Des pales qui tombent pile en plein débat sur la souveraineté énergétique. Siemens Gamesa vient de donner le coup d’envoi de son usine d’éoliennes offshore du Havre. Un signal positif pour la filière industrielle et pour le turbinier empêtré dans les difficultés de sa division onshore.
La coïncidence est fortuite mais heureuse. À peine quinze jours après que le gouvernement ait signé avec les acteurs de la filière un « pacte éolien en mer » qui projette la construction de 50 parcs offshore à l'horizon 2050, Siemens Gamesa a démarré officiellement cette semaine la production de sa nouvelle usine d'éoliennes marines du Havre, sa septième(*) à travers la planète.
D'une configuration inédite, ce complexe industriel implanté en bordure d'un quai d'expédition se distingue par son intégration. Présenté comme unique en son genre, il fabriquera simultanément les pales (entre 75 et 81 mètres de long ) et les nacelles des aérogénérateurs à raison d'une centaine par an. À la clef, un coup de rabot sur les dépenses logistiques sur lequel compte le turbinier pour conforter son leadership mondial.
En France, la filiale espagnole de Siemens Energy est déjà assurée d'occuper une position dominante, dans les prochaines années. L'usine équipera en effet la quasi-totalité des premiers parcs de l'Hexagone. À commencer par les parcs posés de Saint-Brieuc, Fécamp et Courseulles, ainsi que le - petit - parc flottant de Provence Grand Large pour lesquels elle dispose de commandes fermes. Des accords de type « fournisseur privilégié » sont également signés pour les parcs de Dieppe-Le Tréport et Yeu-Noirmoutier.
Un portefeuille de 2,5 GW
Au total, la société peut tabler sur un portefeuille de 2,5 GW. De quoi saturer le plan de charge de ses deux lignes de production havraises au moins jusqu'en 2026. La suite est plus incertaine, d'autant que le futur parc de Dunkerque, que convoite le groupe, est en butte à un recours inédit de l'État belge devant la justice administrative française.
Même si le pacte éolien approuvé mi-mars a contribué à rassurer le fabricant de turbines, ses responsables ne cachent pas, en coulisses, qu'ils redoutent un trou d'air à compter du milieu de la décennie. Autrement dit, avant que ledit pacte ne produise ses effets espérés au début des années 2030. « Il risque d'y avoir cinq ans sans beaucoup de projets », confie l'un d'eux.
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