Entre néobanque et supercarte, Max d'Arkéa a séduit 100.000 utilisateurs et en vise le double

 |   |  851  mots
(Crédits : Max)
A la fois assistant personnel, compte courant et carte agrégeant d'autres cartes bancaires, l'offre mobile Max du groupe Crédit Mutuel Arkéa a peiné à être bien identifiée et comprise par les particuliers. Elle entame une nouvelle phase de croissance, soutenue par une campagne TV, et vise 200.000 utilisateurs d'ici au début 2021. A moyen terme, elle envisage un développement en Suisse et en Belgique.

Max, l'offre bancaire mobile du Crédit Mutuel Arkéa, a-t-elle trop misé sur la singularité ? Lors de son lancement fin 2017, la filiale du groupe breton a fait le choix d'un positionnement atypique : celui d'un assistant bancaire virtuel couplé à une carte bancaire reliée à un compte courant éponyme et jouant aussi (et surtout) le rôle de "super carte", permettant à un utilisateur de regrouper derrière une unique carte, tous ses comptes et cartes et de les piloter depuis l'appli mobile Max. Concrètement, il suffit à un utilisateur de photographier ses différentes cartes bancaires pour les enregistrer au sein de l'appli, puis de sélectionner le compte sur lequel il souhaite être débité.

"Nous voulions être plus qu'une néobanque et ce positionnement nous a peut-être desservi. Alors qu'on parlait partout de néobanques, on parlait beaucoup moins de nous", reconnaît aujourd'hui Didier Ardouin, le directeur général de Max, filiale à 100% du groupe bancaire breton. "Mais nous commençons à en récolter les fruits et nous avons passé la barre des 100.000 clients", se félicite-t-il.

Un cap symbolique certes, mais qui reste bien en-deçà des performances des trois leaders du marché tricolore, que sont le français Nickel (dans le giron de BNP Paribas depuis avril 2017) et ses 1,5 million de comptes ouverts, l'allemand N26 (900.000 comptes ouverts) et le britannique Revolut (500.000).

Plus de 100.000 téléchargements

Reste que cette base d'utilisateurs semble relativement solide. Sur les 100.000 personnes ayant téléchargé l'application mobile, 80% détiennent une carte bancaire Max proposée gratuitement et sans frais à l'étranger.  70% des détenteurs de la carte l'utilisent pour sa fonctionnalité de "méta-carte bancaire" et ne se servent pas du compte courant Max. "Plus de 85% des personnes ayant téléchargé l'application s'y connectent au moins quatre fois par mois pour consulter un compte bancaire, échanger avec un conseiller ou pour toute autre demande", ajoute Didier Ardouin.

La partie "assistant personnel" de l'application propose en effet une batterie de services pratiques grâce à un partenariat avec le spécialiste de la conciergerie John Paul (groupe Accor). Les conseillers de la Fintech permettent également aux utilisateurs d'optimiser la gestion de leur budget. "Par exemple, si nous nous apercevons qu'un client dépense moins de 500 euros de carburant par an, cela signifie peut-être qu'il ne s'agit pas d'un gros rouleur. Nous lui proposons alors une mise en relation avec un assurance qui propose un contrat à l'usage", explique le dirigeant. Si le client opte pour ce nouveau contrat, la Fintech percevra une commission en tant qu'apporteur d'affaires. C'est cette activité de courtier qui représente le cœur de son modèle économique. Cette source de revenus est complétée par les commissions interbancaires, perçues à chaque paiement avec la carte Max, mais atténuées en raison de la couche d'agrégation.

Une future offre de cashback

Pour doper ses revenus, Max doit rendre l'usage de sa carte (dont la fréquence d'utilisation et le montant moyen dépensé ne sont pas communiqués) le plus attractif possible aux yeux des particuliers. Comme Société Générale ou le LCL, elle mise notamment sur le cashback, une pratique très répandue dans les pays anglophones qui consiste à rembourser une partie d'une dépense réalisée chez un commerçant partenaire directement sur le compte courant du client. Max s'est entourée de deux spécialistes, Paylead et Plebicom, pour proposer ce service dont le lancement est prévu en début d'année prochaine.

"Les deux partenaires confondus représentent environ 5.000 enseignes, dont une grande majorité opère à l'échelle nationale, comme la Fnac, Darty ou encore Monoprix. Le cashback reversé oscille entre 3 et 15% du montant dépensé en fonction du type de commerce. L'offre est valable pour les paiements réalisés avec la carte Max, mais aussi via la carte d'un compte bancaire agrégé au préalable dans l'application Max", précise Didier Ardouin.

Dans les mois à venir, Max proposera également une carte de paiement en métal, plébiscitée par les utilisateurs, moyennant une contribution mensuelle dont le prix n'a pas encore été fixé.

Une campagne TV pour atteindre les 200.000 utilisateurs

Max, qui a bénéficié d'un investissement total de 30 millions d'euros depuis sa création, prévoit de doubler sa base d'utilisateurs et vise 200.000 clients d'ici début 2021. "Nous réfléchissons également à un développement dans les pays limitrophes comme la Belgique et la Suisse, suivant le modèle de Fortuneo [banque en ligne de Crédit Mutuel Arkéa rentable et revendiquant 740.000 clients, ndlr]", précise Didier Ardouin. Pour accroître sa notoriété auprès du grand public, l'Ovni bancaire prévoit une nouvelle campagne TV début 2020.

Au Royaume-Uni, la Fintech Curve a également adopté le principe de la carte « agrégatrice » d'autres cartes. Elle a récemment levé 55 millions de dollars et communique sur une valorisation de 250 millions de dollars. La Fintech londonienne vise un million de clients d'ici la fin de l'année, contre 250.000 fin 2018, et prévoit de se lancer prochainement en France.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 11/12/2019 à 20:42 :
TRès bien Max...en plus c'est du made in france contrairement à N26, Curve, Revolut
a écrit le 10/12/2019 à 18:45 :
Bonjour,
The Curve est déjà disponible en France, je suis un utilisateur de cette carte.
Réponse de le 10/12/2019 à 21:19 :
Bonjour antxon le site n'est pour le moment qu'en anglais avec des cash back aupres de sociétés anglaise

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :