L'équipementier automobile français Plastic Omnium a lancé, ce lundi, le chantier de sa plus grande usine de réservoirs d'hydrogène, destinés notamment aux bus et poids lourds alors que le secteur des transports tourne doucement le dos aux carburants fossiles.
Numéro un mondial des réservoirs de carburant, Plastic Omnium se diversifie face au déclin annoncé de cette activité historique dans le sillage de la réduction des émissions de CO2 du secteur des transports. L'entreprise vient ainsi de poser la première pierre dans la
commune de Lachelle, près de Compiègne (Oise),
de ce qui « sera la plus grande usine de réservoirs à hydrogène en Europe », selon le directeur général du groupe, Laurent Favre.
L'usine doit ouvrir fin 2024, produira à terme 80.000 réservoirs d'hydrogène et fournira notamment Stellantis et une filiale de Renault. Avec 150 à 200 emplois à la clé, elle représente un investissement de près de 150 millions d'euros, a précisé à l'AFP le patron, dont une subvention de 74 millions d'euros.
«L'hydrogène un relais de croissance»
Celui-ci s'ajoute aux près de 400 millions d'euros déjà investis par Plastic Omnium dans l'hydrogène, technologie alternative aux batteries électriques pour décarboner les transports - et surtout les utilitaires et poids lourds, plus difficiles à convertir à l'électrique.
«On prépare des relais de croissance et l'hydrogène en est un », a soutenu Laurent Favre, qui y voit aussi une « opportunité pour le groupe de ne pas rester que dans le véhicule particulier» et de «s'ouvrir à d'autres types de mobilité» comme les poids lourds, ou même les trains.
Dans un entretien accordé à La Tribune, le 20 septembre, le DG du groupe expliquait que « l'usine de Compiègne, la plus grande d'Europe, se situera à quelques kilomètres de notre usine historique qui produit des réservoirs à essence » et que « la grande majorité des collaborateurs sera transférée de l'une à l'autre ». Il soulignait aussi que « d'ici 5 ans, 3 à 4 usines sur nos 40 actuelles qui produisent des réservoirs à essence seront transformées de la même manière que celle de Compiègne ».
Deux autres usines vont voir le jour dans le Michigan et à Shangaï
Plastic Omnium fabrique aujourd'hui déjà des réservoirs d'hydrogène dans une usine en Belgique, plus petite que le nouveau site prévu dans l'Oise. Le site français est par ailleurs l'une des trois nouvelles usines de réservoirs d'hydrogène annoncés dans le monde par Plastic Omnium avec des dates d'ouverture en 2026, dont l'une dans le Michigan aux Etats-Unis, pour un investissement de 170 millions de dollars.
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Dans cette nouvelle usine, « le groupe concevra, développera et produira des systèmes de stockage hydrogène haute pression pour la mobilité zéro émission des véhicules lourds et commerciaux » explique Plastic Omnium. L'équipementier, déjà présent dans l'Etat avec trois sites, à Adrian, Huron et Detroit, employant au total quelque 1.000 personnes, compte créer 175 nouveaux emplois industriels. « Cette future usine de 200.000 mètres carrés, d'une capacité de production annuelle de 100.000 réservoirs hydrogène haute pression, sera mise en service à la fin de l'année 2026 », détaille Plastic Omnium. L'équipementier compte aussi ouvrir d'ici 2026 une usine de systèmes de stockage d'hydrogène à Shanghai.
Le carnet de commandes de Plastic Omnium a atteint au premier semestre un niveau record. Près de 60% de ces commandes sont liées à des véhicules électriques, incluant les véhicules à hydrogène. Au total, l'hydrogène représente déjà quelque 4 milliards d'euros de commandes.