôt pour évoquer les contours de ma future activité, mais je conserverai des connexions très fortes avec la région et son écosystème d'entreprises » assure-t-il. Il est notamment président et cofondateur, avec Charles Cabillic et Sébastien Le Corfec, de la French Tech Brest+ et membre du comité consultatif de la West Web Valley. Accélérateur et fonds d'investissement, celle-ci organise les événements consacrés aux talents du numérique et au Web européen, West Web Awards et West Web Festival. Ronan Le Moal a quitté Arkéa avant l'annonce, le 3 mars, des résultats 2019 du groupe. C'est donc la nouvelle équipe dirigeante constituée autour de Jean-Pierre Denis par Hélène Bernicot, ex-directrice du secrétariat général et de la communication institutionnelle, et Anne Le Goff, directrice générale déléguée, qui dressera le bilan économique de l'année écoulée et évoquera l'avenir et les projets du groupe.

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Commentaires
a écrit le 21/02/2020 à 17:40 :
rab, avec un tel parti pris !

"Celui qui affirmait en mars 2018, après le vote favorable à la scission de ses caisses locales que le « processus d'indépendance est définitivement acté"
- absolument faux, à ce jour il n'est toujours pas acté.
"qui réunit les fédérations de Bretagne, du Sud-Ouest et du Massif central."
- le Massif central a rejoint le Crédit Mutuel Alliance Fédérale au 1er janvier 2020.
"Il a autant surpris les salariés d'Arkéa"
- absolument pas ! les rats quittent le navire, c'était dans les tuyaux depuis longtemps avec toutes les déconvenues avec l'état, le gouvernement, la BCE (malgré ce qu'il affirme), l'ACPR, et la non adhésion des salariés et des syndicats !
"que les acteurs du paysage économique et bancaire breton, globalement favorable à la volonté d'émancipation du groupe." - Encore un mensonge ! Y a que Jean-Pierre DENIS qui souhaite l'émancipation.
"Arkéa est proche des chefs d'entreprise et des élus locaux" - le rôle premier du CMB est d'être proche des sociétaires, c'est une banque Mutuelle.

Vérifiez vos sources. Autant de mensonges dans un seul article.
Je ne vous salue pas.
a écrit le 21/02/2020 à 14:28 :
SOYEZ PLUS RIGOUREUSE : Le Massif Central ne dépend plus d'ARKEA !!!!!!!

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