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ClimatEnergie & Environnement

Gaz de schiste : face à la crise énergétique, Londres va lever le moratoire sur la fracturation hydraulique

latribune.fr

Publié le 22 septembre 2022 à 11:36 - Mis à jour le 22 septembre 2022 à 12:17

Truss souhaite une "solution negociee" au differend sur le protocole nord-irlandais

Liz Truss, nouvelle Première ministre du Royaume-Uni.

HENRY NICHOLLS

Le Quotidien Numérique

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En 2016, le Royaume-Uni visait l'exploitation de 20 puits d'ici 2020. Un objectif qui n'a jamais été atteint en raison des problèmes techniques et des contestations de la population. La fracturation hydraulique avait ainsi été suspendue, stoppant les expérimentations d'extraction du gaz et pétrole de schiste. Mais aujourd'hui, avec les pénuries énergétiques liées à la guerre en Ukraine, les priorités ont une fois de plus changé.

Au Royaume-Uni, la fracturation hydraulique, une technique d'extraction de pétrole de schiste controversée est un feuilleton à rebondissements. En 2016, Londres espérait que 20 puits seraient en exploitation en 2020. Le gouvernement conservateur du Premier ministre Boris Johnson avait en effet manifesté son soutien pour l'industrie du pétrole et du gaz de schiste. Mais les problèmes techniques et les contestations de la population en ont décidé autrement.

Le dernier épisode remonte à novembre 2019, date à laquelle Londres annonçait un nouveau moratoire sur la fracturation hydraulique (fracking), au motif que cette technique d'extraction pouvait engendrer des dérèglements pour les communautés locales avec un risque de secousses sismiques. Les défenseurs de l'environnement font, en outre, valoir que cette pratique n'apporte que peu de potentiel d'extraction et de supplément d'approvisionnement énergétique. « Les travaux exploratoires visant à déterminer si le schiste peut être une nouvelle source d'énergie domestique au Royaume-Uni (...) ont désormais été suspendus - à moins que des preuves supplémentaires qu'il peut être acheminé en sécurité ici ne soient apportées », expliquait, à l'époque, le département des Affaires et de l'Energie.

Des autorisation seulement là«où il existe un soutien local»

Mais avec les pénuries énergétiques consécutives à la guerre en Ukraine, les priorités ont une fois de plus changé, et ce jeudi, le gouvernement britannique a décidé de lever ce moratoire sur la fracturation hydraulique dans le pays. « Pour renforcer la sécurité énergétique du Royaume-Uni, le gouvernement britannique a levé aujourd'hui (jeudi) le moratoire sur la production de gaz de schiste en Angleterre », indique un communiqué. Justifiant cette décision, l'exécutif de la nouvelle Première ministre Liz Truss, elle aussi conservatrice, a précisé que les futures demandes d'autorisation de forage seront examinées à la lumière « des besoins nationaux et mondiaux en gaz » et seulement là « où il existe un soutien local ».

Londres se montre d'autant plus prudent quant à l'extraction de gaz de schiste qu'un rapport scientifique sur le sujet, commandé plus tôt cette année par le gouvernement et révélé ce jeudi, reconnaît que « nous avons une compréhension actuelle limitée de la géologie britannique et des ressources de schiste terrestre ». « À ce jour, seuls trois puits d'essai de fracturation hydrauliques ont été réalisés au Royaume-Uni . La levée du moratoire « permettra de recueillir des données supplémentaires, de mieux comprendre les ressources en gaz de schiste (du pays) et de savoir comment nous pouvons l'extraire en toute sécurité », avance-t-il néanmoins.

«La sécurité énergétique est une priorité absolue»

Liz Truss n'a jamais caché son intention de lever l'interdiction de la fracturation hydraulique comme elle l'avait annoncé début septembre peu après son entrée en fonctions. Elle avait également indiqué vouloir réexaminer la trajectoire du pays vers la neutralité carbone - sans toutefois remettre en cause l'objectif de l'atteindre d'ici 2050.

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Car pour l'exécutif, « la sécurité énergétique est une priorité absolue » a fait valoir le ministre de l'Energie et des Entreprises Jacob Rees-Mogg, assurant vouloir « faire en sorte que le Royaume-Uni soit un exportateur net d'énergie d'ici 2040 ». Le gouvernement britannique a ainsi confirmé jeudi que 100 nouvelles licences d'exploration et forage seront accordées, dont le processus d'attribution sera lancé dès le début du mois d'octobre. « Pour y arriver, nous devrons explorer toutes les voies qui s'offrent à nous grâce à la production solaire, éolienne, pétrolière et gazière », ajoute-t-il, cité dans le communiqué.

(avec AFP)

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