Iberdrola cède 40% d’un gigantesque parc éolien offshore en construction en Angleterre

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La concurrence s'intensifie sur le marché de l'éolien offshore
La concurrence s'intensifie sur le marché de l'éolien offshore (Crédits : Reuters)
Le producteur espagnol d’énergies renouvelables cède une part minoritaire d’East Anglia One, ferme éolienne offshore géante de 714 MW à la filiale de Macquarie, Green Investment Group.

C'est une pratique courante chez les développeurs d'énergies renouvelables en général et d'éolien offshore en particulier. Il s'agit de vendre une part d'un parc en construction une fois « dérisqué », afin de pouvoir utiliser le cash pour développer d'autres projets.

Scottish Power, la filiale britannique d'Iberdrola, très actif dans l'éolien offshore, construit au large des côtes du Suffolk ce qui sera l'une des fermes éoliennes en mer les plus importantes du pays, leader mondial de ce marché avec 38.4 GW installés ou en construction, selon les derniers chiffres publiés par Renewable UK. Les 714 mégawatts (MW) d'East Anglia One, lorsqu'elle sera achevée en 2020, permettront d'alimenter en électricité quelque 600.000 foyers. Cette électricité bénéficiera d'un prix de 119 livres sterling (128 euros) par mégawattheure, garanti par le gouvernement.

Une opération à 1,7 milliard d'euros

L'espagnol (lauréat en 2012 du parc français de Saint-Brieuc dans les Côtes-d'Armor ) a prévu d'investir pas moins de 13,3 milliards d'euros dans les énergies renouvelables entre 2018 et 2022, notamment au Royaume-Uni - qui ambitionne à terme d'installer 30.000 MW d'éolien offshore -, aux États-Unis (25.000 MW) ou encore sur son marché domestique. Iberdrola est d'ores et déjà en train de construire au large de l'Etat américain du Massachusetts la plus grande ferme éolienne offshore, d'une puissance de 800 MW. Son objectif est de développer une portefeuille de 10.000 MW.

C'est au Green Investment Group, l'ancienne banque publique d'investissements verts rachetée en 2017 au gouvernement britannique par l'australien Macquarie, qu'Iberdrola a vendu 40% d'East Anglia, pour un montant de 1,7 milliard d'euros. Le projet dans sa globalité est valorisé à 4,1 milliards de livres, soit 4,4 milliards d'euros.

Cette cession s'inscrit dans un contexte d'investissements de plus en plus fréquents des fonds de pension et des fonds infrastructures dans ce type de projets, qui résulte notamment d'une diminution importante des risques sur un marché de l'éolien offshore qui a fait ses premiers pas en Europe en 1991. Parallèlement à cette évolution, l'intérêt pour ce type de projets, de fonds acceptant de moindres retours sur investissement, permet d'en réduire le coût.

Vive compétition sur un marché en forte croissance

La compétition est de plus en plus vive sur ce marché, sur lequel plusieurs acteurs ont récemment affiché de grandes ambitions. Le danois Ørsted, anciennement dénommé Dong Energy s'est rebaptisé ainsi depuis qu'il a décidé de sortir complètement des énergies fossiles afin de conforter sa place de leader mondial de l'éolien offshore ; le français Engie s'est récemment allié avec le portugais EDP pour partir à la conquête de ce marché mondial.

En France - où aucune éolienne n'a encore été posée alors que les premiers appels d'offres datent de 2011 et 2012 - EDF, déjà lauréat de trois parcs du deuxième appel d'offres à Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), Fécamp (Seine-Maritime) et Courseulles-sur-Mer (Calvados), vient de remporter en juin dernier le parc de Dunkerque aux côtés de l'allemand Innogy et du canadien Enbridge, à un prix particulièrement bas, de 44 euros le MWh.

Les pétroliers investissent également ce marché de 121GW - dont 66% dans les eaux européennes - en croissance de 16% en 2018. Shell y est déjà implanté, et Total, candidat malheureux au dernier appel d'offres français, n'a certainement pas dit son dernier mot.

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Commentaires
a écrit le 14/08/2019 à 7:40 :
C'est pas très compliqué a comprendre pourquoi on ne développe pas plus vite l'éolien.
La production d'électricité en France se répartie comme suit:
Le nucléaire, à 71.6%
L’hydraulique à 10.1%
Le gaz à 7.7%
L’éolien à 4.5%
Le solaire à 1.7%
Les bioénergies à 1.7%
Le charbon à 1.8%
Le fioul à 0.7%
Donc seulement environ 10% de l'électricité provient des énergies fossiles qui émettent du CO2. Et voici, d’après les données du GIEC, les émissions de CO2 par kWh de ces différentes sources de production d’électricité sur l’ensemble de leur cycle de vie :

Le nucléaire : 12 g de CO2 par kWh
L’hydraulique : 24 g de CO2 par kWh
Le gaz : 490 g de CO2 par kWh
L’éolien : 11 g de CO2 par kWh
Le solaire : 41-48 g de CO2 par kWh
Les bioénergies (biomasse) : 230 g de CO2 par kWh
Le charbon : 820 g de CO2 par kWh
Le fioul : donnée non disponible
Donc on a beaucoup moins d'efforts à faire que les autres pays pour être totalement décarbonné. Et encore la France s'est engagée sur une proportion d'énergie renouvelable ( ce que le nucléaire n'est pas) pour faire plaisir aux écologistes idéologiquement anti-nucléaires.
a écrit le 13/08/2019 à 18:58 :
Il serait souhaitable qu'en France le solaire soit développé avec autant d'ambition. Notre position géographique particulièrement favorable est très sous employèe. Il faudrait même produire sensiblement 2 fois plus par PPV que par les éoliennes pour équilibrer la production tout au long de l'année.
L'un étant au maximum de rendement quand l'autre est au plus bas et réciproquement.
a écrit le 13/08/2019 à 10:14 :
L'éolien est un marché très spéculatif, nouveau fleuron de l'économie libérale où des sociétés vont gagner beaucoup d'argent.
A côté de cela, il y a des sites d'investissement spécialisé, crowdfunding, qui vendent des obligations pour participer à la transition énergétique avec des trémolos écologiques, avec des critères sévères réservant aux habitants de proximité ces investissements, critères fixés par des organismes officiels et non par eux faut-il préciser. Et on voit que dès la construction les parc sont revendus probablement avec bénéfices non négligeables par les sociétés qui construisent.!
Réponse de le 13/08/2019 à 19:00 :
Ce qui signifie que des clients sont intéressés et comptent également gagner de l'argent en vendant la production sur le marché libre.
a écrit le 13/08/2019 à 9:46 :
Je suis à fond pour l'électricité renouvelable mais que l'on cesse de désinformer le péquin, ce n'est pas parce qu'on installe 714 MW qu'on va les produire, en réalité ca sera une production qui tournera autour des 20% de cette puissance installée comme l'argument fallacieux des quelque 600000 foyers alimentés. Une éolienne fonctionne pour des vents compris entre 50 et 90 km/h (à la louche)..
Réponse de le 13/08/2019 à 19:04 :
Mais ce n'est jamais présenté comme ayant un facteur de charge de 100 %. D'ailleurs, aucune source d'énergie atteint 100 % entre les pannes, les maintenances, et d'autres imprévu ce n'est qu'un leurre
Réponse de le 15/08/2019 à 8:53 :
OK, pour une réacteur nucléaire par exemple on ne parle jamais de la puissance thermique installée (à la louche 5 fois la puissance produite - rendement de Carnot etc...) alors pourquoi pour l'éolien (mais pas que) on s'adresse toujours à cette puissance installée et jamais à la puissance produite..
a écrit le 13/08/2019 à 8:54 :
Le RU étant une ile a tout intérêt à cet énergie renouvelable et permanente, on se demande bien pourquoi en france avec notre plus grand domaine maritime mondiale et des côtes un peu partout autour de nous on est autant à la ramasse sur ce sujet aussi.

Les classes dirigeantes ne sont plus en mesure de guider les classes productrices et du coup c'est le déclin.
Réponse de le 13/08/2019 à 9:40 :
Je suis curieux de connaître le rendement de ces investissement sachant que les éoliennes dans notre pays peu venté fonctionnent 10% du temps, qui n'a pas vu des parcs d'éoliennes à l'arrêt? Les moteurs (aimants) ont besoin de terres rares toutes importées de chine, quid des autres équipments? De même que le solaire , tout importé,, et aussi gros consommateur de terres rares.
Réponse de le 13/08/2019 à 10:23 :
@ multipseudos:

"sachant que les éoliennes dans notre pays peu venté"

Tu es comme d'habitude totalement hors sujet puisque là on parle d'éolienne offshore à savoir en pleine mer et donc sans cesse balayé par le vent.

Ton trollage est pénible peine à penser, vraiment pénible...

Signalé
Réponse de le 13/08/2019 à 19:07 :
Ce Jack91 est un citoyen negativisme du XIXe siecle
Réponse de le 14/08/2019 à 9:57 :
"Ce Jack91 est un citoyen negativisme du XIXe siecle"

Vous parlez de multipseudos ? Non c'est un troll tout simplement.

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