COP24 : la Banque mondiale va mobiliser 200 milliards de dollars pour le climat

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Augmentation du niveau des mers, inondations, sécheresses... La Banque mondiale a décidé d'insister pour son plan 2021-2025 sur le soutien à l'adaptation aux effets des dérèglements climatiques.
Augmentation du niveau des mers, inondations, sécheresses... La Banque mondiale a décidé d'insister pour son plan 2021-2025 sur le soutien à l'adaptation aux effets des dérèglements climatiques. (Crédits : Reuters)
Alors que la COP24 s'ouvre en Pologne, la Banque mondiale a décidé d'allouer une enveloppe de 200 milliards de dollars en faveur du climat pour son plan 2021-2025. Ces fonds seront largement destinés au financement de projets d'adaptation aux effets des dérèglements climatiques.

La Banque mondiale a annoncé ce lundi 3 décembre la mobilisation d'environ 200 milliards de dollars de financements de 2021 à 2025 pour aider les pays en développement face au changement climatique, soit un "doublement" par rapport à la période précédente. Cette annonce, qui intervient juste après le début de la 24e Conférence de l'ONU sur le climat en Pologne (COP24) à Katowice, en Pologne, "envoie un signal important à la communauté internationale, pour qu'elle fasse de même", a déclaré la Banque dans un communiqué.

Les quelque 200 pays réunis à Katowice jusqu'au 14 décembre doivent finaliser les règles d'application de l'accord de Paris, qui vise à limiter le réchauffement à +2°C, idéalement +1,5°C, par rapport à l'ère pré-industrielle.

100 milliards de "financements directs" de la Banque mondiale

Les pays développés se sont engagés à porter à 100 milliards de dollars par an d'ici à 2020 les financements (publics et privés) des politiques climatiques des pays en développement. Mais même si les flux augmentent, selon l'OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques), les pays du Sud réclament des engagements plus clairs du Nord.

L'enveloppe de quelque 200 milliards sera composée de 100 milliards de dollars de "financements directs" de la Banque mondiale. L'autre moitié est répartie entre environ un tiers de fonds directs de deux agences dépendant du groupe Banque mondiale et deux tiers de fonds privés mobilisés par leur intermédiaire, a expliqué à l'AFP le responsable du dossier climat de la Banque, John Roome, précisant que cela représenterait 35% du total des financements.

"Cela fait environ 40 milliards par an, dont 27 milliards de fonds directs", a-t-il commenté. Au cours de l'année fiscale 2018 (juillet 2017 à juin 2018), la Banque a engagé 20,5 milliards de dollars de financements sur le climat et en moyenne environ 13,5 milliards par an sur la période 2014-2018, a-t-il précisé.

Soutien à des projets d'adaptation

Alors que les financements concernant le climat se concentrent en majorité sur les actions de réduction des émissions de gaz à effet de serre, notamment sur le développement des énergies renouvelables, la Banque a décidé d'insister pour son plan 2021-2025 sur le soutien à l'adaptation aux effets des dérèglements climatique.

"Nous devons combattre les causes mais aussi permettre de nous adapter aux conséquences qui sont souvent les plus dramatiques pour les plus pauvres du monde", a commenté Kristalina Georgieva, la directrice générale de la Banque mondiale.

Ainsi, "pour la première fois", la moitié des 100 milliards de fonds directs de la Banque seront consacrés à des projets d'adaptation.

Vers 143 millions de migrants climatiques d'ici 2050 en Afrique, Asie du Sud et Amérique latine

Augmentation du niveau des mers, inondations, sécheresses... Face aux effets dévastateurs des aléas climatiques qui les frapperont de plus en plus, les besoins des pays en développement sont énormes pour construire des digues, surélever des habitats ou mettre en place des systèmes d'alerte météo.

"Même si nous pouvons limiter le réchauffement à +2°C, nous savons que les besoins d'adaptation seront très importants dans des pays comme le Tchad, le Mozambique et le Bangladesh", a noté John Roome.

"Si nous ne réduisons pas les émissions et ne mettons pas en place des mesures d'adaptation maintenant, il y aura 100 millions de personnes supplémentaires vivant dans la pauvreté d'ici à 2030", a-t-il insisté. Et le nombre des "migrants climatiques" pourrait se multiplier, pour atteindre 143 millions d'ici à 2050 dans seulement trois régions (Afrique, Asie du Sud et Amérique latine).

(avec AFP)

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Commentaires
a écrit le 04/12/2018 à 8:17 :
Pour financer un "changement climatique" de plus en plus hypothétique, voire inexistant c'est un peu cher payé alors que cette énorme somme pourrait aller au développement raisonnable d'une partie de l'Humanité. Mais cette intox continue soutenue par "les experts du GIEC" va finir par tous les envoyer aux chômage ainsi que les politiques bien évidemment complice par incompétence. Au fait, quels sont les pays qui finance cette aberration ? Qui paye ?
Réponse de le 04/12/2018 à 9:18 :
"Mais cette intox continue soutenue par "les experts du GIEC" "

Vous faites de l'oburantisme parce que votre capacité cérébrale est trop limitée pour arriver à faire la part des choses. Votre point de vue dogmatique vous empêche de penser par vous mêmes.

Non il n'y a pas un complot des scientifiques contre les arriérés comme vous, par contre il y a la finance internationale qui se sert des informations vraies du GIEC afin de générer une nouvelle économie qui n'a de vert que le nom.

Pensez bon sang !

Pfff... les boulets. -_-
a écrit le 03/12/2018 à 19:31 :
Cela semble être la moindre des choses, reste à choisir des modes de financements cohérents et qui vont directement aux populations. Les enjeux étant ceux de la santé et de l'alimentation, autant que celui de l’énergie. Le choix des énergies renouvelables est cohérent et les ENR sont faciles à mettre en œuvre, car elles ont déployables aussi bien au niveau d'une habitation, que d'un village, d'une ville. Ou même pour des projets d'envergure, ce, sans obligatoirement nécessiter de grandes infrastructures. A défaut d’être exemplaires les pays les plus riches peuvent au moins essayer de rattraper les dommages, pour des populations qui elles n'ont pas le choix. La liberté des uns ne peut se construire sur le dos des autres.
a écrit le 03/12/2018 à 16:42 :
Elle ferait mieux d'exiger la création d'une taxe sur les transactions financières de toutes sortes mais c'est trop demander cela pénaliserait la rentabilité des banques et les profits des banques d'affaires si chères à notre sauveur de planète national qui ne peut aller faire son show à la COP 24!
a écrit le 03/12/2018 à 13:18 :
Financements "directs" d'autres établissements bancaires donc.

Ouf ! C'est bon la planète est sauvée ! :D

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