Observation spatiale (CO3D) : Airbus met KO Thales

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À compter de 2022, la constellation CO3D, composée de quatre satellites identiques et dans la continuité de Pléiades, permettra de fournir des images stéréoscopiques de résolution submétrique (50 cm) à vocation de couverture mondiale.
À compter de 2022, la constellation CO3D, composée de quatre satellites identiques et dans la continuité de Pléiades, permettra de fournir des images stéréoscopiques de résolution submétrique (50 cm) à vocation de couverture mondiale. (Crédits : Airbus Defence and Space)
Le CNES a confié à Airbus Space le développement du programme low-cost d'observation CO3D (Constellation Optique en 3D). Le groupe européen a su faire la différence dans le domaine des services face à son rival Thales Alenia Space.

Airbus Defence and Space a remporté une victoire significative face à Thales Alenia Space (TAS). Suite à la fin de la phase de faisabilité en 2018, le CNES a confié à Airbus le développement du programme d'observation CO3D (Constellation Optique en 3D) après une compétition lancée en début d'année. Le Centre national d'études spatiales, qui a sélectionné Airbus en avril, investit dans ce programme une centaine de millions d'euros. Le contrat a été signé ce lundi entre le président du CNES Jean-Yves Le Gall, et le directeur général de Space Systems (Airbus), Jean-Marc Nasr. Dans le cadre de ce marché, Airbus fournira un Modèle Numérique de Surfaces (MNS) global de haute précision. Cette constellation de mini-satellites optiques répond aux besoins d'une mission de modèle numérique de terrain et modèle de 3D mondial pour des besoins civils et militaires.

"La constellation de satellites optiques de nouvelle génération CO3D incarne l'ambition et l'ingéniosité françaises, qui ouvrent une nouvelle ère dans l'observation de la Terre, a assuré Jean-Yves Le Gall. Elle permettra notamment un plus haut débit de réactualisation, une plus grande résilience ainsi que des performances élevées".

Ces deux objectifs reposent sur un même concept de petit satellite à coût récurrent compétitif (moins de 15 millions d'euros, selon nos informations) et sur une architecture système conçue pour un déploiement incrémental permettant d'enrichir progressivement la capacité vis-à-vis des deux besoins de mission exprimés. À compter de 2022, la constellation CO3D, composée de quatre satellites identiques et dans la continuité de Pléiades, permettra de fournir des images stéréoscopiques de résolution submétrique (50 cm) à vocation de couverture mondiale. Ce qui est clairement loin d'être de la très haute résolution. Les données acquises alimenteront une chaîne de traitement sur le Cloud exploitée par Airbus et intégrant les algorithmes du CNES, en vue de produire une carte 3D totalement novatrice des terres émergées de notre planète.

Une nouvelle méthode d'acquisition

"Les satellites CO3D, d'une masse de 300 kilos environ, rejoindront la flotte de satellites optiques d'Airbus, renforçant ainsi la capacité à répondre aux besoins grandissants d'applications de plus en plus exigeantes", a expliqué le CNES dans un communiqué publié lundi. En inaugurant une génération de plate-forme innovante et entièrement électrique, ces satellites extrêmement agiles vont permettre la mise en œuvre d'une nouvelle méthode d'acquisition, de traitement et de transfert des images vers le sol. C'est sur son offre de services qu'Airbus a su faire la différence dans cette compétition, Thales, via Telespazio France, n'ayant clairement pas le même niveau de services à proposer au CNES et au ministère face l'opérateur de confiance qu'est Airbus DS Geo (ex-Spot Images). Ainsi, avec les quatre satellites Pléiades Neo, la constellation CO3D offrira une capacité de revisite inégalée pour l'imagerie spatiale.

"Le projet CO3D représente un progrès significatif pour l'observation de la Terre à l'échelle mondiale, en tirant profit de la dernière innovation d'Airbus qui va révolutionner l'accès aux données 3D à très haute résolution", a estimé Jean-Marc Nasr. "Ce contrat conforte Airbus en tant que partenaire de confiance pour le CNES et les autorités françaises et renforce notre position de leader du marché en Europe et dans le monde".

Le CNES et Airbus ont établi "un partenariat vertueux sur ce projet", selon le communiqué : une gouvernance agile et intégrée entre le CNES et Airbus permettra d'optimiser la mission autour des besoins hybrides du public et du privé. Les données collectées par la constellation CO3D seront disponibles pour les besoins du ministère des Armées et des scientifiques français, partenaires privilégiés du programme. Pour Thales Alenia Space, qui comptait se lancer dans le domaine des services et dans un programme spatial low-cost, les temps sont durs. Très durs.

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Commentaires
a écrit le 11/07/2019 à 14:53 :
Thales de Milet hein ! pas de Millau... et son pont britannique... mis haut !
a écrit le 09/07/2019 à 20:25 :
Avant de donner TAS comme mort il faut se souvenir que l'état n'a jamais laissé tomber cette entreprise et que dans les coulisses de l'ESA ou de la commission européenne certains arbitrages ne sont/seront pas nécessairement en faveur d'Airbus. Cela va certainement donner des idées à nos géniaux dirigeants pour essayer encore une fois de regrouper tout le spatial français sous une seule bannière ce qui, si cela aboutit, conduira a fortement déstabiliser le marché Européen et pourrait bien profiter aux concurrents comme OHB qui deviendra alors le candidat vertueux de l'Allemagne. Un regroupement dans le spatial de TAS et d'Airbus se fera dans la douleur des deux côtés de la rocade, il y aura du sang et ce n'est jamais bon. Attention aux victoires à la Pyrrhus.

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