Guerre du gaz : blocage surprise de la Russie alors que l'Europe attendait la reprise des approvisionnements

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L'Union européenne, la Russie et l'Ukraine étaient parvenus à un accord samedi dans la nuit pour le déploiement d'observateurs chargés de surveiller le transit gazier. La Russie devait donc reprendre ce dimanche la livraison de son gaz à l'Europe via l'Ukraine. Mais au dernier moment, Moscou a tout bloqué.

Après plusieurs jours d'arrêt total des approvisionnements, l'Europe espérait de nouveau profiter des livraisons de gaz russe transitant par l'Ukraine. L'Union européenne (UE), la Russie et l'Ukraine étaient en effet parvenus à un accord samedi dans la nuit pour le déploiement d'observateurs chargés de surveiller le transit gazier.

Toutefois, la perspective d'une réouverture immédiate des vannes de gaz russe, espérée par l'Europe, paraissait de plus en plus en incertaine ce dimanche, la Russie invoquant des problèmes de procédure retardant le déploiement des observateurs chargés de surveiller le transit gazier. Et dimanche soir, on a appris que le président russe, Dmitri Medvedev, avait ordonné au gouvernement de ne pas appliquer l'accord pour le déploiement d'observateurs chargés de surveiller le transit gazier russe en Ukraine vers l'Europe. Moscou reproche à Kiev d'avoir émis des réserves qui contredisent le sens du texte. Qui dit pas d'observateurs dit pas de gaz pour l'instant.

Ces équipes d'observateurs européens, russes et ukrainiens ont pour tâche de s'assurer qu'aucun volume n'est subtilisé pendant le transit. La Russie avait en effet justifié la coupure totale de ses livraisons mercredi par les "vols" dont l'Ukraine se serait rendue coupable. Le document, signé par la Russie, l'Ukraine et l'UE, prévoit la création d'un "groupe d'experts comprenant 25 experts de chaque côté. Ce groupe doit effectuer le contrôle sur le principe de parité, tant sur le territoire ukrainien que russe". La présidence ukrainienne indique que "l'information sur les résultats du contrôle du transit sera transmise en temps réel aux structures compétentes à Kiev, Bruxelles et Moscou".

Ce dimanche, le porte-parole de Gazprom, Sergueï Kouprianov avait déjà douché les espoirs d'une reprise immédiate des livraisons de gaz russe en déclarant à la télévision russe que le travail des observateurs était "retardé", car la Russie n'a pas reçu "par les canaux officiels l'accord signé par toutes les parties". Le président Dmitri Medvedev avait de son côté indiqué que la Russie "relancerait le transit dès que seront remplies les deux conditions" déjà connues : la signature par toutes les parties de l'accord de surveillance du transit dans sa version "signée par la Russie" et "la présence de fait des observateurs" sur place.

La Commission européenne, qui s'est d'abord félicitée de l'accord gazier, affirme pour sa part que l'accord sur la surveillance du transit gazier entre la Russie et l'Ukraine a été transmis à toutes les parties, contredisant ainsi Gazprom. Pour Bruxelles, il n'y a "aucune raison" de retarder encore la reprise des livraisons. Plus tôt ce dimanche, le président de la Commission, Jose Manuel Barroso, insistait dans un communiqué sur l'urgence de "voir ce gaz circuler immédiatement vers l'UE" après plusieurs jours d'interruption. "Beaucoup de citoyens de l'UE sont mis en danger par l'absence de gaz, et cette situation n'a que trop duré", a-t-il estimé.

Plusieurs pays d'Europe centrale et balkanique, presque entièrement dépendants du gaz russe , ont dû faire face cette semaine à de graves difficultés pour fournir de l'énergie aux habitants et à l'industrie, et ce alors que sévissait une vague de froid sur le continent. La situation devrait donc s'améliorer dans les jours qui viennent. Les spécialistes estiment en effet qu'il faudra 36 heures entre la réouverture des vannes et l'arrivée du gaz naturel russe dans les foyers européens.

Lundi, les ministres européens vont tenir une réunion extraordinaire sur la crise gazière centrée sur l'entraide énergétique, qui risque toutefois d'être assombrie par l'annonce unilatérale de la relance d'une vieille centrale nucléaire slovaque.

Par ailleurs, le fond du problème entre Moscou et Kiev reste entier : les deux gouvernements continuent de se déchirer sur la question du tarif pour le gaz à payer en 2009 par l'Ukraine et sur le montant des arriérés de paiement de cette dernière. Après trois jours de négociations, aucun accord n'a abouti à ce sujet.
 

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a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Quand allez-vous comprendre que le gaz russe appartient aux russes et que ces gens n'ont guère apprécié le rôle de l'Ukraine et de certains autres états européens en Aout 2008. J'ai suggéré aux russes de dire à toutes ces "putain" américaines d'aller acheter leurs hydrocarbures en Alaska. D'ailleurs, Mr Poutine a décidé d'accélérer la construction de pipelines en Asie et de constituer une réserve stratégique comme le font les américains. Bizarrement, vous n'avez pas commenté à ce sujet ! Merci, les fossoyeurs ! On est vraiment informé et gouverné par des nullités. (Heureusement que je suis bilingue !) Meilleurs Voeux; que le Saint-Esprit tombe sur la tête de certains ! Amicalement. JCM Tel: 0450240275
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
La Russie ferait mieux de s'occuper de sa population interne plutôt que de jouer les aventuriers sur la scène internationale.
Les Russes ont faim et la crises nous conduit vers une troisième faillite économique. Et MONSIEUR Poutine envoi de l'aide humanitaire a travers le monde et nous prive de grosses partie de nos recettes financières.
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
HE JCM puisque tu es bilingue pourquoi ne leur as-tu pas suggéré de financer NABUCCO?
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Les russes ne sont pas des partenaires commerciaux fiables. Arretons de leur acheter quoi que ce soit...
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
ok, la gaz apparteint aux russes. je n ai rien vu qui ne m aie sauté aux yeux allant l'opposé de cela dans l article?
Pourrais tu développer JCM 132 ? sincèrement , je souhaite plus d info. on sait tous que tous que les etats sont attachés à leurs matières premières.
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
C PA GRAVE?ISRAEL VOLE LE GAZ DES PALESTINIENS
ONT POURRA LEUR ACHETER A EUX!VU QUE L ON NE DIT RIEN SUR LE GENOCIDE PALESTIENIENS
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Le comportement des Russes montre bien qu'ils ne sont pas tout blanc dans cette affaire, la surveillance des transits gaziers les embêterait-elle au point de reculer aprés un accord multilatéral ? Leur attitude est sans équivoque. Nous avons besoin du gaz Russe sur le court terme, mais ensuite...Ce pays ne changera jamais, de l'impérialisme des Tsars, à celui de Poutine, en passant par le pire, le soviétisme, qui comme chacun le sait, faisait le " bonheur des peuples " qui y adhéraient... c'est l'éternelle Russie. Les Russes font fausse route, ils ont encore plus besoin de l'Europe que nous avons besoin d'eux. Que dire de cette société, dont le siège social est en suisse, composée d'énarque pour moitié Russes et pour moitié Ukrainien qui se partage une partie du gâteau des ressources énergétiques Russes... c'est la mafia dans toute sa splendeur !!! Etant bilingue je peux suivre les informations émanent de nombreuses sources, encore faut-il regarder les choses objectivement et savoir lire entre les lignes.
a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :
Erreur sur mon article : lire "Oligarques" à la place de" Enarques". Avec mille excuses.

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