[Article initialement publié le 11 avril 2024 à 06h15] Un luxe qui, depuis plus d'un siècle, séduit les générations de futurs mariés. Aujourd'hui encore, le diamant s'achète, s'offre et rapporte plus que jamais. Mais pour quel impact écologique au regard de son arrière-boutique, les mines, d'où il est extrait ? Cette question, des nouveaux joailliers français se la posent désormais. Leur réponse se trouve dans le « diamant de laboratoire », une innovation technologique connue par les industriels et diamantaires depuis les années 1950, mais dont la viabilité commerciale n'est devenue possible qu'il y a une dizaine d'années.
Tout comme son homologue naturel, le « diamant de synthèse », ou de « culture » (appellation préférée par ses vendeurs), est obtenu à partir de fragments de carbone pur. La différence se trouve dans le procédé de cristallisation : là où la pression et les températures élevées des entrailles de la terre mettent plusieurs millions, voire milliards d'années, pour transformer l'atome de carbone en diamant, ici, ce sont les machines qui se chargent de la sublimation. Et ce, en quelques semaines seulement.
Pour y parvenir, deux procédés éprouvés existent. Baptisée « HPHT » (« High pression, High temperature », ndlr), la première méthode recourt à un four spécial. Ce dernier est en mesure de reproduire la très forte pression (70 bars environ) et haute température du sous-sol de la terre (aux alentours de 1.500°C). Soumise à celles-ci, une « graine » de carbone, soit un minuscule fragment de diamant (issu en général d'un autre diamant de laboratoire) se cristallise et grandit, atome par atome, jusqu'à devenir une pierre précieuse.