Une électricité décarbonée, abondante et compétitive : le nerf de la guerre de la réindustrialisation verte
Juliette Raynal
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Sur le site d'ArcelorMittal à Dunkerque, la cokerie a disparu. Les wagons remplis de petits blocs de charbon ne sillonnent plus cette usine vertigineuse née en 1962 sur les rives du troisième port de l'Hexagone. Désormais, les hauts fourneaux fonctionnent à l'électricité. Quelques kilomètres plus loin, l'usine géante de la startup Verkor produit des gigawatts de batteries électriques. Ses fournisseurs, le groupe français Orano et le chinois XTC, ne se trouvent qu'à quelques encablures, sur la commune de Dunkerque également. À l'Est de Lyon, le cimentier Vicat fabrique, avec EDF, du méthanol décarboné, un carburant prometteur pour le monde maritime. Sur le site d'Holosolis à Hambach, en Moselle, près de 1.700 personnes s'activent. La production annuelle avoisine les 10 millions de panneaux solaires. Son concurrent Carbon fabrique, lui, depuis Fos-sur-Mer, dans les Bouches du Rhône, des lingots, wafers, cellules et modules photovoltaïques en quantités industrielles grâce à ses centaines de fours électriques qui fonctionnent en permanence. Toujours du côté de l'étang de Berre, le consortium GravitHY réduit du minerai de fer via l'hydrogène produit sur place par une armée d'électrolyseurs.
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Voici un petit aperçu de ce à quoi pourrait ressembler le paysage industriel français dans quelques années. Mais cette métamorphose, si chère à l'exécutif, ne pourra s'opérer qu'à une seule condition : que les industriels puissent bénéficier d'une électricité à la fois décarbonée, abondante et compétitive. Sans ces trois critères réunis, le souhait du ministre de l'Économie Bruno Le Maire, qui entend faire de la France la première puissance industrielle décarbonée en Europe, restera un doux rêve. « Sans cela, il sera impossible de conserver l'industrie lourde sur le sol français », prévient, en effet, le Brésilien José Noldin, à la tête de GravitHY.
Juliette Raynal