Lactalis contre l'Union nationale des éleveurs livreurs (Unell), Savencia contre Sunlait... En France, le prix du lait est régulièrement source de conflits exacerbés entre les industriels laitiers et ses fournisseurs, qui ne s'estiment pas suffisamment rémunérés. Et lorsqu'en février, pour répondre à la demande des agriculteurs de voir leurs revenus améliorés, Emmanuel Macron a promis la création de « prix plancher », c'est autour des prix du lait qu'une grande partie des débats se sont cristallisés.
En même temps, d'une part à l'autre de l'Hexagone, de bonnes pratiques, saluées par la presse, fleurissent afin de garantir aux éleveurs un « prix juste ». Mais selon quels critères sont concrètement payés aujourd'hui les éleveurs français ? Et qu'est-ce qui rend leurs relations avec les laiteries si complexes ? Une multitude d'éléments entrent en jeu, qui rendent parfois les comparaisons difficiles, explique la Fédération nationale de l'industrie laitière (Fnil).
Depuis plus d'une dizaine d'années, le prix du lait pratiqué par une laiterie vis-à-vis d'une organisation de producteurs ou d'une coopérative est déterminé dans un contrat. Il n'est pas une variable indépendante, mais corrélée à d'autres objets de la négociation : les volumes collectés, une durée d'engagement (le plus souvent de 5 ans), des conditions de production ainsi que des clauses de révision automatiques en cas d'évolutions significatives.