SÉRIE (épisode 1/3) Les fournisseurs d'électricité semblent pris au dépourvu alors que, sur les marchés, les cours explosent pour cet hiver. Tandis que certains ferment la porte à de nouveaux clients, d’autres augmentent drastiquement leurs tarifs, voire poussent directement les consommateurs chez EDF. De quoi aggraver la situation de l’énergéticien historique, bien obligé d’acheter à prix fort des électrons sur les marchés pour assumer les nouveaux arrivants, et de creuser un peu plus la dette du bouclier tarifaire payé par les contribuables. A travers trois épisodes, La Tribune vous...... une immersion dans un univers plus que jamais sous tension : celui du marché de la fourniture d’électricité.
Depuis plusieurs jours, quiconque tente de souscrire un contrat de fourniture d'énergie se heurte à un message inhabituel. Des géants aux plus petits acteurs du secteur, des low-cost aux premium, la rengaine est la même : « La souscription à une offre électricité seule est momentanément indisponible », oppose Eni après quelques clics sur son site ; « Votre demande ne peut aboutir », peut-on lire sur celui de Vattenfall. Même son de cloche chez Ovo Energy ou Alpiq : « Nos offres d'énergie ne sont actuellement plus disponibles » ou « La souscription est temporairement indisponible », affichent respectivement les deux entreprises.
Mais pas de bug informatique général à l'horizon. Alors que les prix de l'énergie atteignent des niveaux jamais observés jusqu'ici sur les marchés, la plupart des fournisseurs sont confrontés à une situation « intenable », font-ils valoir. Et pour cause, chaque mégawattheure (MWh) qu'ils achèteraient aujourd'hui pour cet hiver exigerait de débourser plus de 1.500 euros, contre moins de 50 euros en temps « normal ». Incapables d'accueillir de nouveaux clients à des tarifs acceptables, beaucoup choisissent ainsi de leur fermer la porte.
Les alternatifs affirment ne plus pouvoir se couvrir
Pire : une partie des concurrents d'EDF, appelés « alternatifs », encouragent même ouvertement les clients actuels à résilier leur contrat pour éviter une explosion de leur facture. Ces derniers jours, Iberdrola et Mint Energie ont notamment incité à se tourner vers le tarif réglementé de vente (TRV, l'offre d'EDF encadrée par l'Etat que seul l'énergéticien public peut commercialiser), afin d'éviter une montée en flèche de leurs mensualités. « En passant chez EDF, vous pourriez économiser 218 euros par an », peut-on ainsi lire dans un mail envoyé le 23 août par Mint Energie à l'un de ses clients.