Elysée 2022 : et pourquoi pas un groupe amphibie permanent français en Indo-Pacifique (LREM)
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune
A trois mois du premier tour de l'élection présidentielle, LREM se met enfin en marche pour proposer un programme de défense. Un exercice délicat pour les "marcheurs", les propositions de campagne ne devant pas être interprétées comme des critiques de l'action menée pendant près de cinq ans par la ministre des Armées, Florence Parly. Et en même temps, le programme de la majorité doit symboliser un nouvel élan dans un domaine éminemment régalien et où le contexte géopolitique international exige également de l'audace. Pas simple pour le coordinateur du groupe de travail de la coalition défense de LREM Fabien Gouttefarde au sein d'une petite équipe de six/sept personnes, qui a travaillé en mode commando afin de bâtir des pistes de réflexions.
Selon nos informations, ce groupe commando a construit un programme autour de plusieurs prérequis, qui sont clairement des fondamentaux classiques de la stratégie défense de la France : modèle d'armée complet, dissuasion nucléaire, capacités à assumer un rôle de leader dans une coalition internationale et à entrer en premier sur un théâtre d'opérations.
Selon nos informations, une des pistes de réflexions les plus audacieuses de ce groupe de travail est de recommander le déploiement permanent d'un groupe amphibie dans la zone Indo-Pacifique avec un port d'attache, qui pourrait être la ville État de Singapour. Soit un groupe amphibie en "co-basing" avec d'autres pays européens et composé d'un porte-hélicoptères, d'une frégate et d'un sous-marin nucléaire d'attaque (SNA). "Nous devons changer de dimensions en Indo-Pacifique, précise-t-on à La Tribune. Pour cela, il faut un nouveau point d'appui et de nouvelles capacités avec une présence forte dans cette zone".
À lire également
Cette proposition a un coût. Elle implique le renforcement des capacités de la marine nationale avec la construction d'un quatrième porte-hélicoptères et celle d'un septième SNA ainsi que la conversion de deux sous-marin nucléaire lanceur d'engins (SNLE) de la classe Triomphant en SNA (comme les Américains l'ont déjà fait avec leur SNLE Ohio) pour renforcer la flotte de sous-marins d'attaque. Soit neuf sous-marins nucléaires d'attaque au total. Ce changement de dimension en Indo-Pacifique passe aussi par l'augmentation de la flotte de dix patrouilleurs océaniques (contre 17 Aviso auparavant) ainsi que celle des avions de patrouille maritime (Falcon 2000). Il passe enfin par le maintien du nombre de frégates de surveillance mais aussi par l'accélération du programme European Patrol Corvette (EPC), dont certains bâtiments iraient renforcer la présence française et européenne dans cette zone.