Dans un monde qui se réarme massivement avec une hausse de 9% des dépenses de défense mondiales en 2023 (pour un montant record de 2.200 milliards d'euros, selon International Institute for Strategic Studies), le bilan 2023 des prises de commandes de systèmes d'armes français apparaît très modeste. Il s'élève à 8,2 milliards d'euros, selon le rapport au Parlement 2024 sur les exportations d'armement. Il est en chute libre par rapport à 2022 (26,9 milliards), une année où - il est vrai - les Emirats Arabes Unis (EAU) avaient mis en vigueur un mégacontrat de 80 Rafale (16,9 milliards). Mais il est également en retrait par rapport à 2021 (11,7 milliards). Sur les dix dernières années, le bilan 2023 se classe au 7e rang.
En 2023, le bilan s'articule notamment autour de l'entrée en vigueur d'une commande de 18 Rafale pour l'Indonésie pour 2,6 milliards d'euros, puis de plusieurs contrats à plus de 200 millions d'euros (canons Caesar pour la Lituanie, plusieurs contrats avec la Grèce dont l'acquisition de drones Patroller, corvettes pour l'Angola), et d'un socle stable et régulier d'une année sur l'autre de contrats inférieurs à 200 millions d'euros.
Dans le top cinq des clients de l'industrie d'armement française, l'Indonésie se classe sans surprise au premier rang avec la mise en vigueur de la deuxième tranche de Rafale (18 appareils pour 2,6 milliards d'euros), l'Arabie Saoudite (552,3 millions), l'Inde (488,1 millions), la surprenante Angola (404,6 millions) et l'Ukraine, qui a acheté à la France pour 363 millions d'euros d'armements. Luanda a acheté au groupe émirien Abu Dhabi Ship Building (ADSB) trois corvettes, dont le design est celui de la Combattante BR71 MKII, développé par le groupe naval de Cherbourg, CMN. Un des trois corvettes est fabriqué à Cherbourg. Singapour (282,2 millions), les Etats-Unis (272,4 millions), les EAU (233,9 millions), la Grèce (211,1 millions) qui s'est offert le Patroller de Safran, et le Royaume-Uni (197,6 millions) complètent le top 10 des pays clients de la France.