ENQUÊTE - ÉPISODE 1. Avec la pandémie, foncière et promoteurs immobiliers sont confrontés à un casse-tête pour transformer les bureaux en logements : restructurer de fond en comble ou bien démolir. Le tout en prenant en compte une pléthore de normes techniques nationales ou locales. Premier volet de notre série « L'immobilier post Covid ».> Retrouvez demain le second volet :« Le grand exode des Français vers les villes moyennes ? »
C'est l'un des objectifs affichés par le projet de loi sur l'évolution du logement, de l'aménagement et du numérique (Élan): faciliter la transformation de bureaux en logements. Avant même de présenter le texte en Conseil des ministres, Julien Denormandie, alors ministre de la Ville et du Logement, réunit, à la Chambre de commerce et d'industrie de Paris Ile-de-France, dix foncières et promoteurs: Bouygues Immobilier, Compagnie de Phalsbourg, Emerige, Gecina, Icade, Kaufman & Broad, La Française, Novaxia, Spie Batignolles et Vinci Immobilier. Tous paraphent alors une charte visant à trouver 500.000 m² de bureaux d'ici à 2020 et à les transformer en 5.000 à 10.000 logements d'ici à 2022.
Restructurer de fond en comble ou démolir
Près de trois ans se sont écoulés depuis cette signature de mars 2018, et ce chantier avance bon an mal an. Constatant qu'il n'existe "pas de bilan chiffré pour le moment", l'équipe de l'actuelle ministre du Logement fait savoir à La Tribune qu'Emmanuelle Wargon réunira, début 2021, les acteurs concernés pour "un tour de table" sur le sujet. Deux possibilités s'offrent déjà aux professionnels: soit restructurer de fond en comble un immeuble de bureaux existants pour le muter en habitats et/ou en activités économiques, soit démolir un bâtiment pour reconstruire par-dessus.
Or, depuis le début de la crise économique et sanitaire, le secteur du logement neuf demeure à la peine voire en crise. De même que les valeurs locatives de certains bureaux tendent à égaliser voire à baisser par rapport aux valorisations des logements. Sans oublier tous ces nouveaux maires réticents à l'idée de construire. En d'autres termes: la Covid-19 va-t-elle accélérer ces transformations ?
Une équation économique jamais simple à résoudre
A l'époque, lcade revendiquait la pôle position avec 800 transformations en cours en Île-de-France, dont 300 dans le Grand Paris, et 2.000 en projet. A ce jour, la filiale immobilière de la Caisse des Dépôts semble avoir atteint ses objectifs, puisqu'elle déclare un parc de 2.840 logements produits de cette manière. "Nous y dédions d'ores et déjà une équipe pour capitaliser notre expérience et développer cette technicité particulière", déclare Emmanuel Desmaizières, directeur général d'Icade Promotion. Livré fin 2021, son siège marseillais comportera 6.000 m² de bureaux et 116 habitats.