Obama durcit les normes contre l'ozone... au grand dam des industriels

Tiphaine Honoré

Tiphaine Honoré
Après les Parisiens, les particules dans l'atmosphère préoccupent aussi les Américains. L'Agence de protection de l'environnement (EPA) propose de limiter les émissions d'ozone entre 65 et 70 ppb ("parties par milliard", valeur qui exprime le nombre de molécule de gaz par milliard de molécules d'air), contre 75 ppb aujourd'hui, soit une baisse comprise entre 7 et 13%. Cela équivaudrait à revenir au plafond de 2008, indique le Financial Times.
L'objectif pour le gouvernement qui s'est saisi du rapport? Réduire le "smog", ce "brouillard" de pollution qui fait peser des risques importants sur la santé. Les études épluchées par les scientifiques de l'EPA se rejoignent pour dire qu'une exposition à des niveaux d'ozone même en dessous des 75 ppb provoque des problèmes respiratoires et peut engendrer des décès prématurés.
A priori, il n'y aurait donc que des bonnes raisons pour renforcer les mesures contre les pollutions à l'ozone. Sauf... que si les Etats-Unis décidaient d'atteindre l'objectif des 65 ppb, ce serait la mesure environnementale la plus coûteuse depuis 17 ans, estime l'EPA. Une perspective qui a déjà provoqué un tollé chez les Républicains et les industriels américains.
Les industries chimiques, représentées par l'American Chemistry Council (ACC), ont quant à elles estimé que "la croissance du secteur manufacturier pourrait être ralentie, voire s'arrêter dans certains Etats".
L'EPA argumente que les coûts liés à ces mesures seraient en fait largement limités, puisque les Etats-Unis ont déjà mis en place des règles pour réduire les émissions de gaz à effet de serre (dont l'ozone et le CO2 font partie), notamment issus des centrales électriques et des véhicules. L'agence indique qu'en limitant à 60 ppb le rejet d'ozone, les bénéfices liés à la santé compenseraient largement les coûts induits.
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Les associations environnementales, quant à elles, ont estimé que cette mesure était l'une des plus importantes en matière de santé publique prises par le président Obama pendant son second mandat.
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Ces normes doivent entrer en vigueur après une période de consultation de 90 jours. Les industries pétrolières notamment ont indiqué qu'elles feraient tout pour les bloquer, rapporte le Financial Times. Mais dans les faits, ces nouveaux standards devraient en réalité inciter les états à promulguer de nouvelles régulations, et non pas contraindre directement les entreprises.
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