Eolien en mer : RTE au pied d’un mur d’investissements
Nathalie Jourdan
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Un navire câblier en approche de la sous station électrique du futur parc éolien de Courseulles.
C.Beyssier RTE
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Un navire câblier en approche de la sous station électrique du futur parc éolien de Courseulles.
C.Beyssier RTE
A quinze kilomètres au large de Courseulles-sur-mer, le navire câblier affrété par le groupe Prysmian depuis l'Italie parachève une opération délicate. Il doit remonter des profondeurs l'un des deux énormes câbles qui ont été déroulés depuis la côte pour l'élever jusqu'à la sous station électrique du futur parc éolien du Calvados. Il y sera connecté ensuite par les équipes de RTE. La manœuvre exige du doigté. Un seul mètre de ce serpent de mer large comme un avant-bras et long de 40 kilomètres pèse la bagatelle de 120 kilos. Et pas question de se louper.
C'est, en effet, par ces deux câbles sous-marins que transiteront fin 2025 les électrons produits par la soixantaine d'éoliennes du parc d'EDF Renouvelables dont la puissance atteindra 460 MW. De quoi satisfaire aux besoins de 90% des foyers du département. « C'est la dernière étape qui couronne deux ans de travaux. 150 personnes et 6 grands navires de travail sont mobilisés pendant 14 jours. Heureusement, la météo est avec nous », raconte Jacques Fremaux, directeur du raccordement.
Par sa complexité, le chantier de Courseulles donne une petite idée du défi technique et humain qu'attend le Réseau de Transport de l'Électricité dans les prochaines années. Seul acteur présent de l'amont à l'aval de tous les projets d'énergies marines sans exception, il joue un rôle central dans leur déploiement. Y compris dans leur acceptation par la population et les professionnels. « A Courseulles, les discussions constantes avec les pêcheurs ont fait évoluer la position des câbles. C'est ce que permet notre ancrage sur les territoires », cite Jacques Fremaux en exemple.
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Malgré les retards à l'allumage qu'a connu la filière française, la course au large a débuté pour l'opérateur. « La seule activité de raccordement au réseau terrestre représente, fin 2022, 16 projets couvrant l'ensemble des façades maritimes métropolitaines (dont un seul en service, ndlr) », relève le dernier rapport annuel de l'Observatoire des énergies marines. Et encore n'est-ce qu'un début. Depuis le discours de Belfort d'Emmanuel Macron, le gouvernement a encore relevé son niveau d'ambition pour l'éolien marin. Agnès Pannier Runacher a indiqué il y a quelques jours que l'objectif de 50 parcs (40 GW) en 2050 fixé par le chef de l'Etat était « un plancher » et non un plafond.
Nathalie Jourdan