Moins de trois semaines après leur clôture officielle, les négociations annuelles entre distributeurs et industriels sur les marques nationales doivent déjà reprendre. C'est ce que souhaite le gouvernement en raison des perturbations de la chaîne agro-alimentaire française causées par la guerre en Ukraine.
"Compte tenu de la modification significative des conditions économiques, les distributeurs doivent adapter les contrats les liant à de nombreux fournisseurs. De nouvelles négociations doivent ainsi être ouvertes sur la base d'un dialogue transparent et constructif entre les parties avec la mise en œuvre des mécanismes d'indexation, renégociation ainsi que du cadrage des pénalités logistiques", a déclaré le ministre de l'Agriculture, Julien Denormandie, mercredi, dans le cadre de l'annonce par le gouvernement de son plan de résilience."L'ensemble des acteurs de la chaîne agroalimentaire sera réuni dès vendredi", a-t-il assuré.
Destinées à fixer le prix payé par les grands distributeurs à leurs fournisseurs, les négociations sur les marques nationales se tiennent chaque année entre l'automne et le 1er mars, date butoir fixée par la loi sous peine de sanctions. Toujours très tendues, elles l'ont encore plus été cette année à cause du contexte inflationniste, qui a poussé les industriels à demander des hausses de 6-8% visant à couvrir l'augmentation de leurs coûts de production, alors que les distributeurs ont continué comme les autres années, de s'y opposer au nom de la défense du pouvoir d'achat des ménages.
Finalement, dans l'alimentaire, elles ont abouti en moyenne, selon une estimation encore temporaire du ministère de l'Agriculture, à des hausses de 3%. Un résultat inédit puisqu'elles se terminaient depuis des années en déflation, mais insuffisant pour les industriels. "Cela nous permet à peine de répercuter la moitié des hausses subies, celles correspondant au coût des matières premières agricoles", qu'une loi adoptée en octobre, la loi Egalim 2, venait d'ailleurs de rendre non négociables, explique Jérôme Foucault, président de l'Adepale, fédération professionnelles des entreprises agroalimentaires de transformation.