Londres s'interroge sur la sécurité des futures centrales nucléaires d'Areva et de Toshiba

L'autorité britannique de sûreté nucléaire, la HSE, demande plus d'informations au français Areva et au japonais Toshiba sur leurs projets de futurs réacteurs nucléaires, respectivement l'EPR et l'AP1000, en lice pour moderniser le parc du Royaume-Uni.

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(Crédits : © 2009 Thomson Reuters)

Areva et Toshiba doivent rapidement résoudre les problèmes de sécurité concernant leurs réacteurs s'ils veulent recevoir le feu vert en temps voulu pour construire des centrales nucléaires en Grande-Bretagne, annonce l'autorité britannique de sûreté nucléaire, la HSE. Les demandes de la HSE (Health and Safety Executive) sont contenues dans un nouveau volet à mi-parcours de son rapport de certification du Réacteur à eau pressurisée (EPR) d'Areva et d'EDF et du réacteur Westinghouse AP1000 de Toshiba. Les conclusions définitives du rapport d'évaluation de l'EPR sont prévues pour la mi-2011.

Le Royaume-Uni veut construire des centrales nucléaires pour remplacer son parc vieillissant et de nombreuses compagnies européennes sont sur les rangs, aux premiers rangs desquelles la compagnie française d'électricité EDF. Le français a fait du réacteur d'Areva la clé de sa stratégie dans le cadre du renouveau du nucléaire dans le monde, notamment au Royaume-Uni où la compagnie française a racheté l'opérateur de centrales British Energy et vise au moins quatre réacteurs EPR. Le premier doit entrer en service pour la fin 2017.

Selon le rapport de la HSE, des informations insuffisantes de la part d'Areva et de Toshiba ainsi qu'une "manque de ressources" en interne ont ralenti le processus de certification. Une action rapide de la part des concepteurs est nécessaire pour respecter l'objectif de juin 2011, précise l'organisme.

PROGRESSER SUR LA SECURITE

"Les deux conceptions pourraient convenir pour la construction des sites autorisés au Royaume-Uni une fois que des avancées satisfaisantes auront été faites sur un certain nombre de questions techniques", lit-on dans le rapport."Toutefois, nous avons identifié un certain nombre de questions concernant les caractéristiques de sécurité du concept sur lesquelles il faudra d'"abord progresser". Les autorités de sûreté nucléaire française, britannique et finlandaise avaient fait part début novembre de leurs inquiétudes vis-à-vis de la conception du système de contrôle-commande du réacteur de l'EPR, en particulier au niveau du système de sécurité utilisé pour piloter le réacteur en cas d'incident et de son indépendance vis-à-vis du mécanisme de contrôle en fonctionnement normal.

Dans son rapport de vendredi, le HSE estime que les premières propositions de modification présentées par EDF et Areva semblent "raisonnables" mais dit avoir besoin de plus de détails pour les approuver. Dans un communiqué, Areva dit s'engager "à fournir dans les délais prévus les réponses aux sujets mentionnés dans le rapport". "Les autorités de sûreté britanniques ont qualifié de constructives les réponses fournies par Areva et EDF en ce qui concerne le système de contrôle-commande. Elles estiment que les propositions formulées seront satisfaisantes", précise Areva.

L'autorité britannique a aussi identifié des questions de sécurité pour l'AP1000 de Toshiba qui doivent elles aussi être résolues rapidement, soit via une modification de la concertation, soit via des sauvegardes supplémentaires.

L'EPR a été sélectionné pour 23 projets dans le monde. Quatre réacteurs de ce type sont en construction en Finlande (où le chantier accumule retards et surcoûts), en France - à Flamanville, dans la Manche - et en Chine, dans la province du Guangdong. En janvier, le gouvernement français a donné son feu vert à la construction d'un deuxième EPR en France.

Le nouveau P-DG d'EDF, Henri Proglio, a toutefois estimé dans un entretien publié jeudi dans Le Figaro qu'EDF devait diversifier son offre. "Le groupe axe aujourd'hui tout son développement sur un seul réacteur. Notre catalogue, cela ne peut être uniquement l'EPR", a-t-il dit. Mais le même jour, au cours d'une visite justement sur le chantier de l'EPR de Flamanville, première sorie d'henri Proglio comme patron d'EDF, aux côtés du Premier ministre François Fillon et des dirigeants d'Areva, Anne Lauvergeon, présidente du directoire, et Jean-Cyril Spinetta, président du conseil fde surveillance (ex PDG d'Air France-KLM), le gouvernement a réaffirmé son soutien à la filière EPR, à Areva et chargé Henri Proglio de participer à la réussite de l'EPR.

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