Obama durcit les normes contre l'ozone... au grand dam des industriels

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L'exposition au smog provoque des problèmes respiratoires et peut engendrer des décès prématurés selon l'EPA.
L'exposition au "smog" provoque des problèmes respiratoires et peut engendrer des décès prématurés selon l'EPA. (Crédits : Reuters)
Des mesures plus strictes ont été adoptées mercredi 26 novembre aux Etats-Unis pour réduire la concentration d'ozone dans l'air. Un revirement de l'administration Obama, qui avait assoupli les règles en 2011 en raison de leur possible impact sur l'économie.

Après les Parisiens, les particules dans l'atmosphère préoccupent aussi les Américains. L'Agence de protection de l'environnement (EPA) propose de limiter les émissions d'ozone entre 65 et 70 ppb ("parties par milliard", valeur qui exprime le nombre de molécule de gaz par milliard de molécules d'air), contre 75 ppb aujourd'hui, soit une baisse comprise entre 7 et 13%. Cela équivaudrait à revenir au plafond de 2008, indique le Financial Times.

L'objectif pour le gouvernement qui s'est saisi du rapport? Réduire le "smog", ce "brouillard" de pollution qui fait peser des risques importants sur la santé. Les études épluchées par les scientifiques de l'EPA se rejoignent pour dire qu'une exposition à des niveaux d'ozone même en dessous des 75 ppb provoque des problèmes respiratoires et peut engendrer des décès prématurés.

"Des standards d'ozone plus exigeants apporteraient une meilleure protection pour ceux qui souffrent d'asthme et permettraient aux citoyens de ne plus subir une pollution quotidienne", justifie l'administratrice de l'EPA, Gina McCarthy.

Une mesure coûteuse...

A priori, il n'y aurait donc que des bonnes raisons pour renforcer les mesures contre les pollutions à l'ozone. Sauf... que si les Etats-Unis décidaient d'atteindre l'objectif des 65 ppb, ce serait la mesure environnementale la plus coûteuse depuis 17 ans, estime l'EPA. Une perspective qui a déjà provoqué un tollé chez les Républicains et les industriels américains.

"Les nouvelles normes (...) risquent de coûter plus de 1.500 dollars par an aux ménages, de réduire le PIB de milliers de milliards, et de détruire des millions d'emplois ", a fustigé le président de la Chambre des représentants, le républicain John Boehner.

Les industries chimiques, représentées par l'American Chemistry Council (ACC), ont quant à elles estimé que "la croissance du secteur manufacturier pourrait être ralentie, voire s'arrêter dans certains Etats".

... mais compensée selon l'EPA

L'EPA argumente que les coûts liés à ces mesures seraient en fait largement limités, puisque les Etats-Unis ont déjà mis en place des règles pour réduire les émissions de gaz à effet de serre (dont l'ozone et le CO2 font partie), notamment issus des centrales électriques et des véhicules. L'agence indique qu'en limitant à 60 ppb le rejet d'ozone, les bénéfices liés à la santé compenseraient largement les coûts induits.

Les associations environnementales, quant à elles, ont estimé que cette mesure était l'une des plus importantes en matière de santé publique prises par le président Obama pendant son second mandat.

Ces normes doivent entrer en vigueur après une période de consultation de 90 jours. Les industries pétrolières notamment ont indiqué qu'elles feraient tout pour les bloquer, rapporte le Financial Times. Mais dans les faits, ces nouveaux standards devraient en réalité inciter les états à promulguer de nouvelles régulations, et non pas contraindre directement les entreprises.

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