Airbus Space a fait bouger les lignes dans l'observation spatiale. Et pas qu'un peu. Le groupe européen bouscule la concurrence aussi bien dans le civil que dans le militaire avec sa nouvelle constellation Pléiades Neo, dont deux satellites sur les quatre prévus sont déjà en service depuis novembre. Une année qui a été particulièrement cruciale pour Airbus dans cette filière. "Nous avons acquis une crédibilité supplémentaire auprès de la DGA et du CNES sur un certain nombre de sujets (instrument et leadership système) grâce à la maturité et au déploiement opérationnel du système Pléiades Neo, explique dans un entretien accordé à La Tribune le directeur de l'observation de la Terre et des missions scientifiques chez Airbus, Philippe Pham. D'autant que les deux satellites en orbite fonctionnent très bien avec les technologies utilisées".
Et 2022 va être tout aussi vitale pour Airbus Space, qui attend avec impatience la suite de la constellation Pléiades. Les deux prochains satellites seront terminés à Toulouse en mars. Les quatre satellites seront mis sur la même orbite héliosynchrone à la suite du premier vol commercial de Vega C prévu en août. Clairement, le programme Pléiades Neo, dont les satellites ont une résolution de 30 centimètres, est une véritable arme de guerre commerciale, aujourd'hui en partie en service, aussi bien dans le civil que dans le militaire. C'était l'objectif affiché d'Airbus, qui a autofinancé le programme Pléiades Neo, quand il a déchiré en 2016 la feuille de route commune entre Airbus Space et Thales Alenia Space (TAS) définie par la DGA et le CNES. Et le pari d'Airbus est en train d'être gagné.
"Un industriel a décidé de réaliser le post-Pléiades sur fonds propres, avec le niveau de performance mentionnée (par Geneviève Fioraso : résolution de 25 à 30 centimètres, ndlr), et je pense même qu'il ira au-delà. Cela pose un certain nombre de questions. Quelle attitude tenir vis-à-vis de l'autre industriel ? L'équité d'accès au marché imposerait, fondamentalement, que nous ne fassions rien. Quelle est la garantie de la part d'Airbus que la technologie restera de manière pérenne en France ? Quels sont les composants utilisés ? Quels sont les miroirs utilisés ? Tout cela est suivi avec une grande attention", avait expliquéen octobre 2016 à l'Assemblée nationalel'ancien Délégué général pour l'armement, Laurent Collet-Billon.