Les Allemands se mettent aussi à la voiture électrique

Alain-Gabriel Verdevoye

Alain-Gabriel Verdevoye
Ça y est, ils arrivent. Au moment même où Renault annonce qu'il va se lancer dans les hybrides car l'électrique ne suffit pas, les constructeurs allemands commercialisent leurs premiers modèles "zéro émission" de série. C'est ce lundi que BMW fait essayer à la presse ses nouvelles i3 électriques, dont la production en série a démarré le mois dernier à Leipzig. Les premières unités devraient être livrées en novembre à un prix de base de 27 990 euros (super-bonus au tarif actuel déduit).
Le groupe Volkswagen livrera pour sa part en décembre ses premières "minis" Up électriques, au tarif de 18 950 euros (une fois l'actuel super-bonus écologique déduit, batteries incluses). Tous ces véhicules sont plus chers que la Renault Zoé, livrable à partir de 13 800 euros (bonus inclus), mais dont la location des batteries est facturée en supplément. "Nous vendrons quelques centaines d'i3 électriques cette année, peut-être 200", expliquait récemment à latribune.fr Serge Naudin, patron de BMW France. Doté d'un châssis en aluminium et d'un habitacle en composites à renfort de fibre de carbone, la BMW i3 pèse 1 195 kg à peine, dont 230 de batteries. Elle développe 170 chevaux.
De surcroît, ce véhicule purement électrique pourra, sur demande, être doté d'un prolongateur d'autonomie qui, dès que la charge des batteries descend trop bas, la maintient à un niveau constant pendant le trajet grâce… à l'appoint d'un moteur bicylindre à essence. Mais il en coûtera presque 5 000 euros supplémentaires. La future Smart de Mercedes, produite en Lorraine dès 2014, aura aussi une déclinaison électrique de série. L'actuelle n'est vendue qu'au compte-gouttes à titre de test. Le marché est encore balbutiant, avec un démarrage bien plus lent que ce qu'espérait Renault.
Sur les neuf premiers mois de 2016, 6 318 voitures électriques ont été immatriculées en France, selon l'Avere (Association pour le développement de la mobilité électrique), qui représentent 0,47% du marché à peine. L'Avere espère toutefois que ce pourcentage grimpera à 1% à la fin de l'année grâce à la multiplication des modèles. Les pionniers Renault et son allié Nissan s'octroient 85% de ce segment. La Renault Zoé représente près de 50"% des ventes à elle seule, devant la Nissan Leaf.
Alors que le créneau des électriques commence tout juste à décoller, surtout grâce aux commandes publiques ou parapubliques, les constructeurs allemands, en plein lancement de leur offensive « zéro émission », clament pourtant haut et fort leur prudence.
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Christian Klingler, membre du directoire de Volkswagen chargé des ventes et du marketing nous le confirme :
S'ils se mettent sur le segment des électriques, les groupes allemands misent en fait plutôt sur l'hybride rechargeable. Une technologie onéreuse, qui combine motorisations thermique et électrique, avec une possibilité de recharge pour bénéficiera d'une cinquantaine de kilomètres d'autonomie en mode électrique pur. Et ce, sans obérer la praticité de véhicules qui s'utilisent dès lors comme des voitures classiques.
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La i8, deuxième modèle de la gamme écologique "i" de BMW prévu pour le deuxième trimestre 2014, sera ainsi un coupé hautes performances… hybride rechargeable. Et Volkswagen va mettre sur le marché à la mi-2014 une Golf également "Plug-in Hybrid".
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