Areva étudie un projet de cession de sa filiale "réacteurs" à EDF

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L'Etat, actionnaire majoritaire d'Areva et EDF, a demandé à plusieurs reprises aux deux groupes de travailler à un rapprochement, en particulier dans l'activité réacteurs, afin de favoriser le redressement d'Areva.
L'Etat, actionnaire majoritaire d'Areva et EDF, a demandé à plusieurs reprises aux deux groupes de travailler à un rapprochement, en particulier dans l'activité "réacteurs", afin de favoriser le redressement d'Areva. (Crédits : © Lehtikuva Lehtikuva / Reuters)
Le groupe nucléaire Areva, en grande difficulté financière, a présenté jeudi en comité de groupe France deux scénarios concernant sa filiale Areva NP (réacteurs et ingénierie), dont une cession totale à EDF, a-t-on appris de sources concordantes.

Publié le 03/04/2015 à 07:40. Mis à jour le 03/04/2015 à 12:59.

Comme annoncé fin mars dans la presse, l'une des filiales d'Areva, la division Areva NP (réacteurs et ingénierie), pourrait bien être cédée à EDF. C'est l'une des deux options présentées jeudi 2 avril au soir lors d'un comité du groupe nucléaire français, selon la CFDT et une source proche des discussions.

Plus précisément, Areva NP pourrait faire l'objet d'un projet de cession totale ou d'un projet de regroupement des équipes d'ingénierie d'Areva NP et d'EDF, dans une structure contrôlée par l'électricien.

L'avenir d'Areva NP scellé fin avril

La direction du groupe a confirmé que l'ordre du jour avait été modifié pour se concentrer sur la question du rapprochement entre Areva et EDF. Le directeur général Philippe Knoche "a présenté les différents scénarios à l'étude et répondu aux questions sur ce sujet", a déclaré un porte-parole à l'AFP, sans donner davantage de détails.

"L'objectif est qu'un scénario privilégié soit retenu d'ici fin avril", a de son côté réagi le ministère de l'Economie auprès de l'AFP.

L'Etat, actionnaire majoritaire d'Areva et EDF, a demandé à plusieurs reprises aux deux groupes de travailler à un rapprochement, en particulier dans l'activité "réacteurs", afin de favoriser le redressement d'Areva.

"Scénario extrêmement nocif"

"C'est la première information officielle" sur les projets stratégiques du groupe, a précisé Jean-Pierre Bachmann, coordinateur CFDT, en qualifiant de "scénario extrêmement nocif" le projet de cession totale. Une telle cession mettrait fin au modèle de groupe intégré, de l'extraction du minerai d'uranium jusqu'au traitement des déchets, cher à l'ancienne Pdg Anne Lauvergeon.

Pour la CFDT, elle amputerait "ses compétences, son périmètre et son coeur de métier nucléaire" sans répondre "aux besoins de financement" d'Areva, alors que "d'autres solutions sont envisageables pour le redressement" du groupe. La CFDT demande donc à l'Etat "de surseoir à sa décision de vendre Areva NP à EDF".

Difficultés financières

Le 4 mars, le groupe contrôlé à 87% par des capitaux publics avait dévoilé une perte nette de près de 5 milliards d'euros et dit travailler à une restructuration, qui passerait par un recentrage de ses activités sur "le cœur des procédés nucléaires" et la cession de certains de ses actifs.

Areva NP, ex-Framatome, regroupe notamment toutes les activités concernant l'ingénierie des réacteurs nucléaires, leur construction et la fabrication de leurs composants. En termes d'effectifs, Areva NP et ses filiales comptent environ 20.000 salariés dans le monde, soit près de la moitié des effectifs totaux d'Areva.

Les syndicats opposés à une cession des réacteurs à EDF

 La cession totale ou partielle à EDF des activités d'Areva dans les réacteurs nucléaires représenterait un démantèlement du groupe et ne répondrait pas à ses besoins financiers, ont estimé vendredi les syndicats du spécialiste public du nucléaire.

"Les membres du comité de groupe France sont opposés au démantèlement du groupe par cession totale ou partielle d'Areva NP vers EDF. Ce scénario n'a rien d'industriel et nous rappelle les erreurs du passé (...)", ont indiqué vendredi la CFDT, la CGT, le CFE-CGC, FO et l'UNSA dans un communiqué commun.

"Les incidences catastrophiques n'ont visiblement pas été étudiées. Le scénario ne résiste pas à une analyse fine des impacts commerciaux, sociaux et réglementaires et ne répond nullement aux besoins financiers à moyen terme du groupe", ont ajouté les syndicats.

Les représentants du personnel d'Areva demandent en conséquence des solutions alternatives permettant "de maintenir et consolider tous les outils industriels indispensables aux besoins de la filière en évitant toute casse sociale".

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Commentaires
a écrit le 05/04/2015 à 11:19 :
Mais je croyais EDF sur-endetté ? Comme Lévy (PDG d'EDF) peut-il envisager de reprendre une activté deficitaire ou il va devoir injecter de l'argent alors qu'il joue les pleureuses depuis plusieurs mois a demander des hausses de tarifs ?
a écrit le 04/04/2015 à 11:19 :
ce truc n'a aucune rationalité économique , ni queue ni tête. Je connais aucun Électricien dans le monde qui possédé son propre fabricant de réacteurs nucléaires. >Conflit d'interet en perspective
La seule raison est que l'Etat veut une fois de plus différer les décisions difficiles (plan social) et est a court d'argent pour recapitaliser AREVA, donc on met EDF a contribution
Réponse de le 05/04/2015 à 11:15 :
+1
a écrit le 04/04/2015 à 10:03 :
Une société incompétente doit déposer le bilan pour laisser la place à une plus efficace. Dans ce monde concurrentiel et libéral, ce n'est pas au contribuable d'enrichir des actionnaires. Il serait temps que l'état soit logique avec sa nouvelle doctrine.
a écrit le 04/04/2015 à 9:42 :
Et une fois de plus EDF va servir de vache à lait !
a écrit le 04/04/2015 à 7:58 :
Fusionner les ingénieries d'EDF et d'Areva présente des synergies. A la limite, ça a même plus de sens que de garder les réacteurs et le combustible ensembles au sein d'Areva.
a écrit le 03/04/2015 à 19:33 :
Bonne nouvelle : les consommateurs d'électricité, encore très majoritairement clients d'EDF vont donc payer les pertes d'Areva. Jusqu'à ce qu'ils décident de passer chez GDF, laissant EDF en crise. C'est la manière du gouvernement de colporter la crise.
Réponse de le 05/04/2015 à 11:16 :
Exact, sau que je suis chez Enercoop.
a écrit le 03/04/2015 à 19:01 :
Aujourd'hui on s'inquiète avec raison pour l'avenir de notre outil industriel. Les deux sociétés EdF et Areva sont sous la tutelle de l'état. Nous sommes arrivés à une situation qui démontre l'incompétence de l'autorité de tutelle dans le domaine d'une perspective industrielle de long terme. De plus les écologistes ont eu de cesse d'ajouter des normes dans le seul but d'augmenter les coûts et faire ainsi la démonstration que le nucléaire est aussi cher que les énergies dites vertes. En reprenant ou en adossant Areva a EdF, ne va t'on pas affaiblir EdF il ne peut être-là dans le seul but de renflouer les canards boiteux. Nous avons vécu la même chose avec le photovoltaïque sous l'aire Sarkosy...
a écrit le 03/04/2015 à 17:56 :
redresser une société en la dépouillant de son coeur de métier , bizare bizarre ...
a écrit le 03/04/2015 à 15:57 :
C'est EDF qui va récupérer les bêtises d'Areva. Combien est payé le PDG d'Areva pour avoir un tel bilan ? Les dirigeants et les administrateurs devraient être tenus financièrement responsables de leur bilan, ça les encouragerait a avoir de meilleurs résultats. Nous, dans le privé quand on n'est pas bons, on coule. Et quand on est bons, on a les remerciements, mais pour une prime faut attendre longtemps. Marre de financer via mes impôts des conneries pareilles. Areva, après avoir fichu le bord..., va se séparer de ce qui plombe son bilan en le fourguant a la solidarité publique et empocher le bénéfice du reste des activités qui lui n'est pas encore devenu un "canard boiteux "... Avec la bénédiction de l'Etat et le soutien financier du CONtribuable... C'est minable.
a écrit le 03/04/2015 à 9:54 :
Que sont les autres scénarios évoqués par la CFDT?
10Mds d'euros dilapidés par la mégalomanie d'Anne Lauvergeon, ça ne se rattrape pas comme ça. le réacteur EPR de Finlande, Uramin et les embauches à tour de bras pour nourrir une usine à gaz en gestion et administration. Je ne vois pas comment ça se fera sans réduction des effectifs et réorganisation opérationnelle.
a écrit le 03/04/2015 à 7:52 :
Le démantèlement d'une société plombée par une gestion folle avec l'aval de l'état principal actionnaire.

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