Batteries : une filiale de Northvolt dépose le bilan
latribune.fr
Northvolt a accumulé les retards de production ces derniers mois. Couplés à une baisse de la demande, il se retrouve aujourd’hui dans une situation financière compliquée.
Northvolt, le fabricant suédois de batteries, a indiqué ce mardi avoir déposé le bilan de sa filiale chargée du développement de son usine géante. Un nouveau coup dur, moins de deux semaines après avoir annoncé la réduction de ses activités et la suppression de près d’un quart de ses emplois pour faire face à une situation financière tendue.
Les difficultés sont toujours là pour Northvolt. Le fabricant suédois de batteries pour véhicules électriques a déposé le bilan de sa filiale chargée du développement de son usine géante de Skelleftea, située dans le nord du pays. « Les travaux du projet d'expansion ont déjà été suspendus et Northvolt est en contact avec les fournisseurs et les sous-traitants », a écrit le groupe dans un communiqué publié ce mardi.
L'entreprise avait en effet déjà annoncé il y a moins de deux semaines, à la fin du mois de septembre, le gel du développement de ce site, où il peine à accélérer ses cadences de production. Outre la suppression de 1.000 postes dans cette usine - sur un total de 1.600 emplois supprimés sur les 6.500 que comptent le groupe - il avait indiqué mettre en sommeil une partie de sa production. Alors qu'il voulait initialement maîtriser toute la chaîne de production de la batterie électrique, depuis la fabrication de cathodes jusqu'au recyclage, il va finalement se concentrer sur la seule production de cellules de batteries.
L'entreprise avait aussi annoncé retarder le calendrier d'implantation de ses usines géantes de production au Canada, en Allemagne mais également son projet à Göteborg, au sud-ouest de la Suède, en partenariat avec Volvo.
Avec ces mesures, Northvolt espère rebondir face à une situation financière tendue. L'entreprise a pourtant bénéficié de 15 milliards de dollars de financements (13,5 milliards d'euros) depuis sa création en 2016, répartis entre des emprunts et des apports en capitaux propres. Car elle est vue comme l'un des grands espoirs européens en matière de batteries au moment où l'Europe cherche à rattraper son retard face aux géants asiatiques, particulièrement la Chine qui contrôle actuellement 85% de la production mondiale de cellules de batteries, selon les données de l'Agence internationale de l'énergie (AIE). Contre 3% pour l'Europe, qui vise une part de marché de 25% d'ici la fin de la décennie. Elle compte pour cela notamment sur Northvolt.
Mais le fabricant suédois a accumulé les retards de production ces derniers mois. Couplés à une baisse de la demande, il se retrouve aujourd'hui dans une situation financière compliquée. Selon le quotidien économique Dagens Industri (DI), celle-ci s'est nettement dégradée à la fin de l'été. Si bien que, d'après les médias suédois, le groupe essaie d'organiser une nouvelle émission d'actions pour un montant de 7,5 milliards de couronnes (660 millions d'euros).
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Northvol assure néanmoins avoir plus de 55 milliards de dollars de contrats de la part de clients tels que Volkswagen, Scania (groupe VW), ou Volvo. Volkswagen est par ailleurs le premier actionnaire de Northvolt avec 21% du capital, devant Goldman Sachs (19%).
Sans l'aide du gouvernement suédois
Dans cette crise, Northvolt ne pourra en tout cas pas compter sur son pays. Le gouvernement suédois a en effet déjà prévenu qu'il ne viendrait pas à la rescousse des finances de l'entreprise. Le Premier ministre, Ulf Kristersson, a indiqué mi-septembre qu'il « n'[était] pas prévu que l'État suédois [en] devienne actionnaire ». « Pour l'instant, la balle est dans le camp des propriétaires de Northvolt », avait-il déclaré.
Pour autant, l'exécutif suédois a créé un groupe de coordination interministériel pour suivre la situation de l'entreprise. « Depuis quelque temps, un groupe de secrétaires d'État est chargé de coordonner le travail sur la question de Northvolt », a reconnu le ministère de l'Énergie et de l'industrie dans un message à l'AFP fin septembre. Parmi ses attributions, ce groupe est chargé « d'avoir des contacts avec les acteurs locaux et régionaux et de s'assurer que le bureau du gouvernement est bien informé et prêt à prendre des mesures », est-il précisé.
Reste que Northvol aurait bien aimé ce soutien gouvernemental. Son patron avait indiqué souhaiter fin septembre que toutes les parties impliquées, en particulier les États où le groupe s'implante, soient prêtes à l'aider, sans préciser comment. « Il est très important dans cette situation que toutes les parties prenantes, et je parle des clients, des investisseurs, des prêteurs, mais aussi des États suédois, allemand et canadien, que tout le monde soit prêt à aider un peu dans cette situation, parce que c'est très important stratégiquement pour l'Europe, pour l'industrie automobile suédoise, et pour l'expertise en Suède sur la transition verte, que cela soit un succès », avait plaidé Peter Carlsson dans un article de Dagens Industri. Sans être visiblement entendu pour le moment par les autorités de son pays.