Le marché immobilier parisien n'est plus aussi liquide qu'avant la crise économique et sanitaire. Les délais de vente s'allongent dans les agences, les loyers se détendent. Du fait de la Covid-19, les agents comme les notaires observent en outre un effet "double résidence principale" couplé à une chute des achats d'investisseurs étrangers. Conséquence: les prix moyens du mètre carré dans la capitale amorcent une décrue. Consolidation ou fin de cycle ?
Après avoir déjà dépassé les 10.000 euros, le prix moyen du mètre carré à Paris va-t-il atteindre les 11.407 euros, comme l'évalue l'agence immobilière en ligne Hosman qui revendique un calcul en temps réel ? Ou, au contraire, va-t-on assister à une baisse des prix dans les mois qui viennent ? « Je ne vois pas d'autres scénarios après quatre ans d'euphorie », déclare le président du réseau L'Adresse Brice Cardi.
Pour les notaires du Grand Paris, le prix moyen de 10.850 euros le mètre carré en novembre 2020 « passerait » à 10.700 euros le m² en mars 2021, soit une baisse de 1,4% dans la capitale. La hausse annuelle des prix entre mars 2020 et mars 2021 serait limitée à 2,3%, « soit le plus faible niveau de la région [Île-de-France, Ndlr] avec la Seine-et-Marne (+1,9%). Et ce après avoir augmenté de 6,3% entre novembre 2019 et novembre 2020.
Le marché n'est plus aussi liquide
« Si on l'avait coutume d'écrire que Paris pouvait être la locomotive du marché immobilier francilien, 2020 le contredira aisément », confirme le Conseil supérieur du notariat (CSN) dans sa dernière note. « Trop de contraintes financières, un marché tendu, une augmentation des temps de transport... », liste le CSN. Alors que le volume national de transactions a diminué de 4% entre novembre 2019 et novembre 2020, il a chuté de 18% à Paris !
Les négociations sur les biens sont effectivement plus longues et plus tendues dans la capitale. « Il y a tout de même 12% de demandes en moins à Paris et les délais de vente se sont allongés », confirme la présidente de Particulier à Particulier (PAP.fr). « Si le prix de vente est trop haut, ça ne passe pas. Nous assistons à une forme de rééquilibrage », ajoute Corinne Jolly.
Le marché n'est plus aussi liquide qu'avant la crise économique et sanitaire. Selon une étude de Homeloop et Yanport, réalisée entre septembre et décembre dernier sur 66.849 annonces, les propriétaires d'appartement une pièce mettent trente jours à vendre, alors que ceux de deux et trois pièces doivent attendre quarante-deux voire quarante-six jours.
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