Du pneu de camions aux énergies vertes, la reconversion industrielle réussie de La Roche-sur-Yon
Frédéric Thual
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Les 60.000 mètres carrés du site de Michelin de La Roche-sur-Yon vont être déconstruits, reconstruits, voire réaménagés pour accueillir des entreprises de mobilité douce et des énergies renouvelables.
Deux ans après la fermeture de l’usine Michelin de la Roche-sur-Yon, la quasi-totalité des salariés est désormais reclassée. La reconversion du site, pilotée par le géant du pneumatique, la Banque des territoires et la SPL Oryon, vient de donner lieu à la création d’une société de projet Atinea, codétenue par ces trois partenaires. Objectif : réaménager le lieu pour accueillir des entreprises tournées vers les énergies renouvelables et les mobilités durables.
Le 31 décembre 2020, quand l'usine de pneus Michelin de la Roche-sur-Yon ferme ses portes après une cinquantaine d'années d'activité, les 672 salariés sont sous le choc. Tous vont devoir être reclassés. Et 20 hectares de terrain et 60.000 m² de bâtiments industriels vont devoir se trouver un nouvel horizon pour éviter de devenir une friche au nord de l'agglomération yonnaise. Deux ans et demi plus tard, le pari est en partie gagné.
« Au gré d'une convention de redynamisation signée avec l'État, nous nous sommes engagés à créer autant d'emplois qu'il y en avait chez Michelin. Aujourd'hui, trente entreprises, situées sur le bassin d'emplois yonnais, ont signé un accord avec Michelin Développement pour créer 629 emplois subventionnés par Michelin », indique Eric Faidy, secrétaire général Europe du Sud chez Michelin.
Celui-ci est co-actionnaire de la société de redynamisation industrielle Atinea, fondée en juin 2023, aux côtés de la Banque des territoires des Pays de la Loire et de la société développement économique yonnaise Oryon pour s'occuper des terrains.
Un moyen de remplir le site
« On aurait pu mettre un panneau à vendre et chercher un acquéreur, mais nous considérons qu'il est de notre responsabilité d'être présent auprès des salariés comme du territoire et d'aller au-delà de ce que prévoit la loi », justifie Eric Faidy. Après des échanges avec les présidents de l'agglomération, de la région, du département et la Banque des territoires, le principe de la création d'une société à mission est retenu. Ce sera une SAS dont la vocation est de faire renaître le site autour des mobilités durables et des énergies vertes.
Craignant que la thématique soit trop restrictive, Michelin est dubitatif, mais accepte. « Il y a eu des hauts et des bas. Entre une agglomération, une banque et un industriel, nous sommes dans des sphères un peu différentes. Aujourd'hui, nous sommes alignés sur tout. En écoutant les locaux, on s'est rendu compte que de nombreuses activités se développaient autour de l'hydrogène et des énergies renouvelables et que nous n'aurions pas de mal à remplir le site », admet l'industriel, engagé à apporter son expertise.